Oeuvres de Champlain

Samuel de Champlain · Chapitre 219 sur 232

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Oeuvres de Champlain

Chapitre XXIII

 

Messrs.

 

Je me remets à respondre à l'agréable vostre que m'a rendu le Sr Alexandre

à son retour, qui j'espere sera en bref. Cependant vostre homme Mr Lowe

n'est comparu icy, qui certes est venu fort mal à propos, car de luy on eust

peu estre esclaircy de beaucoup de doutes qui ont rendu vos affaires

avantageuses pour Decan & préjudiciables pour vous; toutesfois je vous

asseure qu'on a faict tout ce qui a esté possible, & que ce qui est accordé

conste hors des depositions fort clairement. Il y a deux points esquels on a

trouvé le plus de peine, l'un la pretension de Decan d'estre payé de ses

Castors à 12 £. 10. selon qu'il les avoit enchery & acheptez, à quoy après

beaucoup d'altercations on a esté forcé de céder par l'exhibition d'un acte de

Messeigneurs du Conseil privé de S. M., auquel est contenue vostre

promesse de faire bon ledit prix ou en porter le dechet comme pouvez voir

par ledict acte qui est du 22 Janvier 1628/29 auquel je vous remets. L'autre

pour le poids des Castors, car le Sr Fitch dit bien d'avoir vendu lb. 4000 de

Castors & 200 Castors, mais nous remet pour le nombre des Castors au

seigneur Bicher, lequel atteste avoir compté 3500 peaux en un magasin &

620 en un autre, les reduisant à 2409 & 33l Castors compte de Canada, ne

disant pas sy les 2409 pesent seuls lb. 4000 ou bien si tous les 2740 pesent

4000. lb Cecy me met en doubte, & ne sçavons comme le reigler. Decan

prétend que Fitch n'a enlevé que les 3500 peaux ou 2409 Castors qui

estoyent en son magasin, lesquels doibvent peser 4000 lb poids

d'Angleterre, les autres 331, n'ayant esté en sa puissance ny les avoir

vendus. En quoy il y a de l'apparence de raison, mais non pas assez pour la

pouvoir tellement refuter ny accorder que ce soit selon l'equité. Nous

devons nous trouver ensemble aujourd'huy pour voir ce qu'il pourra alléguer

pour vérifier son dire. Mais sy vostre homme eust esté icy on eust peu voir

& sçavoir les particularitez de tout, & traicter avec luy avec la solidité &

resolution qui est requise pour rembarrer son audace. La faute est à vous qui

n'avez pourveu Monsr. l'Ambassadeur de meilleures defences, vous

asseurant que toutes les armes qu'avez envoyées ont esté employées sans obmission d'aucune part qu'on aye peu esplucher pour vostre advantage;

vous verrez le tout à son temps, à quoy me remets.

 

Préparez vous à partir & soyez les premiers en toute façon pour prendre

l'advantage de la traicte à Tadoussac; n'allez pas trop foibles ny aussy ne

vous mettez en despences extraordinaires, afin que puissiez faire le voyage

à profit & sans perte. Il faut que vous voyez de prendre ordre aux

Interlopers, car cela vous gasteroit tout pour ceste année; pour les suivantes,

que ceux à qui il touche y prennent esgard. J'ay trouvé bon de vous donner

cest advis par avance, & vous baisant les mains je demeure Messieurs

 

Vostre affectionné serviteur,

 

PH. BURLAMACHI.

 

A Metz, ce 30 Janvier 1631.

 

A Messrs.

 

Messrs. les Députés de la Compe Angloise & Escossoise, negotians en

Canada,

 

LONDRES.

 

(Sur le dos est écrit.)

 

Copie d'une lettre escrite à Metz le 30e de Janvier 1630, (1631) par le Sr.

Burlamachi, aux Députez de la Compagnie Angloise & Escossoise,

negotians en Canada.

 

(State Paper Office, Colonial Papers, vol. VI, art. 39.)