Pranayama
Ida et Pingala
Parmi ces conduits sub ls, les yogis dis nguent les deux principaux dont nous reparlerons à loisir et qui s'appellent Ida et Pingala. N'entrons pas ici dans le détail. Il nous suffit de savoir maintenant qu'Ida est le conducteur d'énergie dont l'origine est la narine gauche, et Pingala son homologue de droite, qu'à par r de chaque narine, ces "conduits", ces "nâdis" rejoignent et longent la colonne vertébrale. Selon certaines tradi ons yogiques, ces nâdis s'entrecroisent à plusieurs reprises en descendant vers le bas de la colonne vertébrale, traversant sur leur parcours quelques-uns des principaux "Chakras", dont nous n'avons pas encore à nous préoccuper pour l'instant.
Chaque narine joue un rôle par culier. Elles ne sont pas "interchangeables". Il est indispensable qu'elles soient toutes les deux bien libres et dégagées. Voilà pourquoi, avant d'entamer les exercices de prânayâma, il faut pra quer "ne ", la douche nasale, dont la technique est détaillée au chapitre 10. Malgré ce lavage, il est fréquent qu'une narine soit bouchée, et en fait c'est normal. Les yogis, fins observateurs, ont remarqué que ce n'était pas toujours la même narine qui était bloquée, et que, de plus, à un intervalle périodique de deux heures environ, il y avait inversion du blocage.
Notre médecine connaît bien ce phénomène dénommé "rhinite à bascule" parce qu'une narine se bouche quand l'autre se débouche. Ce e alternance se produit constamment au cours de la journée, d'une façon plus ou moins forte selon l'état d'équilibre vital et, en par culier, selon l'état du foie. La "rhinite à bascule" n'est donc que l'amplifica on morbide d'un phénomène normal qui passe généralement inaperçu.
Même en l'absence de "bouchage", il y a presque en permanence une narine plus libre que l'autre. Pour savoir quelle narine prédomine à un moment donné, u lisez le système indiqué au chapitre 9, pour mesurer la longueur du souffle : humectez la paume et placez-la sur la trajectoire de l'air expulsé par une narine puis par l'autre. Vous percevrez ne ement la différence dans l'intensité du courant d'air.
Un autre moyen très simple permet de VOIR la différence entre les deux courants d'air sortant des narines non seulement par temps froid, quand la vapeur d'eau de l'haleine devient visible, mais en approchant le nez d'un miroir. Expirez normalement et examinez les deux auréoles inégales de buée qui se sont formées sur la glace. Comment procéder pour dégager les narines ? Sauf dans les cas d'obstruc on mécanique, tels que des mucosités (que Ne doit suffire à éliminer), des polypes ou des dévia ons importantes de la cloison nasale, il existe de nombreux procédés yogiques pour débloquer une narine (j'en connais au moins huit !).
En pra que, il suffit d'en connaître deux ou trois. Si le premier procédé est un peu plus lent que les deux autres que nous examinerons plus bas, il a, par contre, l'avantage d'être simple, facile et infaillible. Il consiste, si la narine gauche est bouchée, à se coucher sur le flanc droit et à se relaxer. Après un temps qui varie entre une et trois minutes, on sent la narine se dégager et l'air passer librement, sans que l'autre se referme pour autant. En se concentrant sur la narine bouchée, on accélère le processus de déconges on. Notons au passage qu'Ida est la narine lunaire, rafraîchissante, tandis que Pingala est la narine solaire, réchauffante. Suivant la tradi on yogique, la nuit il est recommandé de respirer par la narine droite (Pingala). Pour cela il faut dormir sur le côté gauche.
Beaucoup de personnes hésitent à le faire, craignant de comprimer le cœur. Ce e crainte n'est pas fondée, car le cœur occupe une posi on sensiblement centrale dans le thorax. Swami Sivananda précisait qu'ainsi la nourriture se digérait beaucoup mieux ; médecin, il n'avançait pas de telles affirma ons à la légère, mais en se fondant sur la réalité physiologique. En effet, dans la posi on couchée sur le flanc gauche, la poche de l'estomac est mieux soutenue et fonc onne plus normalement que dans la posi on couché sur le flanc droit. Le second procédé pour débloquer une narine bouchée consiste à comprimer avec le pouce un point situé dans la nuque, le long des cervicales, près de la base du crâne.
