Pranayama
Controle Conscient du Prana
CONTRÔLE CONSCIENT DU PRANA
Déceler l'existence du prâna est remarquable. Découvrir qu'il est possible de le contrôler, déterminer les lois et les techniques propres à ce e fin est merveilleux : les yogis ont fait les deux. La science du contrôle du prâna s'appelle le Prânayâma (ayâma= restreindre, maîtriser). Tous les exercices de yoga visent cet objec f et pas seulement les techniques respiratoires. Un seul exemple : c'est en contrôlant le prâna que les yogis arrêtent les ba ements du cœur.
Citons ici les expériences faites sur place, en Inde, avec enregistrement simultané au pneumographe et au cardiographe, par le Docteur Thérèse Brosse. Des arrêts du cœur ont été ainsi constatés objec vement. Voici un extrait du rapport publié par ce médecin :
"Au moment où le yogi annonce le contrôle du cœur, on n'aperçoit plus
sur la ligne isoélectrique qu'une infime fibrilla on, seul ves ge de la
contrac on cardiaque qu'il est presque impossible de repérer. On
pourrait, au vu de ce e courbe, porter un pronos c des plus sévères si,
dans les instants précédents et suivants, la silhoue e électrique n'était,
non seulement normale, mais exagérée même dans son voltage, au
gré du yogi.
En présence de ces faits, peu importe que nos hypothèses les
a ribuent soit à une concentra on anormale du gaz carbonique dans
le sang, soit à un changement dans l'axe du cœur, soit à une
modifica on de l'ionisa on des ssus, soit à ces mécanismes combinés
ou à d'autres insoupçonnés, puisque l'état actuel de nos connaissances
ne nous permet pas encore de prendre par . Quelqu’en soit le
mécanisme, ce qui reste à bon droit stupéfiant, c'est que la chute
extrême du voltage se produise précisément lorsque le yogi annonce
qu'il va re rer de son cœur l'énergie vitale, et que le retour à un
voltage normal ou même exagéré survienne lorsqu'il déclare contrôler
le bon fonc onnement de son cœur. Or l'énergie vitale (prâna) est
précisément dans l'esprit du yogi une énergie électrique qu'il dit être
de la même nature que l'éclair. D'autre part, c'est par une science
spéciale du souffle qu'il entend régler l'énergie vitale, celle du moins
qui est puisée dans la nature. Or des travaux tout récents ont
justement précisé le rôle du poumon en ce qui concerne la charge
électrique sanguine, les alvéoles pulmonaires puisant dans l'air inspiré
les ions néga fs qui conféreraient aux colloïdes leur vitalité.
Ainsi, nous nous trouvons en présence de pra ciens d'une maîtrise
aussi totale que possible des différentes ac vités humaines et qui
ignorant tout de la structure de leurs organes, sont cependant les
maîtres de leurs fonc ons. Ils jouissent d'ailleurs d'un état de santé
magnifique qu'ils ne pourraient pas conserver s'ils violaient
incessamment au cours de leurs exercices extraordinaires et prolongés
les lois de l'ac vité physiologique. Et ainsi que nous venons de le voir,
la théorie même sur laquelle sont basés certains de ces exercices
semblent confirmée, non seulement par la réalité des résultats mais
encore par de récentes découvertes de la science occidentale. "
Traduire "Prânayâma" par "exercices respiratoires" serait une limita on lamentable de la portée de ces exercices et méconnaîtrait leur but véritable qui est la capta on, l'accumula on et le contrôle conscient des énergies vitales prâniques dans notre corps. En dernière analyse, le prânayâma est aussi le but des âsanas, bandhas et mudras ; entre le mental et le prâna, il existe une interac on qui fait que le hatha-yoga va bien au-delà du physique. En réalité, il n'existe aucune différence fondamentale entre le yoga mental ou raja-yoga et le hatha-yoga.
Résumons : Prâna = la somme totale des énergies de l'univers. Prâna n'est ni le magné sme, ni la gravita on, ni l'électricité, mais ces divers phénomènes sont des manifesta ons du prâna universel. Partout dans l'univers où il y a mouvement, Prâna se manifeste. Les mouvements les plus ténus, comme ceux des électrons autour du noyau atomique, en passant par la force musculaire et le coup de poing de la brute cons tuent autant de manifesta ons du Prâna Universel.
