Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 165 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

La psychose

Nombre de pathologies dites psychiques peuvent bénéficier de l’hypnose. Anxiété généralisée, stress, état de stress posttraumatique peuvent, nous l’avons vu, bénéficier de l’apport de l’hypnose. Mais l’hypnose peut également être d’une aide réelle dans le cadre des phobies, de la dépression, des troubles obsessionnels compulsifs, ou encore des troubles du comportement alimentaire. Dans le cadre de pathologies évoluant sur une certaine durée, les patients usent déjà de ressources sous-estimées pour gérer leurs troubles. Pourtant, ils ne parviennent pas à éradiquer totalement leurs symptômes. L’hypnose permet, dans un contexte thérapeutique, de valoriser et exploiter ces ressources tout en laissant au patient le temps nécessaire pour évoluer à son propre rythme.

La difficulté, dans certains troubles psychiques, consiste précisément à distinguer clairement le réel de l’imaginaire. L’hypnose n’est pas dangereuse dès lors que le contexte est clairement défini avec le patient et que le psychiatre est celui qui officie la thérapie. Le contexte est celui d’une personne vivant une expérience humaine de perception qui génère une souffrance. S’il ne s’agit pas pour le thérapeute de « souffrir avec », il ne s’agira pas non plus d’être froid et distant. Il s’agira de développer la qualité d’attention à l’autre et à son expérience. L’attention se porte donc sur l’expérience du patient, et ce dernier doit avoir toute la liberté d’exprimer son confort ou son inconfort, ainsi que la possibilité de demander d’arrêter à tout moment le travail si celui-ci est trop difficile.

 

La psychose

Lorsqu’il s’agit de travailler spécifiquement sur des troubles dissociatifs pathologiques tels qu’une psychose, le traitement se fera évidemment dans le contexte psychiatrique. Les règles qui s’appliquent à l’hypnothérapie dans cette indication ne sont pas fondamentalement différentes des règles de base étudiées dans les précédents chapitres, hormis quelques spécificités qui ont leur importance. Si l’hypnose ne permet pas de guérir une psychose, elle permettra de changer la relation que le patient expérimente vis-à-vis de la souffrance causée par la maladie.

Les exercices en hypnose seront destinés non pas à dissocier plus avant, mais au contraire à réassocier le patient par des exercices de perception de l’espace, du présent, du corps. L’hypnose permet de soulager l’angoisse, de porter attention à certains éléments du champ perceptif, et à focaliser le travail sur ce qui soulage. Dans la psychiatrie comme dans toute discipline de soin, l’hypnose donne à la relation une qualité toute particulière, quelle que soit l’étiquette psychopathologique qui aura été collée au patient.

Apprivoiser et dédrama ser ses percep ons

Dans cette enceinte relationnelle bienveillante, le patient peut faire toutes sortes d’expériences perceptives en toute sécurité, accompagné par le thérapeute. Au sein de la consultation, l’expérience perceptive est respectée quelle qu’elle puisse être. Le patient, à cette occasion, doit se sentir libre de communiquer sa crainte vis-à-vis des sensations dites pathologiques, et le thérapeute l’accompagnera dans l’approche et la reconnaissance des perceptions perturbatrices pour ce qu’elles sont, permettant ainsi de faire la distinction entre le monde subjectif des perceptions et celui du réel partagé par tous. Le patient aura là l’occasion de dédramatiser ses perceptions et de les apprivoiser.

La présence tranquille du thérapeute encourage le patient à poursuivre le processus attentionnel de l’hypnose, en l’orientant s’il le veut bien sur les éléments qui se présentent à lui. Bien entendu, le thérapeute ne vit pas l’expérience perceptive qui se déploie pour le patient dans le processus de l’hypnose. C’est justement parce que le thérapeute reste, lui, bien ancré dans le réel partagé, qu’il pourra y ramener le patient en insistant clairement sur la distinction entre le monde factuel et celui de l’imaginaire.

Quelle que soit la forme de l’expérience vécue au sein de l’enceinte relationnelle, le thérapeute accompagne sereinement le patient au travers d’une expérience perceptive afin que celle-ci se conclue naturellement par un apaisement. Il ne s’agit encore une fois à aucun moment de « souffrir » ou de « ressentir avec » le patient, mais de l’accompagner au travers d’un processus pour qu’il trouve lui-même le chemin vers le soulagement.