Le club des incorrigibles optimistes

Jean-Michel Guenassia · Chapitre 1 sur 103

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Le club des incorrigibles optimistes

Partie Avril 1980

Avril 1980

 

Aujourd’hui, on enterre un écrivain. Comme une dernière manifestation. Une foule inattendue, silencieuse, respectueuse et anarchique bloque les rues et les boulevards autour du cimetière Montparnasse. Combien sont-ils ? Trente mille ? Cinquante mille ? Moins ? Plus ? On a beau dire, c’est important d’avoir du monde à son enterrement. Si on lui avait dit qu’il y aurait une telle cohue, il ne l’aurait pas cru. Ça l’aurait fait rire. Cette question ne devait pas beaucoup le préoccuper. Il s’attendait à être enterré à la sauvette avec douze fidèles, pas avec les honneurs d’un Hugo ou d’un Tolstoï. Jamais dans ce demi-siècle, on n’avait vu autant de monde pour accompagner un intellectuel. À croire qu’il était indispensable ou faisait l’unanimité. Pourquoi sont-ils là, eux ? Pour ce qu’ils connaissent de lui, ils n’auraient pas dû venir. Quelle absurdité de rendre hommage à un homme qui s’est trompé sur tout ou presque, fourvoyé avec constance et a mis son talent à défendre l’indéfendable avec conviction. Ils auraient mieux fait d’aller aux obsèques de ceux qui avaient raison, qu’il avait méprisés et descendus en flammes. Pour eux, personne ne s’est déplacé.

Et si, derrière ses échecs, il y avait autre chose, d’admirable, chez ce petit homme, cette rage de forcer le destin avec son esprit, d’avancer envers et contre toute logique, de ne pas renoncer malgré la certitude de la défaite, d’assumer la contradiction d’une cause juste et d’un combat perdu d’avance, d’une lutte éternelle, toujours recommencée et sans solution. Impossible de rentrer dans le cimetière où on piétine les tombes, escalade les monuments et renverse les stèles pour s’approcher plus près et voir le cercueil. On dirait l’inhumation d’une vedette de la chanson ou d’un saint. Ce n’est pas un homme qu’on porte en terre. C’est une vieille idée qu’on ensevelit avec lui. Rien ne changera et nous le savons. Il n’y aura pas de société meilleure. On l’accepte ou on ne l’accepte pas. Ici, on a un pied dans la tombe avec nos croyances et nos illusions disparues. Une foule comme une absolution pour l’expiation des fautes commises par idéal. Pour les victimes, ça ne change rien. Il n’y aura ni excuse, ni réparation, ni inhumation de première classe. Qu’y a-t-il de pire que de faire le mal quand on voulait faire le bien ? C’est une époque révolue qu’on porte en terre. Pas facile de vivre dans un univers sans espoir.

À cet instant, on ne règle plus de comptes. On ne fait pas de bilan. On est tous égaux et on a tous tort. Je ne suis pas venu pour le penseur. Je n’ai jamais compris sa philosophie, son théâtre est indigeste et ses romans, je les ai oubliés. Je suis venu pour de vieux souvenirs. La foule m’a rappelé qui il était. On ne peut pas pleurer un héros qui a soutenu les bourreaux. Je fais demi-tour. Je l’enterrerai dans un coin de ma tête.

 

Il y a des quartiers mal famés qui vous renvoient dans votre passé et où il est préférable de ne pas traîner. On croit qu’on oublie parce qu’on n’y pense pas mais il ne demande qu’à revenir. J’évitais Montparnasse. Il y avait là des fantômes dont je ne savais pas quoi faire. J’en voyais un devant moi dans la contre-allée du boulevard Raspail. J’ai reconnu son pardessus inimitable en chevrons clairs, façon Humphrey Bogart années cinquante. Il y a des hommes qu’on mesure à leur façon de marcher. Pavel Cibulka, l’orthodoxe, le partisan, le roi du grand écart idéologique et des blagues à deux balles, altier et fière allure, avançait sans se presser. Je l’ai dépassé. Il avait épaissi et ne pouvait plus fermer son manteau. Ses cheveux blancs en bataille lui donnaient un air d’artiste.

– Pavel.

Il s’est arrêté, m’a détaillé. Il a cherché dans sa mémoire où il avait vu ce visage. Je devais évoquer une vague réminiscence. Il secoua la tête. Je ne lui rappelais rien.

– C’est moi… Michel. Tu te souviens ?

Il me scruta, incrédule, toujours méfiant.

– Michel ?… Le petit Michel ?

– Arrête, je suis plus grand que toi.

– Le petit Michel !… Ça fait combien de temps ?

– La dernière fois qu’on s’est vus, c’était ici, pour Sacha. Ça fait quinze ans.

