Le nouveau régime IG diabète
Les diabètes et non pas le diabète
LES DIABÈTES ET NON
PAS LE DIABÈTE
résultat commun : l’élévation de la glycémie, c’est-à-dire l’augmentation de la I L EXISTE DEUX TYPES DE DIABÈTE QUI CONSTITUENT DEUX maladies dont les causes sont fondamentalement différentes. Elles ont néanmoins un quantité de glucose dans le sang (ne parlons désormais plus de sucre !).
La glycémie est régulée de façon très précise par une hormone appelée « insuline », fabriquée par le pancréas et circulant dans le sang. Nous en détaillerons les effets multiples. Très schématiquement, l’insuline permet, entre autres, d’évacuer le trop-plein de glucose sanguin en ouvrant des portes de sortie
qui permettent à celui-ci de s’échapper de la circulation sanguine (voir schéma).
Le diabète de type 1 résulte d’une atteinte du pancréas. Les causes en sont encore mal connues. On évoque le plus souvent une maladie auto-immune : le système immunitaire, on ne sait trop pourquoi, détruit les zones du pancréas
chargées de la synthèse insulinique *. Dès lors, l’ouverture des portes d’évacuation du glucose n’est plus possible et celui-ci s’accumule dans le sang. La cause de cette maladie n’a aucun rapport avec l’alimentation. • Le diabète de type 1 débute souvent brutalement et survient surtout avant l’âge de 20 ans. On ne retrouve d’antécédent familial que dans un cas sur dix. Cette maladie nécessite impérativement des injections journalières d’insuline : le diabétique de type 1 est dit insulinodépendant. En d’autres termes, sa survie dépend d’injections quotidiennes.
• Le diabète de type 2 n’est pas dû à une insuffisance de sécrétion d’insuline : ce n’est pas le pancréas qui est malade mais ce sont les charnières des portes d’évacuation qui sont défectueuses et, dès lors, ces portes s’ouvrent de plus en
plus difficilement (lire Annexe 1). Cette évolution progressive oblige le
pancréas à fabriquer de plus en plus d’insuline pour vaincre cette résistance * jusqu’au jour où l’ouverture des portes devient insuffisante en dépit de sécrétions d’insuline importantes. Privé de ses portes de sortie, le glucose s’accumule alors dans le sang et la glycémie s’élève. A long terme, la situation peut évoluer vers un épuisement du pancréas qui synthétise alors de moins en moins d’insuline. Comme lors du diabète de type 1, le diabète de type 2 peut donc, lui aussi, mais c’est loin d’être toujours le cas, évoluer vers un état d’insulinodépendance et donc nécessiter des injections d’insuline.
Le diabète de type 2 est généralement une maladie d’évolution lente. Il est
souvent découvert fortuitement lors d’une prise de sang qui montre une glycémie élevée chez une personne qui, jusque-là, se porte bien. Cette personne présente aussi la plupart du temps un excès de poids. Contrairement au diabète de type 1, cette maladie est intimement liée au mode alimentaire.
Michelle, 32 ans
Michelle me téléphone pour un rendez-vous et me rappelle que nous nous sommes déjà vus il y a un peu plus de dix ans.
« Vous vous souvenez, à l’époque, vous m’aviez dit que je risquais un diabète. Et bien, je l’ai ! »
En consultant le dossier, je revois cette jeune dame d’un peu plus de vingt ans à l’époque, qui présentait un excès de poids qui restait toutefois loin des critères d’obésité. Comme on notait des antécédents familiaux de diabète, j’avais demandé un test de mesure de la glycémie et de l’insuline après prise de glucose. Si la glycémie restait dans les normes, l’insuline était très haute et je l’avais
avertie d’une évolution possible vers un diabète si elle continuait une telle
consommation de glucides : pâtes quasiment tous les jours, biscuits de toutes
sortes, limonades par litres et barres chocolatées en cas de petites fringales.
Essentiellement motivée par des considérations d’ordre esthétique (se préoccupe-
t-on du diabète à 20 ans ?), Michelle avait facilement perdu une douzaine de
kilos par un régime modérément restrictif, surtout axé sur une diminution de la
consommation de glucides. Méconnaissable et ravie, elle avait disparu dans la
nature et je n’avais pas eu l’occasion de contrôler son taux d’insuline après une
perte de poids et une alimentation beaucoup mieux équilibrée.
