Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 122 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Pratiquer en complément d’une thérapie

intui on sera votre seul guide

Si on le désire, on pourra ne pratiquer qu’une seule et unique fois un exercice et, si l’on sent que quelque chose d’intéressant s’est produit pendant la réalisation de ce dernier, on peut simplement attendre et observer dans le quotidien les changements qui vont commencer à s’installer. Si l’on désire approfondir ces changements, on pourra toujours retenter l’expérience, en pratiquant le même exercice ou bien une toute autre expérience. Ou encore, on laisse faire le temps et on observe comment les changements continuent à se développer et à s’affirmer à leur rythme, comme la nouvelle plante qui vient de sortir de terre et qu’on laisse grandir à son propre rythme, sans rien faire d’autre que s’émerveiller devant la naissance du nouveau.

 

La seconde condition au succès de la pratique de l’autohypnose est l’existence d’une certaine souplesse pour pouvoir s’adapter à l’exercice proposé. Car contrairement à une consultation avec un thérapeute, pendant laquelle ce dernier proposera une hypnose adaptée à votre personnalité, dans le cas de protocoles d’autohypnose tels que délivrés dans les bouquins, il vous faudra trouver l’exercice qui vous parle le mieux. Certains seront plus à l’aise avec les expériences qui font appel à l’imaginaire, d’autres avec les exercices faisant appel aux sensations corporelles, etc.

Quelle que soit la technique utilisée, il est recommandé de faire sienne l’expérience : elle doit être adaptée au rythme et à la personnalité de chacun. Une fois le principe de l’exercice assimilé, le praticien a toute liberté de sauter une étape ou d’en créer une nouvelle dès lors que cette modification lui permet de mieux appréhender la finalité de l’exercice.

 

Pra quer en complément d’une thérapie

La seconde façon de pratiquer l’autohypnose s’intègre dans le contexte d’une thérapie réalisée auprès d’un hypnothérapeute : entre les séances, ou au-delà de la thérapie qui avait été engagée, le patient est encouragé à retrouver une fois chez lui quelque chose de l’expérience partagée avec le thérapeute.

Là encore, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire. Le thérapeute laisse au patient le soin de retrouver les sensations vécues pendant la séance. Pour ce faire, le patient pourra se replacer dans le contexte, ou bien retrouver quelques mots ou quelques gestes dont il a senti la portée décisive dans l’expérience hypnotique. Si le patient ne parvient pas à reproduire l’expérience, c’est le thérapeute qui pourra insister sur un élément de la séance qui permettra de revivre quelque chose de décisif de l’expérience hypnotique qui s’est jouée pendant la thérapie. La répétition de cet instant agirait comme une confirmation d’une nouvelle façon de percevoir, de ressentir, de vivre. Elle serait un engagement de la part du patient, son désir de vouloir faire sien un nouveau mode de représentation pour dépasser un problème.

Parfois même, le simple fait de savoir le geste possible et disponible rassure suffisamment le patient, qui n’éprouve même plus le besoin de mettre en pratique. Il constate alors qu’il continue à changer, à évoluer vers le mieux, le soulagement, car l’expérience qu’il a faite s’est muée en savoir de ce qu’il peut désormais accomplir. Ce qui était inaccessible est devenu un possible plusieurs fois validé car expérimenté.

C’est donc toute la perception du patient qui change : perception de ce qu’il est et de ce qu’il peut.

Face à l’angoisse, inventer son rituel

Sylvie a 46 ans. Elle consulte pour phobie sociale.

Travaillant dans le commerce international Sylvie connaît, depuis une année maintenant, des

crises d’angoisse qui la paralysent lorsqu’elle s’apprête à faire une présentation professionnelle

à un groupe de plus de cinq personnes. Elle rit de l’incongruité de la situation en se demandant

ce qui fait qu’au sixième témoin, elle perd ses moyens. Après une courte discussion, elle veut

bien admettre que la perception de toute chose est toujours subjective et ne suit la plupart du

temps aucune logique contrairement à ce qu’on voudrait bien croire pour se rassurer. Elle se

résigne donc à jouer selon les règles de l’hypnose : c’est-à-dire renoncer à comprendre les

causes de ses troubles, et tenter l’hypnose pour résoudre son problème.

Au cours de la seconde séance, Sylvie réifie sa difficulté à aller vers les autres comme une

mince cloison faite d’un métal très dur, très froid, qui la sépare des autres. Lorsque je lui

demande d’envisager ce qu’il est possible de faire pour résoudre le problème, elle réalise