Le grand livre de l'hypnose
Quelques exercices communément cités dans la littérature…
Bien entendu, la forme de l’autohypnose variera d’un patient à un autre, et ce d’autant que l’âge lui-même varie. Autant il est possible de proposer un même exercice d’autohypnose chez plusieurs adultes, en espérant que la majorité adhérera au principe de l’expérience, autant chez l’enfant il sera indispensable de prendre en compte en plus de la spécificité de chacun (ses désirs, ses goûts, sa personnalité) l’âge de développement.
Dans la littérature, il est classique de distinguer les phases de développement suivantes afin d’adapter l’exercice proposé en hypnose.
On distingue ainsi les phases préverbale (correspondant à un âge situé entre 0 et 2 ans), verbale (de 2 à 4 ans), les phases préscolaires et scolaires (4 à 6 ans), la moyenne enfance (7 à 11 ans), et enfin l’adolescence (entre 12 et 18 ans). Selon la phase dans laquelle se trouve le patient, on privilégiera certains exercices adaptés à son mode de communication et à son stade de développement.
Quelques exercices communément cités
dans la li érature…
POUR LA PHASE PRÉVERBALE
On passera par la communication kinesthésique, tels que les bercements, bouger un membre, ou bien on usera de sons, si possible calmes et monocordes, enveloppants. On pourra également se servir de supports visuels tels que ceux préexistant dans le monde de l’enfant (les mobiles, les doudous) ou de nouveaux jouets aux propriétés surprenantes.
POUR LA PHASE PRÉSCOLAIRE ET SCOLAIRE
On proposera des exercices plus élaborés tels que jouer avec des animaux imaginaires, se transporter dans un lieu magique, raconter des contes thérapeutiques. On pourra user des supports modernes pour montrer des images animées, des dessins animés. L’imaginaire se déploie. La conceptualisation et la mise en forme des suggestions doivent rester simples.
DURANT LA MOYENNE ENFANCE
On usera du plein potentiel de l’hypnose : l’enfant est merveilleusement candidat à l’expérience hypnotique. Le jeu est naturel. La substitution du réel par l’imaginaire est facile, fluide. La créativité est à son apogée. On jouera donc avec des personnages, des héros, des super-héros, on partira faire des voyages dans des mondes enchantés. C’est également l’âge des jeux vidéo, de l’interactivité.
C’est aussi l’âge où les techniques idéomotrices deviennent applicables et assimilables en autohypnose. Le thérapeute aura parfois plus de travail à faire pour accepter de suivre l’enfant dans son imaginaire que le patient lui-même qui ne demande qu’à jouer avec un appétit insatiable. En faisant de l’hypnose avec les enfants, les thérapeutes se reconnectent à la partie d’eux-mêmes qui a gardé le plaisir du jeu, de la surprise et de l’émerveillement. Lorsque cette partie de soi reste connectée aux intentions de soulagement, le duo que forment thérapeute et patient donne lieu à des séances de thérapie surprenantes d’originalité et d’efficacité.
À l’adolescence, l’approche sera tout à fait spécifique de l’état de transition que constitue cette étape importante de la vie. On devra accompagner un individu sorti de l’enfance mais qui n’est pas encore tout à fait adulte, tout en présentant certains caractères de ce dernier. D’une manière générale, l’adolescent ne demande qu’à être considéré comme un adulte sans en avoir pour autant l’expérience. Là encore, une relation honnête et explicite permettra de resituer le rôle de chacun et surtout l’attente de la thérapie (combien d’adolescents sont littéralement traînés par leurs parents dans le cabinet du thérapeute alors qu’ils n’ont aucune intention de changer quoi que ce soit à leur système de représentation ?).
Les principes de l’hypnose chez un adolescent
Pour l’essentiel, les principes de l’hypnose chez un adolescent restent ceux de l’hypnose chez un adulte. On prendra soin de personnaliser l’expérience hypnotique proposée, afin d’obtenir l’adhésion du jeune adulte qui aurait tendance à se désintéresser rapidement ou même à s’opposer rapidement à une forme de psychothérapie rébarbative et à l’allure démodée. Les points d’intérêts seront une porte d’accès potentielle à l’expérience