J’apprends, lors de notre nouveau rendez-vous que, rapidement, suite à deux
grossesses rapprochées au cours desquelles elle avait respectivement
pris 18 et 21 kilos, son poids avait grimpé en flèche et que, malgré plusieurs
tentatives de régimes plus ou moins farfelus, elle se situait à plus de vingt kilos
au-dessus du poids mesuré lors de notre première rencontre. Les pâtes,
limonades et autres viennoiseries avaient à nouveau fait surface dans
l’alimentation au quotidien.
A la suite d’une période de fatigue, le médecin traitant a fini par réaliser un
bilan sanguin qui mettait en évidence une glycémie à peine inférieure à 2 g par
litre de sang. Le diagnostic est sans appel : diabète de type 2 ! Cette situation
aurait pu être évitée !
Généralement, le diabète de type 2 est mis en évidence chez des personnes de plus de quarante ans. Autrefois, on parlait même de « diabète du vieillard » mais cette appellation doit être sérieusement revue : on découvre actuellement de plus en plus de diabètes de type 2 chez des adultes jeunes, des adolescents, voire des enfants. Ce phénomène est directement lié à l’épidémie d’obésité qui sévit, sans exception, dans tous les pays industrialisés.
Il faut ajouter que le diabète de type 2, sans revêtir un caractère purement héréditaire, se développe préférentiellement sur un terrain de prédisposition familiale.
On compte actuellement en France deux millions neuf cent mille
diabétiques, soit une personne sur 22 et différentes études permettent d’estimer entre 600 000 et 800 000 le nombre de diabétiques qui s’ignorent. L’énorme majorité des diabétiques (92 %) se rattachent au type 2. C’est dans ce groupe que le nombre de malades croît à un rythme effréné, bien sûr en raison du vieillissement de la population, mais aussi et surtout parce que l’âge du diagnostic ne cesse de baisser, notamment en raison de l’augmentation du nombre de personnes en excès pondéral et de la baisse du niveau d’activité physique. La prévalence du diabète de type 1, elle, reste en rapport avec l’accroissement de la population.
L’International Diabetes Federation nous livre ces données très
préoccupantes. Si on évalue actuellement à plus de 190 millions le nombre de diabétiques dans le monde, ce chiffre sera quasiment doublé d’ici 2030 d’après les épidémiologistes : 370 millions de cas sont prévus, soit une augmentation de 6 millions par an, essentiellement des diabétiques de type 2.
Quoi qu’il en soit, même si diabète de type 1 ou 2 n’ont pas la même
origine, le résultat est le même : une insuffisance de sécrétion d’insuline ou la sécrétion d’une insuline peu efficace aboutissent dans les deux cas à une élévation anormale de la glycémie en l’absence de mesures adéquates. Les diabétiques de type 1 et 2 sont logés à la même enseigne et risquent les mêmes complications.
En 1997, un comité international d’experts a d’ailleurs clairement défini le
diabète comme une maladie dont le diagnostic doit être posé si la glycémie à jeun, contrôlée à deux reprises, est supérieure à 1,26 g de glucose par litre de sang. Les deux types de diabète ont été volontairement confondus lors de l’établissement de ce critère.
Le diabète, qu’il soit de type 1 ou de type 2, est
clairement défini par une glycémie à jeun
supérieure à 1,26 g de glucose par litre de sang.
Le diabète est une étrange maladie : bien comprise et bien jugulée, elle n’empêche pas d’être en bonne santé ; mal prise en charge, elle peut entraîner des effets redoutables. Connaissez-vous bien l’origine de ces complications ? Savez-vous pourquoi une concentration trop élevée de glucose est nocive ? Il est étonnant, lors de la rencontre avec un diabétique, de voir combien il est peu au courant de sa propre maladie. Parallèle étonnant avec l’information massive concernant les méfaits du tabac.
* C’est-à-dire les cellules bêta du pancréas
* On parle dès lors d’« insulinorésistance »
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