Le grand livre de l'hypnose
À substance inerte, puissance variable
Bien entendu, Haygart par ce procédé, démontre qu’il n’existe pas de différence de résultats entre l’application des tracteurs et l’application du factice. Il dévoile la supercherie et décrira l’expérience dans son ouvrage qu’il sous-intitulera « De la curieuse influence de l’imagination sur les fonctions du corps humain ».
En France, Armand Trousseau en 1834 est le premier à user des effets du placebo dans un contexte hospitalier. Le terme de placebo ne fera son entrée dans le langage médical en France qu’en 1958.
À substance inerte, puissance variable
Le placebo est une substance inerte, c’est-à-dire sans effet pharmacologique, que l’on administre à un patient dans le but d’une modulation cognitive des attentes. C’est une attente positive de la survenue d’un effet créé par la prise du médicament inerte dans le contexte d’administration. Ce contexte est celui du soin. Si l’on donne une pilule à un patient qui souffre dans un service hospitalier, c’est bien évidemment dans l’intention de le soulager. Mais de façon plus large, le contexte est aussi l’ensemble du rituel qui accompagne l’administration de la substance, le lieu dans lequel elle est prescrite ou administrée, la galénique (c’est-à-dire la forme du médicament : pilule, injection, perfusion, etc.), mais aussi le contexte né de la reconnaissance de l’autorité des institutions qui entourent la fabrication du médicament : l’industrie pharmaceutique, la recherche biomédicale, le corps médical, « savant », et enfin le milieu hospitalier.
Tous ces acteurs de la fabrication et de l’administration du médicament ont, dans notre société, la même intentionnalité : soulager et guérir le patient.
La prise d’une substance fabriquée par les instances « dont le but est de nous guérir » induit implicitement une anticipation positive de guérison.