Le grand livre de l'hypnose
Les bénéfices de l’hypnosédation
Les bénéfices de l’hypnoséda on
Pour le patient, l’utilisation de l’hypnose au cours d’une intervention est une expérience extraordinaire. Elle rend à l’individu ses capacités d’adaptation, et un pouvoir qui habituellement est confié aux médicaments. Le patient réalise que c’est grâce à ses propres ressources qu’il a pu vivre l’opération dans le confort, sans devoir s’effacer et s’adonner au coma pharmacologique. Il aura été à la fois tout à fait présent, et à la fois tout à fait absent.
Revenir d’une telle expérience est extrêmement gratifiant, et donne au patient une confiance jusqu’alors inconnue dans ce qu’il est capable de faire.
Les faibles doses d’anesthésiques qui auront pu être utilisées permettent au patient de se retrouver immédiatement dans son état de veille ordinaire alors même qu’il est encore sur la table du bloc et que le pansement se termine. Vigilant, conscient, non nauséeux, il peut alors – si l’intervention le permet – demander à boire et à manger beaucoup plus rapidement que s’il devait s’éveiller d’une anesthésie générale.
Les effets postopératoires
Les études réalisées montrent que les patients ne font pas état de la fatigue qui peut accompagner une sortie d’anesthésie générale, et qu’ils ont une tendance à utiliser beaucoup moins d’antalgiques en postopératoire après une hypnosédation qu’après une anesthésie générale. Soit parce que les patients en postopératoire reproduisent quelque chose de l’expérience hypnotique du bloc, leur permettant de mieux gérer les accès de douleur en se dissociant du corps, soit parce que l’expérience même de l’hypnose instaure un rapport à la douleur différent. En changeant le contexte, c’est toute la perception de la chirurgie et de son après qui change.
Enfin, il n’est pas rare que le patient utilise des mois ou des années plus tard quelque chose de l’expérience de l’hypnose, face à des contextes divers. Par exemple, l’expérience de la dissociation peut être réutilisée pour mieux s’endormir, ou pour s’extraire temporairement d’un contexte pénible, ou tout simplement pour se détendre…
Pour l’équipe soignante, l’hypnose au bloc change radicalement le vécu de l’intervention. Lorsque l’hypnosédation est utilisée, tout le personnel du bloc est très présent au patient et au contexte. Ne sont prononcés que les mots nécessaires. Les gestes sont plus calmes. Le rythme semble plus lent (alors que le temps imparti pour l’opération reste sensiblement le même). Le chirurgien lui-même apprécie souvent cette atmosphère tranquille propice à un travail sans stress.
L’anesthésiste est également tout entier à ce qui se joue. Il surveille à la fois les constantes vitales sur les moniteurs, s’occupe des drogues à utiliser, surveille l’acte chirurgical pour pouvoir anticiper les sensations et enfin, accompagne le patient en restant en étroite collaboration avec lui.
Au-delà de l’acte chirurgical, l’hypnose peut être utilisée pour la gestion de la douleur aiguë dans toute situation qui s’accompagne d’une douleur transitoire.
On peut par exemple citer tout soin locorégional potentiellement douloureux. Dans cette catégorie, on pourrait citer les changements de pansements, les soins d’escarres, les soins de brûlures, les prises de sang, les ponctions veineuses, les ponctions lombaires, les ponctions de moelle osseuse, mais aussi les techniques d’exploration telles que les fibroscopies, les coloscopies, etc.
Distraire le pa ent
On utilise très fréquemment dans le contexte d’acte court mais douloureux, des techniques reposant sur le principe de la distraction. Le principe est toujours le même : éloigner l’attention du sujet de son corps, pour la reporter sur quelque chose de plus confortable. Il s’agit encore une fois « d’envoyer ailleurs » l’attention du patient, pendant que l’acte médical est réalisé.
Chez les enfants cela correspond, par exemple, à proposer un jeu pendant le soin. Ou encore, faire focaliser l’attention sur une autre partie du corps, à laquelle on fait mine de s’intéresser, pendant