On est restés silencieux, embarrassés par nos souvenirs. On est tombés dans les bras l’un de l’autre. Il m’a serré fort contre lui.

– Je ne t’aurais pas reconnu.

– Toi, tu n’as pas changé.

– Ne te moque pas de moi. J’ai pris cent kilos. À cause des régimes.

– Je suis heureux de te revoir. Les autres ne sont pas avec toi ? Tu es venu seul ?

– Je vais au boulot, moi. Je ne suis pas retraité.

Son accent traînant de Bohême s’était fait véhément. On est allés au Sélect, une brasserie où tout le monde avait l’air de le connaître. À peine étions-nous assis, le serveur lui apportait, sans qu’il ait rien commandé, un café serré avec un pot de lait froid et prenait ma commande. Pavel s’est penché pour attraper la boîte à croissants sur la table voisine et, ravi, en a englouti trois, parlant la bouche pleine avec une infinie distinction. Pavel avait fui la Tchécoslovaquie depuis près de trente ans et vivait en France dans des conditions précaires. Il avait échappé in extremis à la purge qui avait emporté Slansky, l’ancien secrétaire général du parti communiste et Clementis, son ministre des Affaires étrangères dont il était un proche collaborateur. Ancien ambassadeur en Bulgarie, auteur d’un ouvrage de référence, La Paix de Brest-Litovsk : diplomatie et révolution, dont aucun éditeur parisien ne voulait, Pavel était gardien de nuit dans un hôtel à Saint-Germain-des-Prés où il vivait dans une petite chambre au dernier étage. Il espérait retrouver son frère aîné qui avait gagné les États-Unis à la fin de la guerre et attendait un visa qui lui était refusé à cause de son passé.

– Ils ne me donneront pas mon visa. Je ne reverrai pas mon frère.

– Je connais un attaché à l’ambassade. Je peux lui en parler.

– Ne te casse pas la tête. J’ai un dossier aussi gros que moi. Il paraît que je suis un des fondateurs du Parti communiste tchécoslovaque.

– C’est vrai ?

Il a haussé les épaules, fataliste.

– Quand tu étais étudiant à Prague dans les années trente, l’alternative était claire. Tu étais soit pour les exploiteurs, soit pour les exploités. Je n’ai pas choisi mon camp. Je suis né dedans. J’étais jeune, convaincu qu’on avait raison, qu’il n’y avait pas d’autre solution pour notre pays. C’est vrai : j’ai été un responsable du Parti. J’avais un diplôme en droit. Je croyais que l’éducation des masses et l’électricité allaient accoucher d’un homme nouveau. On ne pouvait pas imaginer que le communisme allait nous broyer. Le capitalisme, on en était sûr. Pendant la guerre, c’était évident. Tu étais soit pour les communistes, soit pour les fascistes. Ceux qui n’avaient pas d’opinion, tant pis pour eux. On avançait avec enthousiasme. Je ne me suis pas posé la question. Après la libération, rien ne s’est passé comme on l’espérait. Aujourd’hui, que mes amis aient été pendus, que ma famille ait été tourmentée jusqu’à ce qu’elle me renie, ils s’en foutent. Ils ne veulent pas d’un vieux coco et j’ai décidé de les emmerder. Chaque année, je dépose une demande de visa. Ils refusent. Ça ne fait rien, je continue.

– Dis-moi, Pavel, tu n’es plus communiste ?

– Encore et toujours !

– C’est l’échec total. Ça s’écroule de partout.

– Le communisme est une belle idée, Michel. Le mot camarade a un sens. Ce sont les hommes qui sont mauvais. Si on leur avait laissé le temps, Dubˇcek et Svoboda y seraient arrivés. Remarque, la roue est en train de tourner pour moi.

– Pourquoi ?

– Figure-toi que j’ai écrit à Cyrus Vance, le secrétaire d’État de Jimmy Carter. Il m’a répondu. Tu te rends compte ?

De son portefeuille, il sortit avec délicatesse une lettre restée dans son enveloppe d’origine et me la donna à lire. Cyrus Vance répondait à son courrier du 11 janvier 79 en lui disant qu’il le transmettait au service compétent.

– Qu’en penses-tu ? demanda-t-il.

– C’est une formule type. Il ne s’engage pas beaucoup.

– En vingt-cinq ans, c’est la première fois qu’ils réagissent. C’est un signe. Cyrus Vance, ce n’est pas un républicain, c’est un démocrate.

– Avant, tu n’avais pas de réponse ?

– J’étais con, j’écrivais au président des États-Unis. Il n’a pas le temps de répondre à ceux qui lui écrivent. C’est Imré qui m’a conseillé d’écrire au secrétaire d’État.

– Tu as peut-être frappé à la bonne porte. S’ils refusent encore, que vas-tu faire ?

