Le grand livre de l'hypnose
L’apport de François Roustang
également, pour leur contribution à la compréhension, la recherche et les applications cliniques de l’hypnose, M. Didier Michaux (désormais ex-directeur de l’Institut Français d’Hypnose – IFH), le docteur Jean-Marc Benhaiem (actuel président de l’Association Française pour l’Étude de l’Hypnose Médicale – AFEHM) et bien entendu François Roustang, philosophe, thérapeute, écrivain, qui s’intéresse à la compréhension du phénomène de l’hypnose et marque profondément de nombreux thérapeutes, par l’exigence de son travail sur la compréhension du phénomène hypnotique et sur sa contribution à la compréhension de la position du thérapeute dans le contexte de la thérapie. François Roustang est membre fondateur et enseignant à l’AFEHM, et intervient dans de nombreux colloques.
L’apport de François Roustang
Il existe un intérêt majeur pour tout hypnothérapeute à étudier d’une part les travaux de Milton Erickson, et d’autre part ceux de François Roustang.
Philosophe, thérapeute, écrivain, François Roustang étudie l’hypnose depuis des années et cherche à comprendre ce qui se passe au cours d’une séance d’hypnose, pour que vienne la guérison.
Alors qu’Erickson s’intéresse et développe la clinique et la technique hypnotique de façon géniale, donnant naissance à ce que l’on nommera plus tard l’hypnose ericksonnienne, François Roustang s’attache à comprendre l’essence même du phénomène, et en quoi ce dernier permet une bascule vers la guérison chez ses patients.
Il publie plusieurs ouvrages majeurs sur le sujet, alliant le regard du thérapeute, du philosophe, et de l’écrivain sachant user du mot juste pour permettre au lecteur d’appréhender les tenants et les aboutissants de l’hypnose.
Il accompagne le Docteur Jean-Marc Benhaiem lors de la création du premier diplôme universitaire d’hypnose médicale et de l’école de formation AFEHM. Dès lors, cette école est fortement influencée par le courant de pensée de François Roustang, qui développe un enseignement de l’hypnose unique et exigeant. Au-delà de la technique, l’école poursuit son étude et sa réflexion permanente sur la compréhension du phénomène. Comprendre ce que l’on cherche à faire par l’hypnose entraîne une utilisation plus juste des techniques hypnotiques. François Roustang s’est en outre beaucoup intéressé à la position du thérapeute et aux conditions nécessaires au changement. Nombre d’auteurs s’étaient intéressés au changement chez le patient et aux techniques utilisables par le soignant, mais François Roustang cherche à comprendre les conditions qui permettent au thérapeute de rendre l’expérience du changement possible.
Il décrit ainsi la nécessité pour le thérapeute de se démunir de la connaissance, des stratégies thérapeutiques, qu’il était indispensable d’acquérir dans un premier temps, pour entrer au moment de la thérapie dans un dépouillement tel que les sens parviennent à une acuité tout animale. C’est ce sentir élargi qui joue le rôle de révélateur des potentialités qui étaient présentes mais que la pensée, l’intellectualisation, le souci de trop bien faire, la peur de n’être pas à la hauteur avaient oblitérées.
Roustang est également le premier à avoir détaillé les phases de l’hypnose, et à avoir développé ce qui se joue au sein de la phase d’ouverture, la phase de la perceptude, espace du changement et de la réorganisation.
a perceptude selon Roustang
La perceptude est « marquée par la continuité et la prise en compte de tous nos liens avec le monde ». C’est ce mode de perception qui est premier et dont nous faisons l’expérience à notre venue au monde. C’est sur cette perception première que s’organise notre perception usuelle du monde, qui est une perception restreinte et fragmentée en autant d’éléments, dans une volonté de contrôle et de catégorisation du réel. L’homme perd alors ce sens vital qui lui permet pourtant de se fondre avec souplesse dans son environnement. L’hypnose permet précisément ce retour en arrière. Entre autre obstacle à ce retour à l’essence du vivant, Roustang porte le message très clair que la connaissance de soi, pourtant tellement prisée dans notre société, est le piège qui renferme l’individu et