Le nouveau régime IG diabète

Angélique Houlbert Jacques Médart · Chapitre 2 sur 158

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Le nouveau régime IG diabète

Sucre, glucose, glucide, glycémie : de quoi parle-t-on ?

 

Dans bien des cas, les conseils diététiques donnés au diabétique se limitent à ceci : « Pas de sucre ! ». Consigne évidente a priori. Ne dit-on pas couramment que le diabétique a trop de sucre dans le sang ? Mais ceci provient d’une erreur étymologique qui peut entraîner de fâcheuses confusions.

Ouvrons le dictionnaire à la page du mot « sucre ». Il y est clairement défini comme « unité monétaire principale de l’Equateur » ou encore comme : « substance alimentaire de saveur douce, extraite, sous forme de fins cristaux, de la canne à sucre et de la betterave à sucre. Nom scientifique : saccharose ».

Pas une seule pièce de monnaie équatorienne ni une seule molécule de saccharose ne circule dans le sang du diabétique (pas plus que dans le sang de n’importe qui, d’ailleurs).

 

Le diabétique n’a donc pas trop de sucre dans le

sang, mais bien trop de glucose.

 

La différence est fondamentale : le glucose est dans votre sang et le sucre est dans l’armoire de votre cuisine.

Le nom scientifique du sucre est « saccharose ». Il n’y a pas de sucre dans le sang mais bien du « glucose » qui est un autre glucide. La mesure du taux de glucose dans le sang donne une valeur qu’on appelle « la glycémie ».

S’il est vrai que le saccharose contient effectivement du glucose, celui-ci fait aussi partie de la composition de bien d’autres aliments rattachés à la grande famille des glucides : le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales, les légumineuses, les fruits, le lait, les biscuits, etc.

Tout glucide donne du glucose après digestion.

Tout glucide est donc susceptible d’alimenter la

glycémie trop élevée du diabétique.

 

Nous avons connu le temps, dans les années 1970, où certains diététiciens

n’interdisaient pas seulement le sucre au diabétique mais limitaient aussi de façon draconienne la consommation de tout glucide : pain, pâtes, riz, pommes de terre et fruits.

L’alimentation, réduite à sa plus simple expression, devenait alors une

épouvantable contrainte et l’on en arrivait inévitablement à pallier cette forte limitation d’apports glucidiques par une alimentation plus riche en graisses : il faut tout de même bien manger quelque chose !

Les consignes ont évolué. Les progrès réalisés sur la qualité des insulines

injectables et sur celle des comprimés d’antidiabétiques oraux ont relégué au second plan les mesures diététiques qui se limitent souvent aujourd’hui à l’abstention de sucre et de produits sucrés.

Comme d’habitude, le discours médical actuel se veut court, progressiste et

brillant : diagnostic, conduite à suivre, traitement, guérison.

Toutefois, cette attitude, appliquée aux conseils nutritionnels, aboutit à une

simplification abusive qui prête à confusion : tous les glucides sont appelés « sucres » et les fiches diététiques remises au diabétique se confinent encore bien souvent dans des listes d’aliments autorisés ou interdits. L’essentiel est le traitement par médicaments.

Au risque de passer pour un provocateur anticonformiste, je vous dirai

ceci :

 

Le diabétique pourrait manger comme tout le

monde pour autant que tout le monde mange

bien !