Le grand livre de l'hypnose
Pas de bon sens qui tienne !
Pas de bon sens qui enne !
Le comportement addictif pourrait être décrit comme un rétrécissement du champ perceptif mettant de la confusion dans le sens critique du sujet : malgré les efforts déployés par les autorités sanitaires pour alerter les fumeurs des risques de maladies cardiovasculaires et de cancers liés au tabagisme, la cigarette a toujours le vent en poupe. Comment se fait-il que nous fassions quelque chose qui, nous le savons pourtant, est mauvais pour nous ?
C’est qu’il ne s’agit pas de logique. Lorsqu’on est dans une transe négative, le bon sens n’intervient pas. On est dans un autre registre, un autre mode de fonctionnement. Celui de la subjectivité. Les médecins, les médias, peuvent répéter jusqu’à épuisement les effets nuisibles de la cigarette, si le patient ne perçoit pas avec sa chair qu’arrêter de fumer est une possibilité, il ne lâchera jamais le tabac. L’hypnose permet d’accompagner le patient dans son propre mode de représentation et en respectant son propre rythme : il n’y a rien à forcer et il n’y a personne à convaincre.
Dans le cadre des addictions comme dans d’autres domaines, on peut dire que l’hypnose permet au patient d’exercer son libre arbitre, en le mettant devant la notion inévitable du choix. Il s’était rendu aveugle à la nature réelle du produit qu’il a perçu comme un remède ou une aide, et l’hypnose permettra précisément de faire tomber cette illusion pour rendre à l’objet de l’addiction son véritable visage.
L’hypnose fait tomber la distance qui existait entre le patient et le produit, pour lui permettre de vivre la réalité telle qu’elle est et la ressentir pleinement. Il n’y a pas de nécessité de déguiser la perception du produit puisque celui-ci est un toxique par nature. Il suffira au contraire de permettre de ressentir la réalité de cette substance, pour que le patient ressente l’agression sur son corps, son esprit, sa vie. On espère alors un mouvement vital, un réflexe de survie qui consisterait à lâcher le produit et à s’en tenir éloigné.
Si le patient consulte, c’est qu’il a commencé à entrevoir la liberté. Si jusqu’alors son champ de perception était restreint et focalisé sur le plaisir qu’il retire de l’objet d’addiction, il peut commencer à présent à élargir sa perception et réaliser que quelque chose cloche. L’hypnose prend appui sur cette ouverture, la ratifie et amplifie le mouvement.