Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 60 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Induction kinesthésique

Comprenez-vous mieux à présent ce que nous entendons par « couper les afférences externes » ? Vous vous êtes tellement focalisé, concentré, que vous étiez, l’espace d’un instant, à la fois présent et à la fois absent.

Vous venez d’expérimenter une absorption des sens créant une confusion provoquant la modification perceptive et générant une certaine dissociation (à la fois ici, et à la fois ailleurs).

Les patients qui auront une réelle appréhension à s’abandonner à l’expérience de l’hypnose tireront de grands bénéfices de ce simple exercice. Les patients dans le contrôle notamment, seront moins inquiets puisqu’ils garderont les yeux ouverts, et pourront à tout moment mettre un terme aux changements perceptifs en balayant à nouveau le regard.

 

Induc on kinesthésique

Il s’agit de focaliser sur une sensation corporelle localisée (telle que le contact des pieds sur le sol) ou plus étendue (la sensation de pesanteur de tout le corps). En école d’hypnose, les élèves apprennent souvent avec étonnement combien on peut s’absorber dans quelque chose d’aussi simple que le contact de deux doigts.

Réalisez votre première induc on kinesthésique

Exercice proposé par François Roustang.

Mettez en contact la pulpe de votre pouce (la main que vous voulez) avec un index. Vous

formez ainsi une « pince ».

Bougez lentement vos doigts de façon à ressentir le frottement très lent et très discret entre

votre pouce et votre index.

Absorbez-vous totalement et complètement dans cette expérience : rendez-vous sensible à ce

petit frottement.

Êtes-vous capable de poursuivre cette expérience 3 minutes ?

N’est-il pas vrai que si vous ne vous laissez pas distraire, vous n’avez pas d’autre choix que

d’être très présent à l’expérience, pour pouvoir ressentir toutes les subtilités du contact ?

N’est-il pas vrai qu’il n’est plus possible d’être dans la rumination ou la projection anxieuse

lorsque votre attention est focalisée sur un seul stimulus, qui demande toute votre

concentration ?

N’est-il pas vrai que pendant l’expérience, peut-être vos épaules se sont un peu relâchées

pendant que votre regard devenait plus vague, votre visage impassible ?

Prenez le temps de faire cet exercice très simple de focalisation pour ressentir les effets de

l’absorption sur la pensée et sur le corps.

Le thérapeute peut également proposer au patient de se concentrer sur la perception de l’air qui entre et qui sort des narines : plus frais à l’inspiration, plus tiède à l’expiration.

Ou encore, le thérapeute peut proposer au patient de ressentir des vagues de chaleur balayer le corps de la tête aux pieds. Dans un premier temps, les sensations ne sont qu’imaginaires, puis elles sont hallucinées, c’est-à-dire ressenties avec le corps comme si elles existaient vraiment.

Expérimentez le ressen des vagues de chaleur

Asseyez-vous confortablement.

Fermez les yeux.

Respirez à votre rythme. Portez seulement attention à la sensation que provoque l’air lorsqu’il

entre par vos narines.

Vous aurez envie de prolonger l’inspiration pour être encore un peu plus attentif à cette

sensation. Si vous gonflez votre ventre à l’inspiration, vous ferez plus de place pour laisser

entrer l’air. Cela oxygénera votre sang, c’est excellent en soi.

Une fois l’inspiration terminée, faites une pause d’une ou quelques secondes.

Expirez lentement, toujours par le nez. Soyez très attentif à la sensation de l’air qui s’échappe

de vos narines. Vous allez remarquer que l’air qui remonte de vos poumons, pendant que vous

rentrez le ventre pour faire sortir tout l’air, est plus chaud. Plus tiède. Vous allez le ressentir

dans votre gorge.

Faites une très courte pause si vous le souhaitez avant d’inspirer à nouveau.

Pouvez-vous faire cet exercice 3 minutes ?

Une variante consiste à expirer par la bouche tout en étant toujours très attentif aux sensations

de l’air expiré par la bouche.

Un autre exercice simple d’induction combine la confusion des sens visuels et kinesthésiques.

Combinez les induc ons visuelle et kinesthésique

Installez-vous confortablement.

Vous allez respirer normalement, tranquillement, sans forcer, de la manière suivante :