Le grand livre de l'hypnose
La perception gagne en souplesse
Qu’à cela ne tienne. Que le patient accepte de reproduire l’expérience de la transe. Encore. Et encore. Et encore. Et il n’est pas rare – et il est même très fréquent – de voir l’ancien mode de perception s’estomper peu à peu. Les voiles qui donnaient à l’objet son caractère nocif et menaçant semblent se retirer un à un par la répétition de l’expérience.
La percep on gagne en souplesse
Car en définitive, c’est bien de cela qu’il s’agit : permettre au patient de sortir d’un mode de perception restreint, figé, et délétère, et d’appréhender un mode de perception plus large, plus objectif, dans lequel un positionnement plus confortable vis-à-vis de l’objet devient possible.
Dans le cadre de la douleur chronique, les patients rompus à la transe hypnotique en font un outil qui leur permet de se plonger dans un mode de perception dans lequel les composantes cognitives et émotionnelles de la douleur sont absentes. Réduite à sa seule composante sensori-discriminative, la douleur diminue. Voilà une expérience immédiatement vérifiable pour peu que l’on sache accompagner le patient dans la transe, et voilà une expérience que le patient peut faire sienne pour diminuer, lorsqu’il le désire et sans prise médicamenteuse, la douleur.
Trop simple ?
Parlez-en à ces patients qu’aucun morphinique ne soulage, qui se désespèrent, errant d’un centre diagnostique à l’autre, qui souffrent de n’être plus que des spectateurs impuissants devant une médecine elle-même impuissante à apporter une solution à leur souffrance. Leur surprise est grande lorsque, dans le cadre d’une vraie alliance thérapeutique, l’hypnothérapeute propose la transe. Passer dans un espace, un lieu perceptif dans lequel la douleur n’est plus une composante inéluctable.
Seule compte alors l’expérience.
Il est inutile, superflu, d’élaborer des stratégies d’intellectualisation ou d’introspection pour aller mieux. Inutile également de décortiquer le pourquoi du comment du processus hypnotique et ses modes d’action neurologiques. Seule l’expérience, synonyme de soulagement, importe. Faites l’expérience. Vous ne savez pas ni pourquoi ni comment cela va vous soulager, mais faites l’expérience.