Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 176 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

La PNL

S’il existe un champ d’application de la santé (appelée sophrologie clinique), la sophrologie étend son action dans le domaine de l’éducation, du sport, des sciences humaines. Elle a pour visée l’autonomie par une pratique individuelle ainsi qu’un développement personnel au travers du rétablissement d’un équilibre corps esprit.

L’hypnose n’a pas pour visée le développement personnel. Elle a été créée par des médecins pour être appliquée dans le champ médical. Elle est un outil thérapeutique qui ajoute une compétence au savoir-faire du professionnel du soin, potentialisant sa capacité à accompagner le patient vers le soulagement.

 

EN CONCLUSION

En définitive, la sophrologie propose ce passage de la cognition à la sensorialité par un ensemble de procédures similaires à l’induction, l’instauration d’une dissociation, la potentialisation d’une ouverture, pour permettre une réorganisation des perceptions. Enfin, il existe bien entendu un « retour », une « sortie » de l’état sophronique.

Cette forte similarité entre hypnose et sophrologie vient bien du fait qu’historiquement, la sophrologie est l’hypnose que l’on a souhaité baptiser autrement. Par la suite, la sophrologie a évolué sous l’impulsion de son créateur, développant un ensemble de savoir-faire et une philosophie qui lui est propre.

De nombreux patients font appel aujourd’hui à la sophrologie, malgré le regain d’intérêt pour l’hypnose, et en retirent de très grands bénéfices.

 

La PNL

PNL est le sigle pour Programmation neuro-linguistique.

La PNL voit le jour aux États-Unis dans les années 70 au travers des travaux de Richard Bandler et John Grinder.

Elle naît d’une volonté de modéliser l’excellence de grands thérapeutes de l’époque tels que Virginia Satir, Fritz Perls mais aussi Milton Erickson.

 

objec f de la PNL

Étudier la façon de travailler de psychothérapeutes considérés comme très performants, afin de modéliser leur pratique en systèmes permettant une intervention psychothérapeutique de même efficacité.

 

C’est par l’intermédiaire de l’anthropologue Gregory Bateson que Bandler et Grinder rencontrent Milton Erickson, considéré alors comme le père des thérapies brèves. Cette rencontre donne naissance à une série de protocoles d’intervention regroupés sous le terme de « Milton modèle » et représente un tournant dans le développement de la PNL.

Si la PNL avait pour objectif initial le développement de techniques à visées psychothérapeutiques, celle-ci a évolué au fil du temps et est employée également dans le domaine de la communication. La PNL s’intéresse à l’encodage et au traitement du vécu subjectif de l’individu, déterminant les moyens d’accès (canaux) les plus utiles et les techniques les plus adéquates pour entrer en relation avec une personne, et éventuellement pour modifier ses croyances et ses comportements.

La PNL est employée aujourd’hui dans le cadre de la thérapie, mais aussi dans tous les domaines qui relèvent de la communication, tels que les séminaires de formation en communication, le marketing, les formations managériales, ou encore les séminaires de développement personnel.

La première critique qui est faite par les détracteurs de la PNL est qu’elle manque d’assises scientifiques. Les théories qu’elle avance, notamment celles basées sur les canaux de communication, restent soumises à de nombreuses critiques. Mais si la PNL séduit, c’est certainement grâce à son pragmatisme, ses protocoles systématisés, sa façon d’user d’une métaphore qui sied si bien à l’époque moderne (le système nerveux est un ordinateur et la PNL permettrait d’en changer les programmes à l’origine de nos troubles), et admettons-le, de son efficacité.

QUELQUES SIMILITUDES

On retrouve donc, dans la PNL, un certain nombre de principes de bases issus de l’étude de l’approche des thérapeutes modélisés. Les principes qui fondent le « Milton modèle » en PNL sont ceux que Bandler et Grinder ont extraits de l’étude de la façon de travailler de Milton Erickson en hypnose.

En outre, on retrouve la notion chère à Erickson selon laquelle tout être humain possède les ressources dont il a besoin pour atteindre son but. La PNL donne également une place importante au travail sur les croyances, et repose sur la notion de subjectivité des perceptions et des représentations (un adage précieux en PNL est « la carte n’est pas le territoire », mettant ainsi en avant que le changement se fait sur les représentations de la réalité plutôt que sur cette dernière). La PNL développe également un mode de communication thérapeutique « non spécifique » qui oriente l’expérience du patient tout en lui laissant le libre arbitre d’interpréter cette expérience selon son propre système de représentation. Cette approche est compatible avec la notion de suggestions indirectes, permissives et respectueuses du rythme du patient.

 

QUELQUES DIFFÉRENCES

La PNL est extrêmement protocolisée. L’hypnose ne l’est pas même si elle repose sur quelques principes de bases. Rappelons-le, une séance d’hypnose se brode en fonction de ce qu’apporte le patient. C’est lui et lui seul qui amène les éléments nécessaires à la thérapie. Le thérapeute doit se départir de toute idée préconçue, oublier les techniques, et entrer dans la transe en même temps que son patient pour accéder à une perception plus fine du drame qui se joue au sein de la thérapie, et pour accéder dans le même temps à une créativité qui lui aurait fait défaut s’il était resté figé par un protocole.

La PNL n’invite pas le thérapeute à cette liberté, à cette souplesse. De la même manière, le modèle thérapeutique employé ne laisse que peu de libre arbitre au patient qui s’engage dans un protocole d’exercices, ce dernier se composant d’étapes successives selon un ordre précis.