Le Marchand de sable

Lars Kepler · Chapitre 92 sur 187

Pages du PDF

Le Marchand de sable

Chapitre 89

 

 

Reidar Frost a commandé des plats cuisinés chez Noodle House et les a fait livrer dans le hall d’entrée de l’hôpital Söder. Dumplings fumants à la viande hachée et à la coriandre, rouleaux de printemps fleurant bon le gingembre, nouilles chinoises avec légumes hachés et piment, filet de porc en friture et soupe de poulet.

Comme il ne connaît plus les goûts de son fils, il a acheté tout un assortiment de spécialités.

Il vient de sortir de l’ascenseur et se dirige vers la chambre de Mikael quand son téléphone sonne.

Reidar pose les sacs par terre, voit un numéro inconnu s’afficher sur l’écran et répond rapidement :

— Reidar Frost.

Il n’y a d’abord que du silence au bout du fil, puis un petit crépitement.

— Qui est-ce ?

Quelqu’un gémit au loin.

— Allô ?

Il est sur le point de raccrocher quand il entend un chuchotement :

— Papa ?

— Allô ! répète-t-il. Qui est-ce ?

— Papa, c’est moi, chuchote une petite voix claire et bizarre. C’est Felicia.

Le sol se met à tanguer sous les pieds de Reidar.

— Felicia ?

La voix n’est presque plus audible.

— Papa… j’ai tellement peur, papa…

— Où es-tu ? Je t’en prie, ma petite…

Puis quelqu’un se met à pouffer et Reidar frissonne de tout son corps.

— Mon petit papa, donne-moi vingt millions…

Il est évident que c’est un homme qui contrefait sa voix, cherchant à la rendre plus aiguë.

— Donne-moi vingt millions et je grimperai sur tes genoux et…

— Vous savez quelque chose sur ma fille ? demande Reidar.

— Comme auteur, t’es nul à chier.

— Oui, c’est vrai… mais si vous savez quoi que ce soit…

La communication est coupée et les mains de Reidar tremblent tellement qu’il n’arrive pas à composer le numéro de la police. Il essaie de se maîtriser, se dit qu’il doit signaler l’appel même si cela ne mène nulle part, même s’ils vont lui dire qu’il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.

OceanofPDF.com