Le nouveau régime IG diabète

Angélique Houlbert Jacques Médart · Chapitre 153 sur 158

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Le nouveau régime IG diabète

Annexe 3 - Comment se calcule l’IG

A N N E X E 3

 

COMMENT SE CALCULE

L’IG

 

après la consommation de différents aliments de nature glucidique. E N 1976, CRAPO, UN CHERCHEUR CALIFORNIEN DE L’UNIVERSITÉ Stanford en Californie, a commencé à s’intéresser à l’élévation de la glycémie

A partir de ses travaux, David Jenkins et Tom Wolever, professeurs à la faculté de nutrition et métabolisme de l’université de Toronto, établissent en 1981 la notion d’index glycémique qui sera développée par Jennie Brand-Miller, professeur de nutrition humaine à l’université de Sydney en Australie.

L’index glycémique mesure la biodisponibilité du contenu glucidique d’un aliment c’est-à-dire qu’il rend compte de la capacité d’un glucide à élever la glycémie. Cet index permet de considérer l’alimentation du diabétique de façon bien différente de celle qui prévaut aujourd’hui.

L’élévation de la glycémie suite à la prise d’un aliment glucidique dépend de deux facteurs essentiels :

• le temps de digestion de l’aliment : plus un aliment glucidique se digère vite, plus la quantité de glucose qu’il contient passe rapidement dans le sang et plus l’élévation de la glycémie sera importante. Or, la digestion d’un aliment glucidique varie fortement en fonction de sa composition : est-il plus ou moins pur, plus ou moins raffiné ou plus ou moins associé à des graisses ou à des protéines ?

• la quantité de glucides qu’il contient, ou plus exactement la quantité de glucose absorbable et libérable dans le sang après digestion.

 

INDEX GLYCÉMIQUE (IG) : UNE NOTION FON DA MEN TA LE

Si nous demandons à une personne non diabétique d’absorber, à jeun, une boisson contenant 50 g de glucose pur, nous pourrons constater, par des analyses de sang successives, que sa glycémie s’élève rapidement pour atteindre un sommet au bout d’une heure environ. Grâce à l’action de l’insuline, le taux de glucose sanguin redescendra lentement pour retrouver son niveau de base après trois heures et demie environ.

 

Elévation de la glycémie après la prise de 50 g de glucose chez une personne non

diabétique. 50g de glucose sont pris au temps zéro (0’). La glycémie s’élève et

revient au niveau de base après plus ou moins 3 heures ½

On peut dès lors estimer l’élévation globale de la glycémie en l’inscrivant dans un triangle ABC et, sur papier millimétré, calculer la surface de ce triangle (base x hauteur/2). Ce triangle d’élévation glycémique obtenu après la prise de 50 g de glucose pur sert de référence pour un individu donné (non diabétique).

 

Inscription dans un triangle de l’élévation glycémique obtenue après la prise

de 50 g de glucose chez une personne non diabétique. Le point A est déterminé

par le début de l’élévation de la glycémie, le point B par le pic de glycémie et le

point C par le moment du retour à la glycémie de départ.

Nous pouvons maintenant comparer à cette référence l’élévation glycémique produite chez le même individu par n’importe quel aliment contenant des glucides.

Il faut néanmoins comparer ce qui est comparable, c’est-à-dire non pas comparer des aliments poids pour poids mais bien des portions d’aliments qui contiennent les memes quantites de glucides .

Etudions, par exemple, l’élévation glycémique obtenue après avoir mangé une certaine quantité de bananes : nous disons bien une certaine quantité car il ne s’agit pas de comparer 50 g de glucose pur avec 50 g de bananes mais bien avec 50 g de glucides apportés par des bananes.

Il faut donc que nous connaissions au préalable quelle quantité de glucides les bananes contiennent. Qu’à cela ne tienne : une analyse nous permettra de savoir que le fruit en question contient 23 g par 100 g d’un mélange de glucides (saccharose, fructose, glucose et amidons). Pour notre test, nous devrons donc demander à notre cobaye de manger exactement 217 g de bananes qui apportent effectivement 50 g de glucides que nous allons comparer à l’effet produit sur la glycémie par 50 g de glucose pur.

Dès lors, nous mesurons de la même manière, chez le même individu,

l’élévation glycémique qui fait suite à ce repas constitué de 217 g de bananes.

Nous obtenons alors un profil d’élévation glycémique caractéristique de la

banane, nettement moins élevé que celui mis en évidence après l’absorption de glucose.

 

Elévation de la glycémie chez une personne non diabétique après la prise de 50 g

de glucose et après la prise de 50 g d’un autre glucide (en l’occurrence la banane).

La banane entraîne une élévation glycémique nettement inférieure à celle

provoquée par le glucose pur.

La surface d’élévation glycémique obtenue après la prise de l’aliment étudié

est également définie par un triangle dont on mesure la surface.

Comparaison des triangles d’élévation glycémique entre 50 g de glucose pur (pris

comme référence) et 217 g de bananes qui apportent également 50 g de glucides

Il est maintenant facile de calculer que la surface du triangle d’élévation glycémique provoqué par la prise de 50 g de glucides, apportés par 217 g de bananes, équivaut à 52 % de celle résultant de la prise de 50 g de glucose pur pris comme référence.

L’index glycémique de la banane est donc de 52.