Le grand livre de l'hypnose
Hypnose et dentisterie
L’ensemble de ces exercices sont destinés à ramener le patient dans le temps présent, pour ne rien nier de ce qui lui appartient, et pour cesser de dépenser une énergie considérable à ne pas adhérer à la situation telle qu’elle est.
Hypnose et den sterie
Un autre domaine de l’application de l’hypnose dans la gestion de la douleur aiguë est l’application en chirurgie dentaire et en soins d’odontologie.
En dentisterie, l’hypnose est d’une aide précieuse pour couper l’anxiété qui accompagne fréquemment les soins dentaires. Qu’il s’agisse d’une expérience passée désagréable ou d’une projection anxieuse quant au soin qui doit être réalisé, nombre de patients anticipent la douleur et le désagrément au cabinet du dentiste. La simple représentation mentale de la fraiseuse ou la remémoration du bruit de cette dernière ne manque pas de provoquer chez nombre de personnes une mimique de crainte.
Chez l’enfant, comme chez l’adulte, l’hypnose en dentisterie permet d’accompagner le patient pendant la durée du soin, de sorte que ce dernier se dissocie suffisamment de l’environnement immédiat et conserve une détente et une relaxation favorable à un soin non douloureux.
Ainsi, pour les enfants, on pourra proposer un jeu ou une balade dans l’imaginaire pendant que le soin est réalisé.
Pour l’adulte, on utilisera par exemple le protocole de la dissociation (souvenir agréable ou activité favorite) pendant un soin aigu pour mettre en condition et s’assurer que le patient est à la fois ici et surtout ailleurs.
Une autre technique hypnotique consiste à manier l’hypnose conversationnelle et à recadrer chacun des gestes effectués en usant de mots tels que facile, confort, simple, décontraction, étrange, engourdissement, sensation de fraîcheur… En évitant les termes comme ça va piquer, je pique, attention, je creuse…
Quelques mots au sujet des mots
Les mots qui font mal sont une réalité bien connue des soignants formés à l’hypnose. En particulier, on apprend aux professionnels de la santé qui délivrent des soins susceptibles de provoquer une douleur aiguë, que les mots ne sont pas anodins. Ils créent une anticipation et sont capables de donner un tout autre sens à une action à visée thérapeutique. Les mots sont un outil de base de la modification perceptive. Tout mot proposé provoque chez celui qui l’entend une réponse, une perception de sa signification. Le processus est si automatique et immédiat que l’on ne se rend habituellement pas compte de l’effet des mots sur notre vécu. L’exemple typique consiste à proposer à quelqu’un de « ne pas penser à un éléphant rose ». Évoquer cet éléphant fait qu’une représentation de ce dernier naît dans l’esprit. C’est cette expérience simple qui fait dire aussi que « le cerveau ne perçoit pas les négations ».
Appliqué au domaine du soin, on comprend donc qu’abreuver le patient de termes tels que « je vais maintenant vous piquer », ou « attention ça va faire un peu mal »… est le meilleur moyen pour créer une représentation et une anticipation de ce que l’on cherche précisément à prévenir.
Qu’il s’agisse de se rappeler que pour une partie de notre cerveau, imaginer revient à faire l’expérience, et on comprend pourquoi il serait sage de veiller aux termes employés.
Faites cette expérience avec moi : « Pouvez-vous ne pas imaginer que vous mordez une tranche de citron ? D’éviter d’imaginer même un instant que vos dents croquent dans une tranche épaisse de citron ? Que les gencives entrent en contact avec la pulpe du citron qui éclate sous vos dents ? Que le jus du citron gicle et inonde votre bouche ? la langue ? le palais ? Pouvez-vous faire en sorte de ne pas imaginer cela ? »
Si vous avez bien voulu jouer le jeu, il y a fort à parier que vous avez expérimenté un phénomène de salivation, comme si vous étiez vraiment en train de croquer dans une tranche de citron.