Pranayama

Andre Van Lysebeth · Chapitre 25 sur 145

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Pranayama

Le Nez

Quelque important que soit le rôle de la peau et de la langue, c'est le nez qui, pour les yogis, représente le principal organe d'absorp on du prâna. L'air est notre principal aliment : sa priva on nous fait passer en quelques minutes de vie à trépas, son insuffisance provoque des troubles physiologiques graves. À raison de 18 inspira ons d'un litre d'air par minute en moyenne, notre nez livre passage dans les deux sens à environ treize mille litres par vingt-quatre heures ! Comparés à ce volume, deux litres d'eau et un kilo de nourriture solide font piètre figure !

L'air étant donc notre nourriture principale, le passage de cet élément vital est étroitement surveillé ; c'est pourquoi les cornets du nez sont tapisses d'une infinité de récepteurs nerveux ultra-sensibles pouvant déceler toutes les varia ons qualita ves de l'air.

Le nez ne se contente donc pas de condi onner l'air, de le débarrasser des poussières, de le réchauffer, de l'humidifier, mais en outre il en mesure les qualités sub les. Une mauvaise odeur déclenche aussitôt des mécanismes physiologiques importants : le corps est mis en état d'alerte, toute mauvaise odeur étant aussitôt suspectée d'être nocive. La sensibilité des récepteurs nerveux de l'odorat est incroyable. Songez un instant à tout ce qui se passe lorsque vous respirez le parfum d'une rose. La quan té de ma ère qui émane de la fleur est si minime, si diluée -presque atomisée-, que seuls les instruments de mesure ultra-perfec onnés de la physique nucléaire seraient capables de la détecter et de la mesurer, et cependant notre appareil olfac f y réagit aussitôt, et d'une façon percep ble à noire conscience.

Nous ne nous contentons pas de percevoir un parfum, nous l'iden fions avec précision : nous reconnaissons aussitôt le parfum de la rose, du muguet ou du lys qui embaume l'atmosphère. Ouvrons une parenthèse. L'humanité a toujours accordé une place importante aux parfums : dès l'an quité, l'homme a su extraire des plantes et fleurs des essences balsamiques IONISÉES ET IONISABLES. Les parfums naturels sont porteurs de prâna, de bioélectricité. Le parfum est un élément capital -et capiteux-de la vie de la plante.

Son rôle est double : d'une part, il a re les insectes hyménoptères qui vont bu ner le nectar et assurent la féconda on, et d'autre part, il agit néga vement, c'est-à-dire repousse, voire même détruit certains micro-organismes ou insectes parasites, parfois à grande distance. Un parfum agréable nous incite à respirer profondément, sans doute parce que notre organisme "sait" qu'il nous est favorable. Humer le parfum des fleurs, c'est communier avec la nature. Celui qui a sen , ne fût-ce qu'une fois dans sa vie, le parfum du maquis corse, nous comprendra !

L'aromathérapie, c'est-à-dire le traitement de certaines maladies par les odeurs balsamiques, connaît actuellement une vogue renouvelée. C'est en quelque sorte une super-homéopathie ! D'ailleurs, si nos souvenirs sont exacts, à la fin de sa vie, Hahnemann, le fondateur de l'homéopathie, u lisait des dilu ons de plus en plus élevées : il en était arrivé à faire flairer le produit au malade. Notons que seules les essences balsamiques naturelles sont ac ves, les essences de synthèse ne produisant pas ces effets. Selon les promoteurs de l'aromathérapie, l'essence végétale naturelle diffuse rapidement ses vertus à travers tout l'organisme, grâce à sa sub lité et à sa vie électrique (nous citons les ternies mêmes employés par les défenseurs de ce e thérapeu que).

"Transportée dans le courant sanguin, l'essence aroma que végétale

ionisée imbibe et imprègne les moindres recoins organiques, vitalise

puissamment les cellules polarisées et dépoten alisées, comble les

carences électroniques en rechargeant les "accumulateurs" bio-

électromagné ques, déflocule par résonance vibratoire la galaxie

cellulaire en dissolvant les substances visqueuses et morbides des

humeurs. Elle oxyde les déchets toxiques des métabolismes, augmente

le BILAN ÉNERGÉTIQUE, débloque le mécanisme des oxyda ons

organiques et de l’autorégula on, et parvient ainsi aux poumons et

aux reins où elle est respec vement exhalée et excrétée SANS LAISSER

DE TRACE. En lessivant la cellule, les puissantes charges

électroly ques de l'arôme relancent par induc on les ondula ons

vibratoires et rétablissent les échanges électrosanguins extra et

intra ssulaires [14] ".

L'aromathérapie est par défini on, basée sur l'absorp on d'éléments vola ls, ionisés, prânaïsés, par la muqueuse du nez. De plus, en agissant sur les terminaisons nerveuses des cornets du nez, qui sont en rela on par voie réflexe avec des centres nerveux situés dans la moelle épinière (notamment dans le bulbe), on peut provoquer des réac ons profondes et immédiates sur toutes les fonc ons de l'organisme. Un exemple familier va nous le démontrer : en présence d'une personne en état de syncope, quelle est votre réac on ? Vous cherchez aussitôt le flacon d'ammoniaque sauveur et vous le faites "respirer" à la personne évanouie. En fait, puisqu'elle est en syncope, elle ne respire pra quement pas.

À quel niveau agit le gaz irritant ? Dans les poumons ? Non, car seule une infime frac on pénètre jusque dans les alvéoles pulmonaires ! C'est donc sur les terminaisons nerveuses des cornets du nez que le gaz agit. Bientôt, la vic me respire à nouveau, le cœur accélère ses ba ements, le visage livide rosit, les yeux s'ouvrent et, tout étonnée, ce e personne se demande ce qui lui est arrivé. Cela nous démontre à quel point les cornets

du nez sont en rapport avec des centres nerveux vitaux[15].

Citons encore la réflexothérapie endonasale, ce e technique thérapeu que qui a suscité de grands espoirs, mais n'a pas survécu à ses inconvénients d'ordre pra que. En llant des points précis dans les fosses

nasales, on déclenche, par voie réflexe, des réac ons de viscères éloignés : estomac, foie, reins, rate, etc. L'u lisa on thérapeu que de ce phénomène a donné naissance à la réflexothérapie endonasale.

Mais il y a un mais ! La zone correspondant à un organe déterminé est forcément minuscule et l'emplacement exact varie pour chaque individu, car tout comme il n'y a pas deux empreintes digitales iden ques, la "géographie" nerveuse des cornets du nez de chacun est "unique". Il faut donc des recherches individuelles poussées et pa entes pour dresser la "carte" nasale avant d'entreprendre un traitement ! De plus, ce e thérapeu que ne s'appliquait qu'aux perturba ons fonc onnelles récentes, non ancrées dans le soma sous forme de lésions organiques. Voilà pourquoi ce e méthode a succombe à ses inconvénients d'ordre pra que. Néanmoins, elle nous confirme que les cornets du nez sont en rapport réflexe avec toute la mécanique nerveuse qui règle le fonc onnement de notre corps. Ces conclusions sont très importantes pour nous perme re de comprendre les lois de l'accumula on de l'énergie prânique définies par tes yogis.

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