Le Marchand de sable

Lars Kepler · Chapitre 67 sur 187

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Le Marchand de sable

Chapitre 64

 

 

Nathan s’est levé, Carlos met ses mains devant le visage et Verner tripote son téléphone.

— Je ne vois pas pourquoi Jurek Walter me parlerait, répète Saga.

— Tu as raison, c’est un pari qu’on tente, se justifie Joona.

— Dans ce service, il y a trois chambres sécurisées individuelles et une salle de détente commune avec un tapis de course et un téléviseur derrière une vitre blindée, énumère Verner. Jurek Walter a été seul dans l’unité pendant treize ans et je ne sais pas dans quelle mesure la salle commune a été utilisée.

Nathan Pollock avance le plan de l’unité sécurisée et montre la chambre de Jurek et la salle de détente attenante.

— Si on joue vraiment de malchance, le personnel ne laissera pas les patients se rencontrer. Et nous n’avons aucun moyen d’agir là-dessus, reconnaît Carlos.

— Je vois. Mais mon problème, c’est surtout que je n’ai aucune idée… pas une seule putain d’idée de comment m’y prendre pour approcher ce gars.

— Nous nous sommes dit que tu allais demander à voir un représentant du tribunal administratif et exiger un examen pour une nouvelle évaluation des risques.

— À qui je demande ça ?

— Au chef de service, Roland Brolin, répond Verner et il pose une photographie devant elle.

— Jurek lui-même est soumis à des restrictions, souligne Pollock. Si bien qu’il va soigneusement t’observer et probablement te poser des questions puisque, pour lui, ta présence sera comme une fenêtre sur le monde extérieur.

— Je dois m’attendre à quoi de sa part ? Qu’est-ce qu’il veut au juste ? demande Saga.

— Il veut s’évader, répond Joona froidement.

— S’évader ? répète Carlos, dubitatif, et il tapote une pile de rapports. Il n’a pas fait une seule tentative d’évasion pendant tout le temps où…

— Il n’essaiera que quand il sera sûr de réussir, le coupe Joona.

— Et vous pensez qu’il va me lâcher une info qui pourrait vous amener droit à la capsule ? demande Saga sans parvenir à dissimuler son scepticisme.

— On sait désormais que Jurek a un complice. Ce qui signifie entre autres qu’il est capable de faire confiance à autrui, explique Joona.

— Autrement dit, il n’est pas paranoïde, ajoute Pollock.

— Je me sens soulagée, sourit Saga.

— Aucun de nous n’envisage que Jurek puisse avouer quoi que ce soit sans détour, fait remarquer Joona. Mais si tu arrives à le faire parler, tôt ou tard il lâchera un détail qui nous mettra sur la piste de Felicia.

— Toi, Joona, tu lui as déjà parlé.

— Oui, il m’a adressé la parole parce qu’il espérait que je modifie mon témoignage. Mais jamais il n’a évoqué quoi que ce soit de personnel.

— Alors pourquoi le ferait-il avec moi ?

— Parce que tu es exceptionnelle, répond Joona en la regardant droit dans les yeux.

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