Pranayama
Repercussions Physiologiques
RÉPERCUSSIONS PHYSIOLOGIQUES
Le rôle ACTIF de la sangle n'a guère été évoqué que dans le "YOGA MIMANSA" de Shrimat Kuvalayananda, fondateur de l'Ins tut de Recherches scien fiques sur le Yoga, à Lonavla dans un fascicule datant de 1930, maintenant épuisé. Voici la traduc on de ce passage fondamental :
"Dans le prânayâma, l'étude des modifica ons de pression revêt une
grande importance pour la compréhension de la physiologie des
exercices yogiques dirigés vers l'épanouissement spirituel Les
processus yogiques pour l'éveil de la Kundalini sont principalement
caractérisés par deux facteurs. Ils impliquent soit l'élonga on de la
colonne vertébrale et de ses annexes, soit la par cularité d'a rer une
grande quan té de sang vers les ssus situés autour de l'épine dorsale,
en par culier dans les régions pelvienne et lombaire. Dans le
prânayâma (avec sangle contrôlée) l'é rement de la colonne
vertébrale est réalisé en manipulant le diaphragme contracté,
notamment par l'ac on de ses deux crura[29].
Après une inspira on aussi profonde que possible, au moment où le
diaphragme est contracté au maximum et occupe sa posi on la plus
basse, il est repoussé vers le haut par les muscles grands droits (au
centre de l'abdomen) qui compriment tes viscères. Ce e poussée est
contrariée par le diaphragme contracté et ses deux crura. De ce e
façon une trac on con nue est exercée sur la colonne vertébrale et sur
ses par es adjacentes. Nous voyons ainsi que la haute pression intra-
abdominale créée dans le Prânayâma par l'ac on et la réac on des
par es anatomiques ainsi que par la trac on vers le haut des deux
crura est responsable de l'éveil de la Kundalini "
Maintenir la sangle abdominale contrôlée et contractée pendant le prânayâma accentue considérablement la DIFFÉRENCE DE PRESSION dans le tronc, c'est-à-dire entre l'abdomen et l'air ambiant dans le thorax, donc dans les poumons. En effet, la lu e entre le diaphragme qui s'abaisse et la sangle abdominale qui résiste agit directement sur les organes abdominaux, mais n'influence pas le thorax.
En résumé : à l'étage abdominal, pression plus élevée ; à l'étage thoracique, dépression pendant l'inspira on (sans quoi l'air extérieur ne pourrait pas pénétrer dans les poumons). Ce e différence entre la pression posi ve accrue dans l'abdomen et la dépression normale dans le thorax a des conséquences très importantes sur la circula on sanguine.
Les deux étages sont séparés par la "voûte" diaphragma que, mais celle-ci est traversée de conduits, notamment la veine cave inférieure qui collecte le sang veineux de l'étage sous-diaphragma que du corps, c'est-à-dire principalement de tous les viscères abdominaux. C'est par la veine cave inférieure que la pression intra-abdominale trouve son exutoire.
Si l'on comprime un ballon rempli de liquide, la pression y augmente, mais si ce ballon est percé d'un tuyau débouchant vers le haut, la pression fera jaillir le liquide. L'abdomen se comporte comme ce ballon, le tuyau étant la veine cave inférieure. La pression exercée sur les viscères abdominaux par la lu e entre le diaphragme et la musculature abdominale, propulse le sang veineux des viscères de l'étage sous-diaphragma que vers l'étage thoracique.
Le sang veineux, au lieu de stagner dans les viscères, jaillit à travers le diaphragme vers le cœur, qui l'envoie aux poumons, où il se débarrasse de son excès de CO2 et se recharge d'oxygène et de prâna. Tout se passe comme si le thorax aspirait li éralement le sang de l'étage inférieur, et ce e succion est propor onnelle à la différence de pression entre les niveaux. La respira on avec sangle contrôlée accélère considérablement la circula on du sang veineux dans l'abdomen et, en fin de compte, dans tout l'organisme. Grâce à ce puissant ac vateur, des masses de sang stagnant sont recyclées, purifiées dans les poumons et réinjectées dans la circula on générale : elles vont revitaliser tout l'organisme.
Revenons au cœur. Étant donné -hélas !- que la moi é de la popula on des pays industrialisés est menacée de troubles cardiovasculaires (infarctus, etc.) on peut se demander si ce e respira on n'est pas dangereuse pour les cardiaques. NON, AU CONTRAIRE, car l'abaissement du diaphragme soulage le cœur : à aucun moment il n'est comprimé. L'ac va on de la circula on veineuse de retour allège son travail. C'est pourquoi les médecins a achés au Laboratoire de Lonavla affirment :
"Le prânayâma est l'un des meilleurs exercices pour les cœurs
fragiles et les poumons affaiblis. Quand la physiologie du prânayâma
est bien comprise et si celui-ci est bien appliqué, il donne des résultats
merveilleux".
Je précise cependant que les cardiaques et les personnes aux poumons fragiles doivent être très prudents vis-à-vis des réten ons de souffle (cf. chapitre 14 : Contre-Indica ons au Kumbhaka). On pourrait objecter que si la surpression dans l'abdomen chasse le sang veineux vers le haut par la veine cave inférieure, ce e même surpression doit freiner l'afflux du sang artériel descendant dans le ventre par l'aorte abdominale pour alimenter tout l'étage sous-diaphragma que du corps. Les deux effets devraient s'annuler. En réalité, il n'en est rien.
Je m'explique : tout d'abord, comme le sang circule en circuit fermé, toute accéléra on du débit en un point quelconque du circuit accélère la
circula on dans tout le réseau[30]. Ensuite, la surpression intra-abdominale "n'apla t" pas l'aorte, car les artères ont une tunique assez rigide pour résister mécaniquement à une telle augmenta on de pression. Le cœur ne doit pas fournir un effort accru pour propulser le sang vers le bas de l'abdomen comprimé, car le sang artériel est quasi aspiré dans les organes à la suite du sang veineux refoulé vers le haut. Ainsi !e cœur travaille dans les meilleures condi ons.
Si un doute subsistait encore, les textes suivants, émanant des chercheurs de Lonavla, le dissiperaient à coup sûr :
"Deux posi ons ont été préconisées pour l'inspira on. La culture
physique respiratoire occidentale recommande que les abdominaux
soient relaxés et ballonnés par la pression des viscères poussés vers
l'avant et vers le bas. LA TECHNIQUE YOGIQUE EXIGE, AU CONTRAIRE,
QUE CES MUSCLES DEMEURENT CONTRACTÉS.
Les milieux médicaux occidentaux prétendent que l'abdomen gonflé
permet au diaphragme de descendre plus bas, ce qui assurerait une
capacité thoracique plus importante, donc l'inspira on d'un volume
d'air accru. Selon eux, la sangle abdominale contrôlée freinerait la
descente du diaphragme et conduirait à une limita on de l'expansion
thoracique, par conséquent à l'absorp on d'une quan té d'air plus
réduite. Nous avons exécuté un grand nombre d'expériences dans ce
domaine et nous avons trouvé que ce e affirma on occidentale est
plus imaginaire que réelle[31]. Nos expériences nous perme ent de
conclure que la chute de la pression intra pulmonaire est plus grande
dans les inspira ons avec l'abdomen contrôlé que dans les inspira ons
avec sangle relâchée. Ces résultats nous amènent à conclure que la
capacité pulmonaire s'accroît considérablement lors d'inspira ons
avec l'abdomen contrôlé bien plus qu'avec l'abdomen relaxé et
ballonné. "
Voilà qui est formel.
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