– Je ne suis plus tchèque. Je ne suis pas français. Je suis apatride. C’est la pire des situations. Tu n’existes pas. Je garde un petit espoir de revoir mon frère. Lui, il est américain. On se téléphone une fois par an pour se souhaiter une bonne année. Il est contremaître dans le bâtiment. Il a une famille. Il vit bien. Il n’a pas les moyens de venir en Europe. Je ferai une nouvelle demande l’année prochaine. Et la suivante.

Petit à petit, la brasserie s’était remplie d’une foule venue se reposer après les funérailles. Un groupe se dirigea vers notre table. Une femme voulut investir notre banquette.

– La place est libre ?

– C’est pris !

La femme recula, surprise par son ton agressif. Le petit groupe s’éloigna.

– Non mais je rêve ! Tu as vu cette bande de cons qui se déplacent pour ce connard. Ils ont de la merde dans la tête ou quoi ?

– C’était un symbole.

– Moi, j’irai pisser sur sa tombe. Il ne mérite rien d’autre. Y a pas de quoi être fier.

– Il ne pouvait pas se renier.

– Il savait. Depuis Gide et Rousset. Je lui ai raconté pour Slansky et Clementis. Il n’a rien dit. Il savait pour Kravchenko. Il a condamné Kravchenko. Tu expliques ça, toi ? Hurler avec la meute. Mépriser les martyrs. Nier la vérité. Ce n’est pas être complice ? C’était un salaud.

Il est resté pensif, le front penché, le visage contracté.

– Je suis mal placé pour donner des leçons, je ne devrais pas dire ça.

– Je ne comprends pas.

– La moindre des choses, c’est d’avoir la reconnaissance du ventre. On survivait avec le pognon qu’ils nous filaient. Sans eux, on n’y serait pas arrivés.

– Qui vous filait du pognon ?

Pavel m’a regardé en coin comme si je faisais l’imbécile. Il a vu que j’étais sincère.

– Tous les deux. Kessel et Sartre. Ils nous pistonnaient pour des traductions, des petits boulots. Ils connaissaient plein de gens. Ils nous recommandaient à des revues, à des directeurs de journaux. On faisait des piges. Si on était raides, c’est eux qui payaient le proprio ou les huissiers. Comment on aurait pu s’en sortir ? On n’avait pas une thune. On avait tout perdu. S’ils ne nous avaient pas aidés, on aurait fini sous les ponts. Ça a été plus dur quand il est devenu aveugle et qu’il n’est plus sorti de chez lui. Il y a deux ans, ils ont dépanné Vladimir, tu te souviens de lui ?

– Comme si c’était hier.

– Il a eu des ennuis.

Ça le démangeait de me raconter. Je revoyais Vladimir Gorenko dans l’arrière-salle du Balto en train de distribuer ses victuailles.

– Que lui est-il arrivé à Vladimir ?

– Avant de passer à l’Ouest, il dirigeait le complexe pétrolier d’Odessa. À son arrivée, il a obtenu le statut de réfugié politique. Il n’a pas trouvé de travail. Aucune entreprise dans le pétrole n’a voulu de lui. Même ceux qu’il connaissait et avec qui il était en affaires. Personne n’a bougé le petit doigt pour l’aider. Tu sais pourquoi ? Ils avaient peur de Moscou. S’ils l’embauchaient, ils se mettaient mal avec eux. Ils gueulaient contre les cocos et ils faisaient du business avec eux. Marcusot, le patron du bistrot, tu te rappelles, c’était un brave homme, il lui avait trouvé une chambre de bonne chez un charcutier de la rue Daguerre. Vladimir s’occupait de sa comptabilité.

– Il le payait en nature avec des saucissons et des plats cuisinés. Enfin payer, c’est beaucoup dire, Vladimir râlait parce qu’il lui donnait les restes qu’il aurait jetés.

– On en a profité. Vladimir partageait avec nous. D’autres commerçants lui ont demandé de s’occuper d’eux. Petit à petit, il s’est fait une clientèle. Ça marchait bien. Ça n’a pas plu aux comptables du quartier qui ont déposé plainte. Vladimir, il a un paquet de qualités sauf que c’est un polytechnicien. Il a toujours raison. Ce n’est pas un diplomate, si tu vois ce que je veux dire. Quand les flics ont débarqué, au lieu de faire l’imbécile et profil bas, il s’est énervé et les a pris de haut : « Je n’ai pas eu peur du KGB et je suis sorti vivant de Stalingrad, ce n’est pas vous qui allez m’impressionner. Je travaille, je paie mes impôts et je vous emmerde ! » Il n’a rien écouté. Il a continué malgré les avertissements. Tu ne me croiras pas, ils l’ont mis en taule. Pour exercice illégal de la profession d’expert-comptable. Il a engueulé le juge d’instruction. Il a fait quatre mois de préventive. Tu te rends compte ? Un type qui parle six ou sept langues. Ils ont fermé son cabinet. Ça a été la faillite. D’après toi, qui l’a aidé ? Kessel est allé voir le juge et Sartre a payé l’amende.

