Pranayama

Andre Van Lysebeth · Chapitre 86 sur 145

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Pranayama

Chapitre 25

 

Kapâlabhâ

 

Bien que les Shastras [43] classent Kapâlabhâ parmi les Shat Kriyas -procédés de purifica on-, en pra que, cet exercice fait par e intégrante du prânayâma, dont il cons tue un des grands classiques que tout adepte du prânayâma doit connaître et pra quer.

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ÉTYMOLOGIE

 

Le nom se décompose en : [44] Kapâla qui veut dire "crâne" et Bhâ , racine sanscrite signifiant "faire briller, ne oyer" (le tout se prononce "Kapâl'bhâ ").

Kapâlabhâ signifie donc au sens li éral : "ne oyage du crâne". "Crâne" désigne dans ce cas les conduits d'air de la tête : les narines, les cornets du nez et autres passages de l'air jusqu'au cavum, que l'exercice est censé ne oyer.

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LA TECHNIQUE

Avant d'en décrire la technique détaillée, notons qu'il en existe plusieurs variantes. La seule Gheranda Samhitâ en décrit trois variétés. Le nombre des variantes souligne d'ailleurs l'importance de l'exercice. Je m'en

endrai aux deux variantes pra quées le plus couramment.

L'exercice de base décrit ci-dessous correspond à ce que j'ai eu l'occasion d'approfondir au Kuvalyadhama de Lonavla.

 

Descrip on succincte de l'exercice et remarques préalables

À l'inverse de la respira on habituelle où l'inspira on est ac ve et l'expira on passive, dans Kapâlabhâ , l'expira on est ac ve et presque brutale, tandis que l'inspira on est passive.

De plus, dans les exercices de prânayâma, l'expira on est plus lente (généralement le double en durée) que l'inspira on. Dans Kapâlabhâ , c'est le contraire.

Kapâlabhâ consiste en rafales brèves d'expulsions d'air forcées, chaque fois suivies d'une inspira on passive.

 

Posi on :

Dans ses exécu ons modérées, l'exercice peut être pra qué dans n'importe quelle posture convenant pour le prânayâma, c'est-à-dire Siddhâsana, Vajrâsana ou le Lotus. Dans ses formes poussées, et notamment pour a eindre certains objec fs spirituels, le Lotus est de

rigueur. Les mains sont en Jnana Mudra[45]. Parfois l'exercice se pra que debout, mais c'est excep onnel. La colonne vertébrale doit être droite, la tête bien en équilibre.

Le thorax

Kapâlabhâ est un prânayâma diaphragma que pur, par conséquent abdominal ; pourtant le thorax y joue un rôle important, précisément dans la mesure où il demeure rigoureusement immobile. Avant de commencer Kapâlabhâ , bomber le thorax qui doit rester bloqué en posi on d'inspira on, avec les côtes écartées. Il demeurera aussi immobile que possible pendant tout l'exercice : c'est une condi on sine qua non de réussite. Si vous observez le thorax pendant l'exercice, vous verrez que, bien que bloquées, les dernières côtes bougent. Ce mouvement est inévitable et passif car il est dû à la trac on exercée par les muscles de la sangle abdominale reliés aux côtes. Ce qu'il faut éviter, c'est tout mouvement ac f, volontaire, du thorax.

 

La sangle abdominale

La sangle abdominale est le moteur de l'exercice. Ne pas tenir compte des indica ons contenues dans le chapitre "Respira on avec sangle contrôlée" : le contrôle requis pour Kapâlabhâ est totalement différent.

Pour apprendre ce prânayâma, placez-vous dans votre posi on favorite et après avoir redressé la colonne et bloqué le thorax bombé, concentrez-vous sur ce qui se passe dans l'abdomen. Placez le centre de gravité du tronc dans le bas-ventre, en-dessous du nombril.

Relâchez maintenant la sangle abdominale : le ventre fait saillie. Contractez brusquement -je dirais même brutalement- les muscles de la sangle abdominale, les grands droits en par culier. Ce e contrac on provoque l'expulsion brutale d'une certaine quan té d'air. Relâchez aussitôt -lentement- la sangle abdominale : le ventre fait à nouveau légèrement saillie et une certaine quan té d'air entre dans les poumons, passivement et sans bruit.

Kapâlabhâ consiste en une succession rapide de telles expulsions brusques suivies d'une inspira on passive. Pendant l'inspira on passive, prenez soin de contrôler la relaxa on de la sangle, de façon que l'air entre compara vement lentement. La durée de l'expulsion est d'environ 2/10 de seconde, tandis que l'inspira on varie de 8/10 à 3/10 selon le rythme auquel l'exercice est effectué (cf. infra : "Vitesse d'exécu on").

Comment savoir si l'expulsion est suffisamment énergique et brève ? Dirigez votre regard vers les ailes du nez (qui doivent être relaxées) : au moment de l'expulsion, elles s'écartent ne ement et d'un coup. Pendant l'inspira on, elles ne bougent pas. Contractée, la sangle percute brusquement le bas-ventre, en direc on du sacrum.

C'est donc principalement la par e sous-ombilicale de la sangle qui agit. N'essayez pas de rétracter la sangle pour faire sor r plus d'air à chaque expulsion, car ce n'est pas la quan té d'air chassé qui importe, parce que le volume est à peine supérieur à la quan té expirée dans la respira on habituelle, mais la puissance du jet. Ce e force est assurée si vous imaginez que vous donnez un coup de boutoir avec la sangle dans la par e de l'abdomen située sous le nombril. Au début, il est fréquent que l'adepte s'efforce de repousser la sangle le plus loin possible vers l'arrière, et qu'il comme e l'erreur de rétracter la sangle.

Voici un autre moyen de contrôle visuel de la correc on de l'expulsion. Installez-vous devant une glace : au moment de l'expulsion, surveillez ce qui se passe à la naissance du cou et dans l'enfoncement derrière les clavicules (les "salières"). Si l'expulsion a la puissance voulue, vous voyez se produire un soulèvement des salières et un bref gonflement à la naissance du cou, parce que les poumons sont poussés vers le haut (à cause du diaphragme qui est, lui aussi, refoule vers le haut). Recommencez avec une nouvelle expulsion brusque, suivie d'une inspira on passive, et en relaxant progressivement la sangle abdominale. Kapâlabhâ consiste tout simplement en séries plus ou moins longues de telles expulsions.

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