Le nouveau régime IG diabète

Angélique Houlbert Jacques Médart · Chapitre 36 sur 158

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Le nouveau régime IG diabète

Alimentation occidentale : de plus en plus de sucre

un peu de pâtes ou trois pommes de terre.. - Dans la soirée, il a l’habitude de

prendre une orange et un bout de chocolat au lait : 30 g tout au plus. Trois

malheureux petits carrés.

Le bilan alimentaire informatisé nous calcule des apports journaliers moyens

à 2 550 kcal, soit pratiquement « normocaloriques ».

Néanmoins, Lucien pèse plus de 10 kilos de trop, accumulés au cours des deux

dernières années.

L’explication est la suivante : un bilan fouillé montre qu’avec son apport total

en glucides (320 g par jour, en moyenne), sa charge glycémique dépasse

allègrement les 200 g.

Lucien consultait dans le but de perdre du poids. Le bilan sanguin a mis un

diabète en évidence.

 

ALIMENTATION OCCIDENTALE : DE PLUS EN PLUS DE SUCRE

 

Tout au long de notre vie, l’alimentation fournit les substances nécessaires à nos cellules pour construire et transformer : près de 8 tonnes de viande et de poisson, 5 tonnes de légumes, probablement 15 000 œufs, 5 tonnes de pain, 2 000 livres de beurre et plus de 500 kilos de matières grasses végétales, éventuellement 2 500 pots de confiture, peut-être 500 pizzas, parfois aussi 500 croissants, 2 000 sachets de chips, 12 000 pommes et 3 tonnes d’autres fruits, 30 sacs de riz, 1 tonne de pâtes, 800 kilos de chocolat et plus de 1 000 kilos de sucreries diverses, 6 000 litres de lait contenus dans diverses préparations, 3 000 litres de bière, 8 000 litres de limonade, 4 000 bouteilles de vin et bien d’autres choses. C’est à peu près ce qu’ingurgite un Occidental moyen au long de sa vie pour apporter à ses cellules tout ce dont elles ont besoin… et aussi tout ce dont elles se passeraient bien !

En 1780, dans les pays européens occidentaux, la consommation de sucre

était d’environ 600 g par personne et par an. Cent ans plus tard, par l’introduction de la culture de la betterave sucrière, la consommation passait à 8 kilos pour en arriver, dans une progression fulgurante, en 1985, à 32 kilos en France, 38 kilos en Belgique, 41 kilos en Grande Bretagne et de 54 à 63 kilos aux États-Unis, selon les différents Etats ! Depuis lors, il est vrai, la consommation évolue vers une légère baisse en raison de l’émergence

d’une large gamme de substituts (lire « Quels édulcorants choisir »).

Ces chiffres ne tiennent compte que du sucre pur. Rappelons que la plupart

des sucreries et viennoiseries diverses cumulent sucre et graisses, ce qui en fait des cocktails explosifs. Parmi les aliments sucrés courants, seuls le sucre lui-même, les boissons sucrées, les confitures et les fruits ne contiennent pas de matières grasses.

La consommation d’amidons raffinés, notamment sous forme de pâtes

alimentaires et de biscuits divers a, elle aussi, considérablement progressé, de même que celle de desserts de type industriel et de sodas de toutes sortes. Le phénomène s’amplifie d’année en année. Cette nouvelle image de l’alimentation correspond au modèle que des épidémiologistes américains ont baptisé « la coca colonisation ».

Le Coca-Cola n’est pas, bien sûr, à lui seul, responsable de l’épidémie

d’excès pondéral mais les ventes de cette boisson sont en effet proportionnelles à la consommation, dans une région donnée, d’une alimentation qui privilégie les sucres, les glucides raffinés et les matières grasses. Dès lors, la pénétration dans une région donnée de cette boisson symbolique de « l’American Way of Life » s’accompagne simultanément de modifications profondes de l’environnement et des habitudes alimentaires qui aboutissent à l’apparition des maladies de civilisation : maladies cardiovasculaires, diabète, obésité...

Comme chez les animaux malades de la peste, « ils n’en mouraient pas tous,

mais tous étaient frappés ».