Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 137 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

Chapitre 18 : Les applications de l’hypnose

Chapitre 18

 

Les applica ons de l’hypnose

 

I L DOIT ÊTRE ÉVIDENT POUR LE LECTEUR, à ce stade du livre, que l’hypnose s’intéresse à la composante subjective de la perception. L’hypnose ne consiste pas à changer le fonctionnement d’un organe, bien qu’il existe indéniablement une interaction entre le psychisme et le corps comme l’étude de la psychosomatique l’illustre. Elle ne permet pas non plus d’agir sur les événements extérieurs comme pourrait le faire un quelconque sortilège de conte de fées.

L’hypnose permet de façon large de changer un rapport à un

élément, en prenant appui sur le système de représentation

du patient.

 

L’apport de l’hypnose

Toute expérience vécue par un patient se compose de faits objectifs, auxquels se rajoute une composante subjective formée de pensées, d’émotions, de regrets, d’anticipation, etc.

 

Un autre regard sur la réalité

Rien de ce que nous vivons n’est purement objectif et se réduit à l’expérience telle qu’elle se déroule de façon factuelle. Bien au contraire, nous vivons le monde au travers du filtre de notre subjectivité.

Ce ne sont pas tant les éléments factuels ou les éléments objectifs (personnes, choses et lieux) qui peuplent notre expérience et qui font notre réalité mais plutôt l’interprétation que nous en faisons au travers des filtres de notre cognition, de notre mémoire et de nos émotions.

Lorsque nous décrivons une situation, nous ajoutons – bien malgré nous – à la réalité objective les éléments de notre mémoire, de notre expérience, de nos émotions. La réalité objective, teintée de ces éléments, devient réalité subjective.

Une réalité subjec ve

Prendre conscience que toute description que nous faisons du monde est une description de notre monde, qu’elle n’est pas une description de la réalité mais une description de notre réalité, celle qui résulte de l’ajout aux éléments factuels des projections de nos regrets, nos angoisses, nos expériences, nos craintes et nos désirs, est un exercice fascinant qui tend à nous restituer une certaine liberté.

La réalité objective n’est qu’un ensemble d’informations sensorielles de formes, d’images, de sons, de mouvements captés par notre système sensoriel : vue, ouïe, toucher… Dans un second temps, l’esprit y ajoute un sens (identification des objets, des personnes). Ce sont bien nos souvenirs qui conditionnent notre comportement vis-à-vis de telle ou telle personne (comportement familier, impersonnel, amical, neutre, méfiant). Ce sont bien nos émotions qui modifient nos réactions face à tel événement, etc.

C’est ce bagage cognitif et émotionnel qui constitue le filtre par lequel le monde objectif expérientiel devient notre réalité subjective.

En définitive, nous vivons le monde au travers d’une bulle dont la paroi, constituée de notre univers mental subjectif, déforme la réalité telle qu’elle se présente à nos sens (notre système sensoriel).

Demandez à deux témoins d’un même accident de vous relater les faits avec le maximum de détails. Phénomène bien connu des autorités judiciaires, les témoignages sont parfois si divergents que l’on peut se demander si les témoins ont bien assisté à la même scène. C’est qu’au-delà de l’événement lui-même, chacun a expérimenté une réalité subjective différente, après le traitement de l’information sensorielle pure par son système cognitif/émotionnel.