Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 146 sur 182

Pages du PDF

Le grand livre de l'hypnose

Hypnose et douleur

Je propose à Marion de prendre le temps de trouver une alternative plus crédible.

Après un long silence, son visage s’empourpre. Elle me dit avoir trouvé une version qui lui

convient bien : elle imagine qu’avant la réunion, le directeur régional demande à la voir en tête

à tête pour la couvrir d’éloges et lui promet un brillant avenir dans la boîte. Il lui dit que pour

ne pas froisser ses collègues et pour ne rien laisser suspecter de la valeur qu’ils attachent à son

travail, ils se sont mis d’accord pour que le directeur de cabinet soit particulièrement dur quant

au travail qui sera présenté, mais qu’elle ne soit pas dupe, tout ceci n’est qu’une mise en scène.

Je trouve cette version osée, mais Marion semble prendre plaisir à la jouer dans son imaginaire.

Je l’encourage donc à jouer et rejouer l’intégralité du scénario : l’ajout qu’elle vient de faire,

suivi de la véritable scène.

Je lui demande ensuite ce qu’elle pense d’elle-même après ce travail. Apaisée, elle confirme :

« Ah c’est mieux. C’est beaucoup mieux. »

Marion sera par la suite beaucoup plus à l’aise dans la prise de parole en public. Quelques mois

plus tard, Marion a changé d’agence et ses difficultés ont totalement disparu.

 

Hypnose et douleur

C’est en particulier par le biais de la gestion de la douleur que l’hypnose est revenue dans les salles aseptisées de l’hôpital.

Utiliser l’hypnose pour accompagner un patient pendant un acte chirurgical locorégional est certainement l’expérience qui convainc le mieux les détracteurs de l’hypnose que celle-ci n’est pas un simple jeu de rôles. Lorsqu’on voit quelqu’un subir une chirurgie de la glande thyroïde sans ressentir de douleur, par un accompagnement hypnotique, on réalise qu’il y a là en jeu bien autre chose qu’une simple complaisance de la part du patient.

C’est donc pour comprendre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent le phénomène hypnotique que les premières études en imagerie fonctionnelle ont été réalisées. Pierre Maquet, en particulier, a été pionnier, avec le Pr Faymonville, dans ces études qui ont fait l’objet de publications dans les journaux scientifiques de renommée internationale.

Pour l’International Association For the Study of Pain, la douleur se définit comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en termes évoquant une telle lésion. »