Le Marchand de sable

Lars Kepler · Chapitre 73 sur 187

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Le Marchand de sable

Chapitre 70

 

Anders se tient dans la pénombre et observe sa femme dans le miroir au-dessus du lavabo. Elle se lave les dents, crache, porte de l’eau à sa bouche dans le creux de sa main et crache de nouveau.

Quand elle le découvre, la peur fige son visage pendant quelques secondes.

— Tu ne dors pas ?

— Je t’attendais, dit Anders d’une voix étrange.

— C’est gentil.

Elle éteint la lumière et Anders la suit dans la chambre. Elle se déshabille, enfile sa chemise de nuit, s’assied au bord du lit et enduit ses mains et ses coudes de crème.

— C’était sympa ?

— Pas mal. Lena a un nouveau boulot.

Anders attrape sa main gauche, la tient fermement par le poignet. Elle croise son regard.

— Tu sais qu’il faut qu’on se lève tôt demain.

— Tu la fermes ! dit-il.

Elle essaie de se dégager, mais il la prend par l’autre main et la force à s’allonger sur le lit.

— Aïe…

— Ferme-la !

Il appuie un genou entre ses cuisses, elle essaie de se dégager, puis se calme et le regarde.

— Je suis sérieuse, là : stop, feu rouge. Il faut que je dorme, dit-elle doucement.

— Je t’ai attendue.

Elle le contemple un instant avant de hocher la tête :

— Ferme la porte à clé.

Il se relève, tend l’oreille vers le couloir, il n’y a aucun bruit. Il ferme la porte et donne un tour de clé. Petra a enlevé sa chemise de nuit, en souriant elle ouvre le tiroir et en sort les cordes souples et le sac en plastique où sont rangés le fouet, la tige de massage et le gros godemiché. Anders la fait tomber sur le lit.

Elle lui demande d’arrêter, mais il lui arrache sa culotte avec une telle violence qu’il laisse des traces rouges sur ses hanches.

— Anders, je…

— Ne me regarde pas !

— Pardon…

Elle n’oppose pas de résistance quand il l’attache serrée, un peu trop serrée. Il est possible que l’ivresse la rende moins sensible que d’habitude. Il passe la corde autour du montant du lit et écarte de force ses cuisses.

— Aïe, gémit-elle.

Il va chercher le bandeau et elle secoue la tête quand il le passe sur ses yeux. Elle essaie de se dégager en tirant sur les cordes, ses gros seins ballottent.

— Tu es si belle, chuchote-t-il.

Il est quatre heures du matin quand ils arrêtent et qu’il la détache. Petra ne dit rien, elle tremble de tout son corps et masse ses poignets endoloris. Ses cheveux sont humides de transpiration et ses joues striées de larmes, le bandeau a glissé autour de son cou. Anders avait enfoncé la petite culotte déchirée dans sa bouche quand elle n’avait plus envie, quand elle n’en pouvait plus.

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