Le nouveau régime IG diabète

Angélique Houlbert Jacques Médart · Chapitre 4 sur 158

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Le nouveau régime IG diabète

Sucres lents, sucres rapides : des notions complètement dépassées

Lors de la dernière consultation, elle s’est sentie obligée de mentir en lui disant

qu’elle continuait des injections d’insuline trois fois par jour aux doses

initialement prescrites.

A la consultation du petit carnet de bord, le diabétologue a jugé les glycémies

excellentes et lui a conseillé de continuer dans la même voie. Les

polyneuropathies ne sont guère améliorées. Elles sont irréversibles. On aurait

peut-être pu les éviter en instaurant des mesures diététiques adéquates plus

précoces.

En attendant, nous espérons éviter à Maria, par la consommation d’une

alimentation différente, l’installation progressive d’une cécité, d’une insuffisance

rénale ou l’amputation d’un pied diabétique.

A soixante-douze ans, Maria a encore envie de voir l’Italie.

 

Le cas de Maria est édifiant. Il montre à quel point les conseils nutritionnels qui lui ont été donnés sont inadéquats et à quel point la confusion est de mise quant à la notion de « sucres » rapides (le sucre courant et les « sucres » des fruits) ou lents (les amidons du pain, des pâtes, des céréales, des tubercules et des légumineuses).

 

SUCRES LENTS, SUCRES RAPIDES : DES NOTIONS COMPLÈTEMENT DÉPASSÉES

 

On sait aujourd’hui que certains « sucres rapides » n’entraînent qu’une élévation modérée de la glycémie ; au contraire, certains « sucres lents » amènent une élévation importante du taux de glucose sanguin.

Un morceau de vrai sucre n’a pratiquement aucune influence sur la glycémie, mais :

• Une grappe de raisin de 250 g provoque la même élévation glycémique que 7 morceaux de sucre de 5 g chacun • Un grand bol de céréales (qui, grâce à une astucieuse politique publicitaire, constituent désormais la base d’un petit déjeuner parfait) équivaut à 9 sucres

• Un petit sachet de riz blanc ou 200 g de pommes de terre cuites à l’eau équivalent à 10 sucres

• Une demi-baguette équivaut à 14 sucres

• Une assiette à soupe de pâtes (on les consomme maintenant en plat principal) équivaut à 15 sucres alors que les pâtes sont encore classées parmi les « sucres lents »

• Une grande pizza équivaut à 22 sucres (on ne sait pas trop si les pizzas s’adaptent au diamètre grandissant des assiettes ou si les assiettes s’adaptent au diamètre grandissant des pizzas)

Ces quelques exemples interpellants font appel aux notions d’« index

glycémique » et de « charge glycémique » qui constituent une véritable révolution dans l’alimentation du diabétique. Grâce à ces notions, nous allons voir qu’il n’y a plus d’aliments interdits !

Le principe de base de ce nouveau concept n’est pas d’interdire

formellement la consommation de sucre mais d’endiguer l’élévation de la glycémie par une consommation harmonieuse et adéquate d’aliments fournisseurs de glucose.

D’une part, pour des quantités identiques, ces aliments glucidiques

n’entraînent pas tous une même élévation de la glycémie. Ils sont définis qualitativement par leurs index glycémiques. D’autre part, l’élévation glycémique dépend fortement des portions consommées, définies quantitativement par la charge glycémique .

Enfin, l’alimentation de tous les jours est un puzzle complexe fait de

milliers de substances chimiques différentes (glucides, lipides, protéines, vitamines, sels minéraux, antioxydants…) dont certaines ont des effets favorables, d’autres des effets délétères, sur l’équilibre du diabète.

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