– Et qu’est-ce qu’il fait maintenant ?

– Il bosse chez le comptable qui l’a dénoncé et il a récupéré sa clientèle. Il n’a pas le droit de passer le diplôme.

– Deux ou trois fois, Sacha l’avait évoqué. Je n’avais pas compris qu’ils vous aidaient.

– Je ne savais pas que tu étais ami avec Sacha. Je croyais que tu étais ami avec Igor. Sacha, personne ne l’aimait. C’était…

À ma façon de le regarder, Pavel s’est arrêté. On est restés là, silencieux, dans le brouhaha, avec ces souvenirs qui revenaient nous tirailler.

– J’étais ami avec les deux.

– On ne pouvait pas être ami avec les deux. C’était impossible.

– Pour moi, c’était possible. Un jour, Sacha m’a dit que Kessel lui avait payé le loyer de sa chambre de bonne. Il avait encore du retard et il n’osait pas lui demander.

– Kessel avait grand cœur. Jusqu’à la fin, l’année dernière, il nous a dépannés. Tu vois, moi aussi, je me comporte comme un petit salaud. Il ne faut rien espérer de personne. Tu fais le bien et on te crache à la gueule. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à oublier ce que Sartre a dit, ce qu’il a laissé dire et surtout ce qu’il n’a pas dit. C’est pour ça qu’on ne l’aimait pas trop. C’était un sale con, un révolutionnaire de salon, mais il était généreux. L’argent, ça ne compense pas.

– Pendant toutes ces années, je n’ai rien vu. J’étais jeune. J’avais l’impression qu’il t’appréciait.

– Je lui racontais des blagues. Ça le faisait marrer. Lui qui avait une si bonne mémoire, il ne s’en souvenait jamais et me demandait de les lui répéter.

– Je me souviens de Leonid et de sa blague sur Staline et le soleil.

– Vas-y, raconte, j’aimerais l’écouter pour une fois.

– Attends, il faut que je m’en souvienne. C’est Staline, un matin, il se lève. Il fait très beau. Il s’adresse au soleil : Soleil, dis-moi qui est le plus beau, le plus intelligent, le plus fort ? Le soleil n’hésite pas une seconde : C’est toi ô Staline, lumière de l’univers ! À midi, Staline remet ça : Dis-moi Soleil, qui est le plus brillant, le plus génial, le plus remarquable homme de tous les temps ? Le soleil confirme : C’est toi ô immense Staline. Avant le dîner, Staline ne peut résister au plaisir de redemander au soleil qui est le meilleur communiste du monde. Le soleil lui répond : T’es qu’un malade, Staline, un psychopathe, un fou furieux et je t’emmerde, maintenant je suis passé à l’Ouest !

Pavel a éclaté de rire comme s’il l’entendait pour la première fois.

– Tu racontes mal les blagues. Les Français ne savent pas les raconter. Quand Leonid la racontait, ça durait une heure.

– C’est vrai. C’était extraordinaire. Tu crois vraiment qu’il l’a racontée à Staline ?

– C’est ce qu’il dit. Leonid, ce n’est pas le genre à se vanter. Dis-moi, tu étais ami avec lui, si je me souviens ?

– Très ami. J’aimerais le revoir.

– Pourtant, il haïssait Sacha.

– Ce sont de vieilles histoires qui n’intéressent plus personne. Aujourd’hui, ça n’a plus beaucoup d’importance.

Il n’a rien répondu, hésitant, et a haussé les épaules. Il a repris un croissant.

– Tu m’invites ?

– Au fait, ton bouquin sur la paix de Brest-Litovsk, il a été publié ?

– Tu parles ! Je l’ai retraduit, réécrit, modifié, raccourci. Il y a toujours une bonne raison. J’avais une touche avec un jeune éditeur. J’étais arrivé à 965 pages. Il voulait que j’en enlève 250. J’ai laissé tomber.

– Raconte-moi encore une blague, Pavel.

– Tu connais la différence entre un rouble et un dollar ?

J’avais déjà entendu cette blague foireuse. Si ça se trouve, c’était lui qui me l’avait racontée quinze ans plus tôt. J’ai cherché sans trouver.

– Non, je ne vois pas.

– Un dollar !

Il a éclaté de rire, ravi.

– Que s’est-il passé, Michel ? On a eu de tes nouvelles pendant un moment et tu as disparu.

– Après la mort de Sacha, j’ai continué à voir Igor et Werner. Les autres, tu les revois ?

– Il n’y a que toi qu’on ne voit plus.

 

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