En tâtonnant un peu, chacun peut le localiser. Une pression douce mais ferme en ce point débouche aisément les narines, même au début d'un rhume de cerveau, auquel les exercices de prânayâma et les douches nasales nous rendent d'ailleurs invulnérables. Ce deuxième procédé a l'avantage de la rapidité, mais ne fonc onne évidemment que si l'on presse ou masse le point exact.
Le troisième procédé est le plus rapide de tous. En Inde, l'a rail du parfait yogi comprend une courte béquille terminée par une fourche. Pour déboucher une narine, le yogi place l'aisselle opposée dans la fourche et s'y appuie pendant quelques secondes. Cela suffit pour libérer la narine. En Occident, faute de disposer de cet instrument, on peut presser (fermement) l'aisselle sur le dossier d'une chaise. L'endroit exact se repère aisément, car il est beaucoup plus sensible.
Pour la purifica on des nâdis, l'exercice classique le plus efficace s'appelle Nâdi Sodhana Prânayâma. C'est une respira on alternée, SANS réten on de souffle, dans le but d'équilibrer, d'égaliser le courant prânique passant par les deux narines, mais principalement de purifier tout le réseau de nâdis, sans quoi les exercices de prânayâma perdent une bonne par e de leur efficacité. Il n'est pas indispensable qu'au début de l'exercice le courant d'air soit rigoureusement iden que des deux côtés. Seul un blocage important vous empêche -évidemment- de l'exécuter et il faut, dans ce cas, d'abord déboucher ce e narine à l'aide de l'un des procédés indiqués ci-dessus.
Avant de décrire l'exercice proprement dit, il faut savoir comment régler l'alternance de la respira on, et après avoir appris à débloquer les narines, il faut apprendre à les ... boucher correctement pour pra quer la respira on alternée ! Commençons par la façon de disposer les doigts. Ouvrez la main droite, puis repliez l'index et le médius contre la paume. Le pouce, demeuré libre, servira à boucher la narine droite. L'annulaire et l'auriculaire s'occuperont de la gauche. La première photo montre comment s'y prendre. Il faut presser un endroit précis sur le nez pour boucher la narine désirée : vous le trouverez sans peine.
À cet effet, disposez vos doigts comme indiqué ci-dessus, placez-les contre le nez près des sourcils ; puis glissez-les lentement le long de l'os nasal que vous percevez sous la peau, mince en cet endroit. Quand les doigts arriveront au bord inférieur de l'os nasal, ils rencontreront le ssu mou des ailes du nez, qui cède à la moindre pression du doigt et bouche l'orifice d'entrée de l’air. C'est à cet endroit qu'alterna vement vous ferez pression sur le nez pendant l'exercice. Recommanda on importante : seule la pulpe des doigts touche le nez, mais jamais les ongles ne peuvent entrer en contact avec lui ! L'exercice peut commencer maintenant.
Posture : comme d'habitude : la colonne vertébrale sera droite, l'a tude aisée, relaxée. Concentrez-vous.
1) EXPIREZ LENTEMENT ET A FOND, sans boucher les narines, mais
soyez prêt à le faire ;
2) INSPIREZ LENTEMENT et SILENCIEUSEMENT par la narine gauche
en bouchant la narine droite avec le pouce ;
3) A LA FIN DE L'INSPIRATION, BOUCHEZ LES DEUX NARINES. Bloquez
le souffle durant une ou deux secondes, pas plus !
4) La narine gauche restant bloquée, EXPIREZ PAR LA NARINE DROITE,
A FOND, LE PLUS SILENCIEUSEMENT POSSIBLE ;
5) Quand les poumons sont vides. INSPIREZ AUSSITOT PAR LA NARINE
DROITE, lentement et silencieusement ;
6) Bouchez les deux narines, a endez une seconde, puis débouchez la
narine gauche, par laquelle vous expirerez toujours lentement et à
fond ;
7) Inspirez à nouveau aussitôt par la même narine et ainsi de suite.
Pour résumer :
1) expirer à gauche
2) inspirer à gauche
3) expirer à droite
4) inspirer à droite
5) expirer à gauche
6) inspirer à gauche, etc.
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