Mincir sur mesure
Les solutions pour éviter le rituel
fait prendre un ventre s’arrondissant régulièrement au fil des années.
Pour l’aider à améliorer son alimentation sans trop le brusquer, je lui
avais proposé dans un premier temps :
– de réduire sa quantité de lait à 1 verre et celle de son pain à 1/3 de
baguette tradition ;
– d’y ajouter 40 g de fromage et, s’il y consentait, 20 g de beurre.
Technique pour parvenir au bout d’un certain temps à supprimer
définitivement le lait, réduire le beurre à 10 g pour les femmes et 12 g pour
les hommes, à remplacer par l’huile d’olive et progressivement augmenter
le fromage jusqu’à 100 g, valeur qui correspondait à ses besoins personnels.
Il aimait le fromage, il aimait le beurre… mais pour rien au monde il ne
voulait changer son petit déjeuner, dérisoire prolongation du biberon de sa
petite enfance.
Ce comportement infantile correspondait à une attitude trop permissive
depuis la naissance, et dans le même temps castratrice, la perte de toute
obligation ayant entraîné le rejet de toute contrainte.
Cette anecdote nous ramène aux troubles du comportement que je pense
les plus difficiles à combattre avec la boulimie. Ils nécessitent, en fait, non
pas une restriction mais au contraire l’extension d’une palette alimentaire
trop restreinte par défaut d’apprentissage et que le vieillissement rendra
presque à coup sûr dramatiquement stéréotypée.
Les solutions pour éviter le rituel
Agir dès l’enfance. Cela signifie qu’on ne doit, sous aucun prétexte,
céder à la facilité pour les repas des enfants, l’apprentissage alimentaire
ayant autant d’importance pour leur avenir que tout le reste de leur
éducation.
Depuis 2012, j’ai découvert la programmation neurolinguistique
(PNL). Spécialisation en étude et traitement des dérives multiples du
comportement, partant du principe qu’à n’importe quel moment de sa vie tout peut arriver à chaque individu, cette technique, utilisée par mon ami
Loïc qui me l’a fait découvrir, permet de spectaculaires remises à niveau de
comportements parfois aberrants, ou la guérison d’un état dépressif profond
avec une perte complète de confiance en soi.
Une patiente m’expliquant qu’elle n’avait pas pu mincir parce que les
enfants étaient en vacances, donc prenaient tous leurs repas à la maison, en
donne un exemple frappant. Il illustre à merveille l’erreur fondamentale de
croire que les enfants jouissent d’un privilège de la jeunesse qui leur
permettrait de faire sans danger pour leur santé toutes les sottises
alimentaires possibles et imaginables.
Il m’a fallu convaincre cette patiente que ce qui n’était pas bon pour elle
n’était pas meilleur pour ses enfants.
« Mais, Docteur, je ne vais quand même pas les mettre au régime à leur
âge ! » s’était-elle exclamée.
J’avais réalisé alors que l’exhortation de Boileau « vingt fois sur le métier
remettez votre ouvrage » était loin d’être passée de mode et que pour cette
dame il me fallait reprendre ma tâche d’éducateur depuis le début. Celle-ci
n’était en effet manifestement pas venue pour réapprendre à manger mais
tout simplement pour maigrir. Et ce que je lui proposais comme
alimentation naturelle pour réparer les dégâts qu’elle avait commis depuis
des années en se nourrissant de travers lui paraissait à l’inverse totalement
hors des normes alimentaires qu’on lui avait apprises pour perdre du poids.
Sans se rendre compte qu’en fait c’était parce qu’elle mangeait de travers
qu’elle avait considérablement grossi.
J’ai appris ce jour-là grâce à cette patiente qu’on doit toujours
commencer la rééducation alimentaire en expliquant à la personne venue
consulter l’intérêt qu’aura son entourage à manger comme elle.
Il faudra donc, c’est vrai, parfois beaucoup de pédagogie et de
compréhension pour aider certains, bloqués dans des comportements
alimentaires stéréotypés, à retrouver une silhouette équilibrée sans perdre
leur sérénité.
Toute atteinte à leur train-train culinaire leur paraîtra une anomalie
alimentaire, d’où la réaction logique, bien qu’erronée, de cette mère de famille, veillant mal mais avec assurément beaucoup de tendresse sur ses