Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 64 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Les inductions complexes ou composées

Les induc ons complexes ou composées

Elles sont plus élaborées et font intervenir plusieurs canaux sensoriels, ou même l’imagination.

Cette technique d’induction utilise les différentes modalités sensorielles.

Elle utilise la fixation de l’attention ainsi que le rythme répétitif et lent de l’expérience pour créer une confusion propice au relâchement du contrôle et de la maîtrise.

Voici une variante de cette induction classique…

Expérimentez la spirale sensorielle

Exercice inspiré de Betty Erickson.

Vous êtes en position demi-assise. La tête ne doit pas être portée par le cou. Vous devez pouvoir

vous laisser totalement porter par le support, sans n’avoir aucun effort musculaire à faire pour

maintenir la position.

Vous posez votre regard sur une surface, que vous fixez. Par exemple le mur. Vous formulez

intérieurement « je regarde le mur ».

Vous imaginez le contact de cette surface sous vos doigts en mouvement (texture,

température…)

Vous faites cela pendant 5/10 secondes.

Vous déplacez seulement votre regard (pas la tête) pour fixer une seconde surface.

Vous reprenez toute la procédure de façon à avoir fixé et imaginé le contact virtuel de 5

surfaces devant vous.

Puis vous fermez les yeux.

Vous ressentez le contact d’une partie de votre corps (le mollet gauche par exemple) avec la

surface. Pendant 5 à 10 secondes. Vous formulez « je touche le support avec mon mollet

gauche ».

Vous changez de surface de contact.

Vous répétez la procédure de façon à avoir ressenti 5 zones d’appui de votre corps avec le

support.

Vous ouvrez les yeux et répétez la fixation et imagination de 4 surfaces devant vous.

Vous fermez les yeux et répétez la sensation du contact de 4 surfaces de votre corps.

Vous ouvrez les yeux et répétez la fixation et imagination de 3 surfaces devant vous.

Vous fermez les yeux et répétez la sensation du contact de 3 surfaces de votre corps.

Vous ouvrez les yeux et répétez la fixation et imagination de 2 surfaces devant vous.

Vous fermez les yeux et répétez la sensation du contact de 2 surfaces de votre corps.

Vous ouvrez les yeux et répétez la fixation et imagination de 1 surface devant vous.

Vous fermez les yeux et répétez la sensation du contact de 1 surface de votre corps.

Vous faites une pause. Pendant laquelle vous ressentez la sensation de pesanteur généralisée.

Vous restez ainsi le temps que vous le souhaitez, et mettez fin à l’exercice lorsque vous le

désirez en ouvrant les yeux et en vous remettant à bouger tranquillement.

 

Si l’exercice est proposé par une thérapeute :

Avant de commencer l’induction, le thérapeute précisera au patient qu’il pourra garder les yeux

fermés lorsqu’il en aura l’envie ou lorsqu’il sera trop pénible de les ouvrir à chaque nouveau

cycle.

Entre chaque série (de 5, de 4, etc.) le thérapeute pourra lier une suggestion

d’approfondissement dans l’hypnose : « Vous ressentez le contact de votre dos avec le

fauteuil… Vous entrez dans la sensation de ce contact… Pendant qu’une partie de vous se

laisse aller un peu plus loin dans l’expérience. »

Cet exercice d’induction fonctionne bien en raison de la monotonie du processus. Avec la pratique, on ressent le moment où le patient a besoin de lâcher l’expérience pour se laisser glisser dans la transe. C’est la raison pour laquelle il est important de proposer aux patients de garder les yeux fermés à n’importe quel moment de l’exercice lorsqu’ils le souhaitent, pour s’absorber intérieurement.

Le plus souvent, l’effort demandé pour maintenir l’attention est tel que le patient accepte bien volontiers de se laisser aller après 3 ou 4 balayages sensoriels.

Dans la version originale de l’exercice, on passe par une fixation d’un point, puis on ferme les yeux et on fixe l’attention sur un son, puis sur un contact kinesthésique, puis on recommence le cycle en ouvrant les yeux.

Cela rajoute une modalité sensorielle, rallonge l’expérience et potentialise ainsi l’induction.

Utiliser la modalité sonore peut être difficile lorsqu’on se trouve dans un environnement calme voire silencieux : la source sonore sur laquelle fixer son attention doit être prolongée ou au moins répétée (et non un son soudain et isolé).