La vie, la "force vitale", en est une manifesta on comme les autres. Pour clore ce premier chapitre, voici quelques paragraphes extraits du livre de Hufeland, publié au début du 19e siècle, "L'art de prolonger la vie de l'homme", qui renferme des idées étonnamment proches des concep ons yogiques exposées ci-dessus :
"Qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que la force vitale ? Ces ques ons
sont du grand nombre de celles que nous rencontrons à chaque pas en
étudiant la nature. Simples en apparence, elles ne roulent que sur des
phénomènes fort ordinaires, sur des faits dont nous sommes témoins
chaque jour, et cependant il est très difficile d'y répondre. Dès qu'un
philosophe emploie le mot force, on peut être assuré qu'il se trouve
dans l'embarras, car il explique une chose par un mot qui est lui-même
une énigme.
En effet, a-t-on a aché jusqu'à présent une idée claire à ce mot de
force ? C'est pourtant ainsi qu'il s'est introduit en physique une infinité
de forces telles que la gravita on, l'a rac on, l'électricité, le
magné sme, etc., qui ne sont autre chose dans le fond que l'x des
algébristes, c’est-à-dire la grandeur inconnue que nous cherchons.
Cependant, il nous faut des signes pour représenter des choses dont on
ne peut nier l'existence, mais dont l'essence est incompréhensible,
j'emploierai aussi le mot force, prévenant toutefois que je n'entends en
aucune manière décider si ce que nous appelons force vitale est une
ma ère par culière ou seulement une propriété de la ma ère.
La force vitale est sans contredit une des plus générales, des plus
puissantes et des plus incompréhensibles de la nature Elle remplit et
meut tout. Elle est probablement la source de toutes les autres forces
du monde physique, ou au moins du monde organique. C'est elle qui
produit, conserve et renouvelle tout, et qui, depuis tant de milliers
d'années, fait reparaître à chaque printemps la créa on aussi brillante
et aussi fraîche que quand elle sor t des mains du Créateur. Vrai
souffle de la divinité, elle est inépuisable et infinie comme elle.
C'est elle enfin qui, perfec onnée et exaltée par une organisa on plus
parfaite, enflamme le principe de la pensée et de l'âme, et donne à
l'être raisonnable non seulement l'existence mais encore le sen ment
et les jouissances de la vie, car j'ai toujours observé que le sen ment
qu'on a du prix et du bonheur de l'existence est en raison du plus ou
moins d'énergie de la force vitale, et que, comme une certaine
surabondance de vie dispose davantage à tous les plaisirs, à toutes les
entreprises, et fait trouver plus de charme à la vie, de même rien n 'est
plus propre qu’un défaut de force vitale à produire ce dégoût et cet
ennui de la vie qui malheureusement caractérise trop bien notre siècle.
Quand on étudie avec soin les phénomènes de la force vitale dans le
monde organisé, on arrive à reconnaître en elle les propriétés et les
lois suivantes : la force vitale est l'agent le plus sub l, le plus pénétrant
et le plus invisible que nous connaissions jusqu'à présent dans la
nature ; elle l'emporte même, à cet égard, sur la lumière, l'électricité et
le magné sme avec lesquels elle semble, d'ailleurs, avoir fa plus
grande analogie sous d'autres rapports. Quoiqu'elle pénètre tous les
corps, il y a cependant des modifica ons de la ma ère pour lesquelles
elle paraît avoir plus d'affinités que pour d'autres, elle s'y unit plus
in mement et en plus grande quan té et s'iden fie en quelque sorte
avec elle. Nous appelons ce e modifica on de la ma ère "structure
organique", ou simplement organisa on, et nous donnons le nom
d'organisés aux corps qui la possèdent, c'est-à-dire aux végétaux et
aux animaux. Ce e structure organique semble cons tuée d'une
certaine disposi on, d'un certain mélange des par cules les plus
déliées, et sous ce rapport nous trouvons une analogie frappante entre
la force vitale et le magné sme... La force vitale peut exister à l'état
libre ou à l'état latent, et sous ce rapport elle a beaucoup d'analogie
avec le calorique et l'électricité."
Précisons que ces lignes sont extraites de la traduc on française, éditée en 1838 !
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