Gamestorming - Jouer pour innover

Dave Gray · Chapitre 95 sur 117

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Gamestorming - Jouer pour innover

La chaîne de compréhension

Cet exercice concrétise la valeur de chaque contribution et permet à tous les membres du groupe de s’exprimer. Il fait parler les plus timides tout en maîtrisant la participation des plus extravertis.

L’invention de ce jeu revient à Dave Gray. Il s’est inspiré d’un programme novateur de messagerie électronique développé par Byron Reeves : Attent.

 

La chaîne de compréhension

BUT DU JEU

Il n’est pas toujours facile de communiquer avec clarté et efficacité face à une large audience et un contenu riche. On peut en effet être tenté d’expliquer « tout d’un coup », méthode se soldant généralement par un échec. Le jeu décrit ici permet de focaliser l’attention du groupe sur le public plutôt que sur le contenu, offrant ainsi une structure communicative linéaire et pertinente.

NOMBRE DE JOUEURS

1 à 10.

DURÉE DU JEU

30 minutes à 2 heures.

RÈGLE DU JEU

Le groupe commence le jeu en segmentant son public et en établissant une série de questions.

Le public : si votre audience est nombreuse, divisez-la en plusieurs groupes cohérents. Pour ce faire, vous pouvez adopter une approche générale (en nommant l’un des groupes « Leaders », par exemple) ou plus précise (« Le personnel des technologies de l’information en charge de réparer les ordinateurs »). En principe, plus l’audience sera spécifique, plus la chaîne de compréhension sera efficace et personnalisée. Cette analyse du public peut être réalisée dans le cadre de l’exercice « Qui fait quoi ? » présenté au chapitre 4.

Les questions : lorsque votre équipe dispose d’une vision claire de son public, elle peut commencer à élaborer différentes questions. Celles-ci visent à comprendre ce que l’audience désire apprendre et ce qui lui importe. Le meilleur moyen de développer de telles questions est de se mettre dans la peau du public, en les formulant comme ses membres le feraient :

Qu’est-ce qui est vraiment agréable dans ce produit ?

Pourquoi je devrais m’y intéresser ?

Quel rapport avec X, Y ou Z ?

Pourquoi telle chose serait prioritaire ?

Les questions peuvent également être plus précises :

À quel moment nos deux plans d’action technologiques vont-ils

converger ?

Quel sera l’impact sur notre portefeuille de produits ?

Ces interrogations formeront les maillons de la chaîne de compréhension. Afin de les développer, le groupe doit adopter l’esprit de son public et inscrire chaque question sur un post-it distinct (pour plus d’informations à ce sujet, consultez la méthode du post-it exposée au chapitre 4).

Le jeu commence en triant les questions le long d’une ligne horizontale, sur un tableau de conférence ou sur le mur. Cette ligne symbolise une frise chronologique de communication, de son point de départ à sa fin. Trois choix s’offrent alors à votre équipe :

Classer les questions selon un l narratif traditionnel. Dans ce type de chaîne de compréhension, l’équipe regroupe les questions selon trois catégories, allant de gauche à droite sur la frise chronologique :

La situation initiale, qui plante le décor et expose un sujet ainsi

qu’un conflit.

L’élément perturbateur : un nouveau conflit surgit et des

décisions sont prises.

L’élément de résolution : diverses actions sont entreprises et

mènent à un résultat.

En élaborant une chaîne de compréhension ayant la même structure qu’un récit, le groupe atteindra peut-être l’apogée, la question décisive qui conduit à la résolution.

Classer les questions selon un modèle instruction/di érenciation/stimulation. Dans cette chaîne, les questions sont à nouveau classées de gauche à droite en fonction des éléments suivants :

L’instruction, qui sert à présenter un sujet ou une idée et ses

composants.

La différenciation, qui opère une distinction entre les composants

du sujet afin de créer une base de compréhension commune.

La stimulation, au cours de laquelle des actions sont demandées

ou proposées.

Classer les questions selon un mode conversationnel. Dans cette chaîne de compréhension, le groupe imagine ou mime une conversation avec son public et dispose les questions dans un ordre naturel. Bien que le contenu varie d’une conversation à l’autre, vous pouvez prendre appui sur les catégories de questions suivantes :

Lien : « Quelle est la situation ? » ; « Qu’avons-nous en

commun ? »

Focalisation : « Quels éléments nous importent ? » ; « Que savez-

vous de telle chose ? »

Action : « Que devons-nous faire ? »

STRATÉGIE

À l’instar de toute autre chaîne, une chaîne de compréhension est aussi forte que son maillon le plus faible. En étudiant différentes questions comme un ensemble, votre groupe découvrira à la fois les éléments demandant à être améliorés et les interrogations délicates. Une équipe ayant le courage de s’attaquer à ces dernières avec franchise et ouverture atteindra une efficacité optimale.

L’invention de ce jeu revient à Dave Gray, dans le cadre d’une approche de consulting déployée au sein de la société XPLANE. Cartographie des valeurs