Pranayama

Andre Van Lysebeth · Chapitre 24 sur 145

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Pranayama

La Langue

"Tu es ce que tu manges" ! Nous sommes du soleil condensé ! Ce grain de blé, ce e feuille de salade, ce e pomme, n'est-ce pas de l'énergie solaire concentrée ?

Pour les yogis, la langue est un important organe d'absorp on du prâna. Une par e non négligeable de l'énergie du corps est extraite des aliments. Pour l'Occidental, homme de solide bon sens elle semble même être la seule source d'énergie et elle cons tue notre vrai "carburant". Si nous considérons le corps comme une simple machine thermique sans pousser plus loin l'examen, ce e vue semblerait jus fiée et nous ne nierons pas

l'importance de la diété que [12].

Mais cela n'est valable que pour les par cules denses, solides du corps. Dès que nous abordons le domaine des énergies sub les, vitales, prâniques par défini on, ces cons tuants physiques deviennent moins importants. Du point de vue prânique, c'est moins par l'estomac et l'intes n que se fait la fixa on du prâna, que par la langue.

Les yogis lient le prâna au goût : aussi longtemps qu'un aliment dégage une

saveur, c'est qu'il reste encore du prâna à en extraire [13]. Ils mas quent donc leur nourriture jusqu'à ce qu'elle devienne insipide ; à ce moment -après absorp on du prâna sub l-, elle est avalée et le système diges f peut l'assimiler comme matériau de construc on du corps.

L'importance de la mas ca on apparaît ainsi sous une op que bien différente de celle qui considère ladite mas ca on uniquement comme un moyen de faciliter la diges on dans l'estomac et dans l'intes n. Si nous ne mâchons pas les aliments jusqu'à ce que tout le goût en ait été extrait vu que, selon le yoga, il n'y a plus d'autres organes d'absorp on du prâna dans le tube diges f-, la nourriture peut sans doute recons tuer notre corps physique, mais non refaire le plein de nos ba eries prâniques, énergé ques. À la réflexion, nous pouvons adme re les théories yogiques.

Lorsque nous sommes épuisés, fa gués, et que nous prenons de la nourriture, nous nous sentons presque aussitôt revigorés, nous avons l'impression que nous avons restauré notre dynamisme et nous voilà prêts à reprendre le collier. Or, physiologiquement, l'effet revigorant d'un repas ne pourrait se faire sen r au plus tôt que deux ou trois heures après, et non dès l'inges on, puisque la diges on n'a même pas encore commencé ! Au contraire, avant qu'un aliment n'apporte de l'énergie, il en dépense puisque la diges on, processus très complexe, accapare jusqu'à 70 pour cent de l'énergie nerveuse disponible.

La théorie yogique explique tout cela si, en ce qui concerne l'alimenta on, on admet que l'énergie prânique est absorbée par la langue, donc sans aucune diges on. Ne convient-il pas de rappeler ici que l'homéopathie prescrit de conserver très longtemps les médicaments sous la langue ? L'homéopathie n'est-elle pas, en fin de compte, une médica on plus "prânique" que chimique, voire presque exclusivement prânique ?

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