Gamestorming - Jouer pour innover

Dave Gray · Chapitre 52 sur 117

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Gamestorming - Jouer pour innover

Session « pre-mortem »

Ce jeu est basé sur une méthode académique permettant aux auteurs qui ne sont pas encore prêts à publier leurs ouvrages de partager leurs ré exions au sein d’un groupe de conversation informel.

 

Session « pre-mortem »

BUT DU JEU

Bien souvent, l’enseignement que l’on tire d’un projet vient beaucoup trop tard. Après un échec cuisant, les membres de l’équipe se réunissent en général autour d’une session « posthume » et analysent avec sagesse les erreurs qui les ont menés au désastre. Ceci est d’autant plus fâcheux que les membres du groupe ont sans doute vu venir la catastrophe.

Une session pre-mortem permet au contraire d’effectuer une analyse dès le lancement d’un projet afin d’en affronter les risques. Contrairement à une étude habituelle des risques, la conduite d’une session pre-mortem contraint les participants à puiser au plus profond de leur expérience et de leur intuition au stade le plus critique du projet.

NOMBRE DE JOUEURS

Aucune restriction, mais plus le groupe sera restreint, plus le dialogue sera ouvert.

DURÉE DU JEU

Varie selon l’ampleur des efforts requis. Accordez maximum 5 minutes à chaque participant.

RÈGLE DU JEU

Une session pre-mortem se tient de préférence lors du lancement du projet, en présence des membres clés de l’équipe, quand les objectifs et le plan à suivre ont été exposés et assimilés par tous. L’exercice commence par une question très simple : « Où risquons-nous d’échouer ? » Cependant, la question peut être formulée de façon plus dramatique : « Pourquoi courons-nous à la catastrophe ? »

Une telle activité offre aux participants la possibilité de se pencher sur leur expérience commune afin de détecter immédiatement les risques ou les dangers qui rôdent autour d’eux. Elle permet au groupe d’émettre des inquiétudes qui, dans le cas contraire, ne seraient prises en compte que bien trop tard. Au sein d’un petit groupe, une simple discussion suffit généralement à faire surgir ces préoccupations. Dans une équipe plus importante, le recours à la méthode du post-it ou l’établissement d’une liste peut s’avérer nécessaire. À la fin de l’exercice, les participants peuvent classer la liste des risques et inquiétudes ou procéder à un vote afin d’établir un ordre de priorité. Le groupe décide ensuite des actions à entreprendre pour affronter ces risques. Il est tout à fait possible de les présenter au cours de futures réunions, tout au long du projet.

STRATÉGIE

Une session pre-mortem est moins facile qu’on ne le pense. En effet, lors du lancement d’un projet, l’élan et l’enthousiasme du groupe sont à leur plus haut point. Ceci ne prédispose pas les participants à se concentrer sur les risques d’échec. Une session pre-mortem oblige l’équipe à méditer sur des enseignements qu’elle a pu tirer précédemment, à un stade où toute action est encore possible.

L’invention de ce jeu revient à James Macanufo.