Le nouveau régime IG diabète

Angélique Houlbert Jacques Médart · Chapitre 64 sur 158

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Le nouveau régime IG diabète

Partie V: - L’informatique au Service du Diabétique

PA RT I E V

 

L’INFORMATIQUE

 

AU SERVICE

 

DU DIABÉTIQUE

 

OceanofPDF.com

POURQUOI UN LOGICIEL

 

Hubert, 60 ans

 

Le diabète de type 2 de Hubert a été mis en évidence il y a plus de dix ans. Il est

traité par une combinaison de comprimés d’antidiabétiques oraux à fortes doses

et suit rigoureusement le régime qui lui a été prescrit par une diététicienne. Le

matin, un peu de pain complet avec un petit-suisse. A midi, un repas cuisiné :

pas plus de 120 g de viande, beaucoup de légumes et une portion réduite de

féculents. Un ou deux fruits dans l’après-midi, un peu de pain complet très

légèrement beurré accompagné d’une tranche de jambon ou de fromage au repas

du soir, régulièrement complété par une salade de légumes de saison.

Son hémoglobine glyquée à 7,3 % témoigne d’une glycémie souvent trop élevée

(lire « L’hémoglobine glyquée» et « Rosanne»).

Hubert a toujours présenté une surcharge pondérale mais, de 90 kilos lors de

son service militaire à 20 ans, il se situe aujourd’hui à 105,1 kilos

pour 1 m 74 (soit un IMC à 34,7 à la limite d’une obésité de grade II). Il a

pris plus de 5 kilos au cours de l’année écoulée. L’encodage des différents

aliments consommés permet le calcul informatique des apports caloriques qui se

situent à peine à 1950 kcal quotidiennes pour des besoins estimés à 2430 kcal,

établis en fonction des paramètres : sexe, âge, taille et niveau d’activité

physique. La charge glycémique avoisine 80 pour des besoins estimés à 114 :

Hubert réunit donc toutes les conditions qui lui permettraient de perdre du poids, lentement mais sûrement.

Il grossit.

- « Et comme boissons : pas de bière ? Pas d’alcool ? Pas de limonades ?- « Jamais une bière. Jamais un apéritif. Jamais un verre de vin. Jamais un alcool. Du café noir, de l’eau et juste un peu de menthe à l’eau mais vraiment très, très diluée ».

On pourrait en rester là.

Je dessine maladroitement un verre à eau.

- « Vous pouvez me montrer la quantité de sirop de menthe que vous mettez dans un verre comme celui-là ? »

Hubert trace un trait qui correspond à peine au dixième du verre.- « Vous voyez, ce n’est vraiment pas grand-chose ».

J’estime la quantité à une vingtaine de grammes de sirop.- « Et vous en buvez combien de verres par jour ?

- « Ben, ça dépend s’il fait chaud ou s’il fait froid. Disons sept ou huit ? » Le calcul est instantané. L’introduction de huit verres de menthe à l’eau dans le logiciel d’analyse fait grimper les données en flèche : la charge glycémique monte à plus de 160 et les apports énergétiques dépassent les 2450 kcal. Le logiciel a en effet calculé que 160 g de sirop, à raison de 75 g de sucre par 100 g, représentent 120 g de sucre dont l’IG de 68 permet de calculer une CG de (120 x 68) : 100 = 81,6 ! La menthe à l’eau consommée par Hubert double sa charge glycémique journalière tout en lui apportant près de 500 kcal de plus. Sans être nettement hypercalorique, ce type d’alimentation, en particulier chez une personne hyperinsulinémique, ne peut que générer une prise de poids (lire

« Deux poids, deux diabètes »). L’hémoglobine glyquée élevée s’explique à elle seule par une charge glycémique excessive entraînant chroniquement une hyperglycémie tout au long de la journée.

- « Et vous avez toujours bu de la menthe à l’eau ?

- « Depuis mon service militaire. Je n’ai jamais bu d’alcool ! »

Depuis lors, Hubert va bien. L’arrêt de la consommation de sirop de menthe a

permis, au bout de six mois, une normalisation totale de son hémoglobine

glyquée et une perte de 7 kilos, sans aucune autre modification de ses habitudes

alimentaires.

Cette anecdote m’en rappelle une autre, inoubliable, qui fait partie des

souvenirs les plus étonnants de ma carrière de médecin nutritionniste.

J’étais débutant. J’avais affaire à une dame qui consultait pour excès pondéral.

C’était un euphémisme. Elle dépassait largement les 120 kilos et était de petite

taille. Je lui avais proposé un régime classique assez strict (exactement à l’opposé

de mon attitude actuelle) mais, de consultation en consultation, la balance

affichait toujours à peu de chose près le même poids. Pourtant, cette brave dame

me répétait immuablement qu’elle suivait à la lettre le régime prescrit.

