Le grand livre de l'hypnose
Les exercices d’hypnose dans la perceptude
comme un levier sur un point d’appui2.
On proposera donc, selon l’expérience et la connaissance acquise, quelques exercices destinés à tirer le plus grand profit de l’expérience hypnotique.
Les exercices d’hypnose dans la perceptude
Ainsi, c’est le thérapeute qui pourra proposer, à partir de ce qu’il sent de l’instant qui se joue, des exercices d’hypnose. Mais ceux-ci ne sont que des prétextes au changement, et si le patient fait une expérience tout autre que celle proposée initialement par le thérapeute, cela n’en est que mieux. L’essentiel étant qu’une expérience perceptive se mette en route. Les techniques hypnotiques sont intéressantes, mais c’est toujours et avant tout l’expérience du patient qui est la plus précieuse. Une fois l’expérience perceptive initiée, il n’y a rien à proposer qui ne soit amené par ce qui se passe dans l’instant.
Je compare souvent les exercices d’hypnose à des mises en scène ou à des jeux, des paradigmes, régis par leurs propres règles, et qui pourraient être proposés à l’infini au patient jusqu’à ce qu’une de ces mises en scène puisse servir de prétexte à la transformation.
Voilà pourquoi le thérapeute apprend des protocoles d’exercices. C’est pour pouvoir mettre en scène des jeux perceptifs propices au changement des représentations du patient.
Mais si les protocoles d’hypnose et les exercices sont intéressants, ils servent surtout à rassurer le thérapeute en lui conférant un savoir-faire utile pour initier l’expérience et pour favoriser les modifications perceptives. Les protocoles d’hypnose sont autant de cartes à jouer disponibles dans sa manche mais qui ne seront pas forcément utilisées.
Avec le temps et l’expérience, chaque thérapeute développe sa propre façon de pratiquer l’hypnose et son propre savoir-faire.
Au cœur de la séance, l’important n’est pas tant la technique utilisée que l’instauration d’un climat de liberté dans l’enceinte relationnelle accordée au patient. En ce sens, tout le temps nécessaire doit être pris. Le thérapeute prendra soin de laisser l’expérience se faire à son rythme, et le patient se l’approprier comme il l’entend. Il n’y a donc pas de durée prédéterminée de la transe, mais bien une adaptation permanente à ce qui se passe au cœur de la séance.
Pendant la phase de travail en hypnose, comme pendant toute la séance, il est tout à fait possible de rentrer en relation avec le patient pour s’enquérir de ses ressentis, de ses envies, de son confort. Si le patient préfère vivre l’expérience dans le silence, il pourra le signifier, pour que l’hypnotiste adapte son discours et son rythme. On peut également clarifier d’emblée, avant même de commencer l’expérience, le degré de liberté dont dispose le patient : ce dernier doit être libre de vivre les choses comme elles viennent. Les suggestions d’exercices du thérapeute ne sont que des propositions, et le patient devra se sentir tout à fait libre d’adhérer ou de ne pas adhérer à ce qui est proposé.
La liberté du pa ent
On est bien loin de l’hypnose autoritaire ou des protocoles psychothérapeutiques rigoureux qui ne laissent au patient aucun champ de liberté, alors que l’expérience de la perceptude repose précisément sur l’élargissement des possibles. Voilà pourquoi la liberté du patient à suivre l’expérience de modification perceptive doit être encouragée, afin que l’expansion des potentialités puisse se réaliser sans aucune contrainte imposée – parfois bien involontairement – par le thérapeute lui-même. L’hypnotiseur devra abandonner tout autoritarisme, toute illusion de détenir la solution au problème du patient pour ne servir que de catalyseur au changement. Ce rôle est essentiel.
La qualité de guide dépendra de son expérience en tant qu’hypnothérapeute, de la connaissance et la maîtrise des techniques hypnotiques, et d’une certaine habileté dans l’art de la communication. Les non-dits, les mots, les gestes, l’absence de gestes sont autant de signaux verbaux et non verbaux qui conditionnent l’issue de l’expérience hypnotique. C’est donc seulement à la condition d’être dans une attention totale à ce qui se passe, donc à la condition d’entrer lui-même dans l’hypnose, que le thérapeute pourra avoir une lecture fine de l’expérience du patient, et pourra dans un ajustement permanent accompagner et orienter vers le soulagement.