Oeuvres de Champlain
Illustrations
Note 160: (retour) A compter du départ de la flotte, qui fit voile de San Lucar de
Barameda dans les premiers jours de janvier 1599, l'auteur aurait été de retour
vers le commencement de mars 1601. Cependant, les détails de l'expédition ne
permettent guère de supposer que le voyage ait duré plus de deux ans; et alors il
faut admettre que Champlain fait entrer en ligne de compte le temps qui s'écoula
entre son départ de Séville et le départ de la flotte. Dans tous les cas, nous ne
voyons pas comment le traducteur de la Société Hakluyt peut justifier la
correction qu'il fait au texte dans ce passage, en mettant trois ans et deux mois,
au lieu de deux ans deux mois que porte l'original; si ce n'est qu'il fallait mettre le
texte en harmonie avec le titre tel qu'il l'avait lu.
FIN DU TOME I.
ILLUSTRATIONS
(La prochaine page est 54, qui est la page titre du Tome II).
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La première édition du Voyage de 1603 est d'une excessive rareté. Il n'y en
a, jusqu'à ce jour, qu'un seul exemplaire de connu; c'est celui de la
Bibliothèque Impériale de Paris. Nous devons à l'extrême obligeance de M.
l'abbé Verreau, la copie qui a servi à cette présente édition.
Des Sauvages: tel est le titre que l'auteur donna à sa première publication;
tandis que ses autres relations sont intitulées Voyages. L'auteur a-t-il choisi
ces mots uniquement pour piquer la curiosité du lecteur, à une époque ou
l'on n'avait encore sur les sauvages que quelques récits plus ou moins
fabuleux? ou bien a-t-il voulu donner à entendre par là, qu'il ne publiait cet
opuscule que comme un épisode d'un voyage dont il n'avait pas le
commandement en chef? Cette dernière supposition expliquerait un peu
pourquoi le nom de Pont-Gravé ne figure ni dans le titre, ni dans les
préliminaires, bien qu'il fût officiellement chargé de laconduite de
l'expédition. Quoiqu'il en soit, il semble que la chose ait été remarquée dans
le temps; car la Chronologie Septénaire, qui reproduit ce voyage, a presque
l'air de vouloir tirer une petite vengeance en ne mentionnant que le nom de
Pont-Gravé, sans dire même que la relation fût de Champlain.
L'auteur, dans son édition de 1632, a peut-être voulu réparer cette omission,
qui était de nature à blesser un peu la susceptibilité de celui qu'il respectait
comme son père. «Après la mort du sieur Chauvin, dit-il, le Commandeur
de Chaste obtint nouvelle commission de Sa Majesté, et, d'autant que la
dépense était fort grande, il fit une société avec plusieurs gentilshommes et
principaux marchands de Rouen et d'autres lieux... Le dit Pont-Gravé, avec
commission de Sa Majesté (comme personne qui avait déjà fait le voyage, et
reconnu les défauts du passé), fut élu pour aller à Tadoussac, et promet
d'aller jusques au saut Saint-Louis, le découvrir et passer outre, pour en
faire son rapport à son retour, et donner ordre à un second embarquement.»
C'était donc Pont-Gravé qui était commissionné pour ce voyage, et ce
n'était que justice de le mentionner.