Le grand livre de l'hypnose

Grégory Tosti · Chapitre 177 sur 182

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Le grand livre de l'hypnose

La méditation et la relaxation

EN CONCLUSION

L’approche protocolisée de la PNL lui confère certainement un aspect cognitiviste. Cependant, sur le fond, ce que l’on cherche à modifier est toujours la perception, la représentation propre au patient. Pour cela, il faudra nécessairement quitter la cognition à un moment donné ou à un autre du travail, pour rejoindre la sensorialité et laisser de nouvelles associations, de nouvelles représentations, de nouvelles croyances prendre forme et s’actualiser dans le système perceptif constitutif de l’individu.

 

La médita on et la relaxa on

La méditation est une technique qui relève de la concentration et du vide mental. Il existe de nombreuses formes de méditation, de nombreuses techniques, car la méditation est un outil au cœur de nombreuses pratiques spirituelles depuis des siècles. Le courant New Age, qui prend naissance dans la deuxième partie du e XX siècle, réactualise la méditation comme un moyen de développement personnel.

Les pratiquants de la méditation, qu’ils soient ou non rattachés à un mouvement spirituel ou religieux, décrivent la méditation comme un moyen d’accéder à un « état de conscience modifié ». Quelques patients, avec une solide expérience de la méditation, se demandent souvent – après une séance d’hypnose – s’il existe vraiment une différence. Ceux qui expérimentent en particulier « l’hypnose sèche », c’est-à-dire la transe dans ce qu’elle a de plus brut, de plus pur, sans aucune suggestion ou visualisation destinée à un effet thérapeutique, rapportent les mêmes modifications perceptives que les méditants : perte du je, perte de l’émotion, sensation de ne faire qu’un avec tout, sensation d’indétermination totale, perte de la perception du corps, réduction au statut de vivant sans interférence de la pensée.

L’hypnose est-elle une forme de médita on ?

On est en droit de se demander si l’hypnose n’est pas en définitive une forme de méditation. Si c’est le cas, la méditation doit pouvoir permettre les mêmes modifications.

Pourtant, il est très courant de rencontrer des gens qui, malgré une longue pratique de la méditation, n’en ont retiré aucun bénéfice vis-à-vis de leur dépression, de leur phobie, de leur psoriasis, etc. Ces mêmes personnes changent pourtant rapidement après une thérapie par l’hypnose.

Toutefois, il faut le reconnaître, d’autres font une expérience fondamentale libératrice et réellement thérapeutique au travers de la méditation. Ces patients ne semblent alors pas trouver de différence avec l’état hypnotique.

Ces derniers ont certainement raison. Que ce soit au travers de l’hypnose, de la méditation, de la relaxation ou encore du yoga, l’expérience qui est faite peut être la même.

Mais si d’autres ne tirent pas les mêmes bénéfices de leur pratique, c’est certainement qu’il existe quelque chose de spécifique à l’expérience hypnotique qui permettrait de guérir et qui n’est pas nécessairement présent au cours d’une méditation.

Bien sûr, la différence évidente est qu’en hypnothérapie, il existe une communication entre patient et thérapeute, et le thérapeute détermine le point névralgique sur lequel la vacuité de la transe devra s’exercer pour faire basculer le système de représentation tout entier. C’est peut-être dans cette intentionnalité et dans cette détermination du point clé sur lequel il faut s’abandonner que se situe la différence entre de nombreuses techniques d’accès à la perception pure et l’hypnothérapie. En hypnose, l’objectif n’est pas de détendre le patient ni d’accéder à la vacuité mentale, mais de déterminer quelle est la chose qui pose problème et sur laquelle l’attention va se porter au cours de la séance. Si l’expérience thérapeutique a eu lieu, si on a lâché ce sur quoi on s’était figé, crispé, immobilisé, alors on ressent inévitablement un sentiment de relaxation tout à fait évident.

Toutefois, cette même expérience peut être accessible par d’autres voies, d’autres chemins. La méditation ou la relaxation peuvent permettre le basculement d’un système de représentation à un autre. Mais elles ne le permettront pas seules, si l’attention n’est pas portée là où les nœuds doivent se défaire.

De façon anecdotique, les modifications cérébrales observables en imagerie fonctionnelle chez les méditants zen montrent des modifications dans l’activité cérébrale propre à la méditation qui, ne sont pas tout à fait superposables à celles observées dans l’hypnose.

Une étude récente montre par ailleurs que la pratique régulière de la méditation modifie de façon durable le fonctionnement cérébral, rendant celui-ci moins sensible aux perturbations émotionnelles ou à la douleur. Il serait intéressant de réaliser la même étude sur les patients pratiquants l’autohypnose, afin de déterminer si à force de pratique, des changements robustes s’installent de façon permanente dans le fonctionnement cérébral, expliquant ainsi le confort grandissant de ces patients face aux situations pénibles du quotidien.

Toutes sortes d’autres études ont été menées depuis la fin du e XX siècle, afin de mesurer les effets concrets de la méditation sur la santé. Plusieurs études ont montré que la méditation tend à normaliser la tension artérielle, à résoudre les pathologies psychosomatiques, mais aussi à augmenter les défenses immunitaires.

La mindfulness

La mindfulness ou « méditation de la pleine conscience » est une technique inspirée de pratiques de méditation axées sur l’attention au moment présent et constitue certainement l’avatar moderne des techniques de méditation ancestrale. Le principe de la mindfulness est le développement de l’attention intentionnelle sans jugement sur l’expérience présente quelle qu’elle puisse être, d’instant en instant. La mindfulness invite la personne à porter son attention sur l’expérience présente. Nous l’avons vu dans ce livre, un des axes de la thérapie en hypnose est une réconciliation du patient avec son expérience présente. En ce sens, on peut dire qu’il existe de réelles similitudes entre certaines expériences méditatives et les expériences hypnotiques. Porter son attention sur le ressenti corporel en temps réel, sans aucun jugement, sans aucune critique, et sans autre fait que d’accepter et d’accueillir ce qui est expérimenté avec bienveillance est un exercice efficace couramment utilisé en hypnose.