J’avais défini exactement toutes les quantités de matières grasses, lui avais

recommandé de consommer des légumes en abondance, de réduire les féculents

et, entre autres, je lui avais conseillé « du poisson » une ou deux fois par

semaine.

Perplexe, je lui demande ce qu’elle avait précisément mangé la veille. Le petit

déjeuner est parfaitement bien équilibré. Elle prend un repas cuisiné à midi.

- « Et, hier, qu’est-ce que vous avez mangé ?

- « Ben, depuis que vous me l’avez conseillé, je mange plus de poisson et, hier,

j’ai fait du sauret doux ».

Le sauret est un plat un peu tombé en désuétude. C’est un grand hareng salé et

fumé.

Je ne sais trop quoi dire.

- « Ah, du sauret, c’est gras comme poisson !

- « Ah bon. Mais vous m’avez dit que la plupart du temps, le poisson, même

gras, était souvent plus maigre que la plupart des viandes. Et puis je prépare le

sauret doux pratiquement sans matière grasse ».

A tout hasard, je lui demande si c’était un grand sauret doux et elle me répond :

- « Il y en avait des grands et d’autres plus petits ».

Là, j’écarquille les yeux :

- « Comment ça, des grands et des petits ? Vous en avez mangé combien ?- « Ben, six ! »

Et devant mon air effaré, elle me dit :

- « Vous trouvez que c’est beaucoup ? Mon mari en mange neuf ! »

 

Seul un bilan alimentaire précis est indicatif. Cette précision ne peut être

atteinte par une simple vue globale de l’alimentation.

L’informatique a révolutionné le monde, y compris celui de la nutrition.

L’usage d’un logiciel d’analyse alimentaire, grâce à ses calculs instantanés, permet aujourd’hui de voir l’alimentation avec d’autres yeux. Les listes d’aliments interdits ou autorisés sont aujourd’hui désuètes : fini le temps où l’on conseillait la consommation de fruits (« les fruits sont riches en vitamines et ne font pas grossir »), de pâtes (« les pâtes sont des sucres lents et ont un index glycémique peu élevé »), de poisson (nous venons de voir l’exemple du sauret doux) ou d’huile d’olive (qui protège des maladies cardiovasculaires) et où l’on interdisait la consommation de sucre ou de beurre sans tenir compte des quantités consommées.

Aujourd’hui, l’information qualitative concernant un aliment se doit d’être

mise en relation avec l’aspect quantitatif de sa consommation.

Du coup, la médecine nutritionnelle apporte bien des surprises. Vous verrez, par exemple des personnes qui, confortées par les

recommandations qui préconisent la consommation journalière de cinq portions de fruits et de légumes font, en saison, leur « cure » de cerises et en consomment jusqu’à un kilo par jour. Résultat : une CG de 80… et 570 kcal !

Vous rencontrerez aussi de grands consommateurs de pâtes qui oublient

que leur portion de spaghetti à la bolognaise renferme aussi de la viande, de l’huile et du fromage. Résultat : une charge glycémique élevée combinée à un apport calorique qui peut frôler les 1500 kcal : cocktail idéal pour la prise de poids !

Un jour, il m’est arrivé de déjeuner avec une personne tellement convaincue des vertus de l’alimentation crétoise qu’elle se faisait servir une pleine saucière d’huile d’olive dont elle arrosait généreusement son poisson grillé. Elle m’avait confié ses problèmes cardiovasculaires et elle se sentait bien mieux depuis un pontage coronaire récent. Je n’ai pas pu m’empêcher d’estimer la « dose » à cinq cuillers à soupe. Effectivement : plus de 50 g de monoinsaturés… mais aussi 11 g de saturés et plus de 650 kcal rien que pour cette huile. Elle était obèse.

Aucun nutritionniste au monde ne peut se targuer de connaître de façon exhaustive la composition de plus de 400 aliments courants et de calculer instantanément les apports en différents acides gras ou vitamines.

Les apports caloriques ne doivent pas être négligés non plus : les apports énergétiques sont-ils en adéquation avec les besoins dans la mesure où ceux-ci

sont éminemment variables d’une personne à l’autre ? (lire « Déterminez vos

besoins caloriques »)

En outre, selon les recommandations de l’OMS, les apports caloriques doivent idéalement être répartis entre 50 et 55 % de glucides, 30 à 35 % de lipides et 15 % de protéines. Les lipides eux-mêmes doivent idéalement comporter des proportions différentes d’acides gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés.

Des apports minima en vitamines et en oligoéléments doivent en outre satisfaire ce qu’il est convenu d’appeler les AQR (apports quotidiens recommandés).

Toutes ces données sont établies en fonction de formules complexes faisant intervenir différents paramètres qui ne peuvent être gérés instantanément que par un logiciel sans lequel il est à peu près impossible d’analyser précisément les apports alimentaires.

Nous avons conçu un logiciel informatique Nutripro 7, d’utilisation extrêmement simple, qui permet, tant au professionnel qu’au profane, une analyse détaillée de l’alimentation.

 

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