Gamestorming - Jouer pour innover

Dave Gray · Chapitre 5 sur 117

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Gamestorming - Jouer pour innover

L’évolution de l’univers de jeu

position peut offrir des informations sur l’état du jeu : elle est comparable à l’emplacement des pions sur un échiquier. But : les joueurs doivent être capables d’identifier la fin du jeu. Tous tentent d’atteindre cette finalité, l’ensemble des participants en convient. Parfois, le jeu peut être chronométré, comme cela est le cas dans de nombreux sports tels que le football. Dans notre exemple, le but est de toucher l’arbre avec la balle ; le jeu s’achève dès qu’un joueur atteint cinq points.

Ces éléments courants interviennent dans tout type de jeu, qu’il s’agisse d’une partie d’échecs ou de poker, d’un match de foot, du « facteur n’est pas passé », ou encore des jeux que vous trouverez dans ce livre.

 

L’évolution de l’univers de jeu

Chaque jeu constitue un univers qui s’organise en différentes étapes : imaginer l’univers, le créer, y pénétrer, l’explorer et en sortir. Voici le déroulement :

Imaginer l’univers. Avant que le jeu ne commence, il s’agit d’imaginer un monde virtuel, un espace temporaire dans lequel les joueurs peuvent envisager toute possibilité. Le créer. L’univers du jeu est créé en lui attribuant des limites, des règles et des artefacts. Les limites constituent le cadre spatio-temporel de l’univers : son début, sa fin et ses contours. Les règles désignent les lois qui gouvernent le monde virtuel. Enfin, les artefacts forment la population qui évolue dans l’univers créé.

Y pénétrer. On ne peut entrer dans l’univers du jeu qu’après accord mutuel entre les participants. Pour ce faire, ces derniers doivent comprendre les limites, les règles et les artefacts du jeu (leur rôle, leur fonctionnement, etc.). L’explorer. Le but du jeu représente la force animant et guidant l’exploration. Il apporte une tension nécessaire entre la condition initiale de l’univers créé et un certain état que les joueurs aspirent à atteindre. Dès que les participants ont pénétré l’univers du jeu, ils tentent d’atteindre leurs objectifs en tenant compte des contraintes imposées par son système. Ils interagissent avec les artefacts, testent différentes options, explorent plusieurs stratégies et s’adaptent à l’évolution des

conditions en fonction du déroulement du jeu afin d’atteindre leur but.

En sortir. Le jeu s’achève lorsque son but a été atteint. Bien qu’il donne aux joueurs un sentiment d’accomplissement et de gratification, le but ne constitue pas vraiment l’intérêt du jeu. Il vise simplement à marquer la sortie de l’univers en question. L’intérêt du jeu réside au contraire dans son déroulement même : l’exploration de l’espace imaginaire qui a été créé et les idées qui émergent de cette exploration.

Imaginer l’univers, le créer, y pénétrer, l’explorer et en sortir. Les deux premières étapes désignent la conception du jeu et les trois suivantes se rapportent à l’activité ludique en tant que telle.

Comme vous pouvez le constater, une fois créé, le jeu peut être répété indéfiniment. Dès lors, si vous participez à un jeu préconçu, celui-ci ne comportera que trois phases : l’entrée dans l’univers du jeu, son exploration et sa conclusion.

Le gamestorming consiste à créer des univers dans le but d’explorer et examiner les défis de votre entreprise, améliorer la collaboration et découvrir de nouvelles conceptions du monde ainsi que les possibilités qui en découlent. Les univers du jeu représentent des réalités alternatives, des mondes parallèles que nous pouvons créer et explorer, uniquement limités par notre imagination. Un jeu peut être soigneusement conçu à l’avance ou inventé en un instant, à l’aide du matériel à notre disposition. Il peut durer 15 minutes ou plusieurs jours. Le nombre de jeux que l’on peut créer est, comme le nombre d’univers, infini. En imaginant, créant et explorant divers mondes virtuels, vous ouvrirez la voie à des idées révolutionnaires, à de réelles innovations.