Le grand livre de l'hypnose
L’hypermnésie
Movement Desensitization and Reprocessing, technique mise au point en 1987 par Francine Shapiro, est une technique basée sur le même principe thérapeutique. Utilisée pour traiter les États de Stress PostTraumatiques (ESPT), elle repose sur le changement de perception d’un événement cible en supprimant l’émotion et la cognition associées au trauma.
Mais peut-être en définitive peut-on dire que l’hypnose permet effectivement d’oublier quelque chose. Et ce quelque chose n’est pas un souvenir ou une idée, mais plutôt l’imprégnation de ce souvenir ou de cette idée dans le corps tout entier. L’hypnose inviterait, comme le propose Gaston Brosseau, à une réinitialisation des cinq sens. C’est cette image selon laquelle l’hypnose réinitialise l’humain tout entier, pour que celui-ci puisse se « retrouver à l’origine de sa vie, de soi, de l’instant où tout est intact, non abîmé » (G.Brosseau). Si l’hypnose réinitialise le système nerveux comme on peut réinitialiser un ordinateur, alors pour poursuivre la métaphore, l’hypnose permettrait d’effacer les programmes acquis erronés, pour faire retrouver au système tout entier son fonctionnement naturel, originel, libéré des fausses croyances acquises par de malheureuses expériences.
Alors, on pourrait dire aussi qu’en hypnose, on cherche en définitive à faire oublier une mauvaise habitude acquise, un réflexe, etc. Il s’agit de lâcher quelque chose. Par exemple, dans le cadre d’un sevrage tabagique, le thérapeute pourrait suggérer au patient d’oublier le geste de la cigarette. Le geste, artificiel, non naturel, s’en va et tombe dans l’oubli. Le patient « lâche » une habitude dans l’oubli. Ce n’est pas tant que le patient oublie ce qu’est ce geste, mais c’est comme si son système nerveux tout entier désapprenait un apprentissage inutile. Dans le cadre d’une phobie, l’hypnose fait « oublier » au système nerveux le réflexe de peur associé à l’objet causal. Le patient sait qu’il avait eu peur, mais à présent la peur est partie, oubliée par son corps qui a réappris à fonctionner confortablement même dans le contexte autrefois anxiogène.
L’hypermnésie Il s’agirait donc de retrouver des souvenirs avec le maximum de détails. Nous avons émis nos réserves quant à cette technique et surtout l’utilisation qui en est faite.
L’utilisation des phénomènes hypnotiques est plus rare aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque d’Erickson.
Par exemple, ce dernier utilisait volontiers la catalepsie, la lévitation. Rossi, qui a étudié auprès d’Erickson, a développé ses protocoles d’intervention thérapeutique à partir des mouvements idéomoteurs.
François Roustang n’utilise jamais ces phénomènes. Ou s’il utilise le geste dans l’hypnose, ce sera pour que le patient l’habite pleinement de sorte que son exécution remette en mouvement quelque chose qui était figé et qui était à l’origine du mal-être.
Qu’ils soient ou non utilisés, l’erreur est toujours la même : nombre d’hypnotiseurs font de l’obtention de ces phénomènes l’objectif de la séance. Or, si ces phénomènes sont étranges et remarquables, et s’ils ne manqueront pas de susciter l’étonnement chez le patient, ils n’ont en eux-mêmes aucune valeur thérapeutique.
Pourtant si ces exercices sont pratiqués depuis la naissance de l’hypnose, c’est parce qu’ils illustrent au travers de l’automaticité la notion de laisser agir qui est une composante essentielle à la survenue de la guérison. Par l’hypnose, le mouvement est présent parce qu’il est venu tout seul. Cela est vrai pour la lévitation de la main comme pour la guérison du corps. Cela vient tout seul.
Si l’on fait appel à l’hypnose, c’est souvent que la volonté n’a pas permis d’aller mieux. L’hypnose utilise de façon caractéristique un autre chemin de guérison. C’est ce chemin qui fait que la guérison semble venir en dehors de la participation consciente. En hypnose, on se laisse prendre par le changement. Il n’y a rien à forcer. Les choses semblent s’installer d’elles-mêmes.
L’hypnose invite à une autre posture qui est à l’opposé de celle qui nécessite la raison, la maîtrise, le contrôle, la volonté. Tout au contraire, chercher à utiliser l’un de ces éléments au cours de la séance, dans le paradigme de l’hypnose, empêche la guérison de venir au patient. Les techniques idéomotrices et