Mincir sur mesure

Dr Alain Delabos · Chapitre 152 sur 222

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Mincir sur mesure

Les solutions pour éviter le rituel

fait prendre un ventre s’arrondissant régulièrement au fil des années.

Pour l’aider à améliorer son alimentation sans trop le brusquer, je lui

avais proposé dans un premier temps :

– de réduire sa quantité de lait à 1 verre et celle de son pain à 1/3 de

baguette tradition ;

– d’y ajouter 40 g de fromage et, s’il y consentait, 20 g de beurre.

Technique pour parvenir au bout d’un certain temps à supprimer

définitivement le lait, réduire le beurre à 10 g pour les femmes et 12 g pour

les hommes, à remplacer par l’huile d’olive et progressivement augmenter

le fromage jusqu’à 100 g, valeur qui correspondait à ses besoins personnels.

Il aimait le fromage, il aimait le beurre… mais pour rien au monde il ne

voulait changer son petit déjeuner, dérisoire prolongation du biberon de sa

petite enfance.

Ce comportement infantile correspondait à une attitude trop permissive

depuis la naissance, et dans le même temps castratrice, la perte de toute

obligation ayant entraîné le rejet de toute contrainte.

Cette anecdote nous ramène aux troubles du comportement que je pense

les plus difficiles à combattre avec la boulimie. Ils nécessitent, en fait, non

pas une restriction mais au contraire l’extension d’une palette alimentaire

trop restreinte par défaut d’apprentissage et que le vieillissement rendra

presque à coup sûr dramatiquement stéréotypée.

 

Les solutions pour éviter le rituel

 

Agir dès l’enfance. Cela signifie qu’on ne doit, sous aucun prétexte,

céder à la facilité pour les repas des enfants, l’apprentissage alimentaire

ayant autant d’importance pour leur avenir que tout le reste de leur

éducation.

Depuis 2012, j’ai découvert la programmation neurolinguistique

(PNL). Spécialisation en étude et traitement des dérives multiples du

comportement, partant du principe qu’à n’importe quel moment de sa vie tout peut arriver à chaque individu, cette technique, utilisée par mon ami

Loïc qui me l’a fait découvrir, permet de spectaculaires remises à niveau de

comportements parfois aberrants, ou la guérison d’un état dépressif profond

avec une perte complète de confiance en soi.

Une patiente m’expliquant qu’elle n’avait pas pu mincir parce que les

enfants étaient en vacances, donc prenaient tous leurs repas à la maison, en

donne un exemple frappant. Il illustre à merveille l’erreur fondamentale de

croire que les enfants jouissent d’un privilège de la jeunesse qui leur

permettrait de faire sans danger pour leur santé toutes les sottises

alimentaires possibles et imaginables.

Il m’a fallu convaincre cette patiente que ce qui n’était pas bon pour elle

n’était pas meilleur pour ses enfants.

« Mais, Docteur, je ne vais quand même pas les mettre au régime à leur

âge ! » s’était-elle exclamée.

J’avais réalisé alors que l’exhortation de Boileau « vingt fois sur le métier

remettez votre ouvrage » était loin d’être passée de mode et que pour cette

dame il me fallait reprendre ma tâche d’éducateur depuis le début. Celle-ci

n’était en effet manifestement pas venue pour réapprendre à manger mais

tout simplement pour maigrir. Et ce que je lui proposais comme

alimentation naturelle pour réparer les dégâts qu’elle avait commis depuis

des années en se nourrissant de travers lui paraissait à l’inverse totalement

hors des normes alimentaires qu’on lui avait apprises pour perdre du poids.

Sans se rendre compte qu’en fait c’était parce qu’elle mangeait de travers

qu’elle avait considérablement grossi.

J’ai appris ce jour-là grâce à cette patiente qu’on doit toujours

commencer la rééducation alimentaire en expliquant à la personne venue

consulter l’intérêt qu’aura son entourage à manger comme elle.

Il faudra donc, c’est vrai, parfois beaucoup de pédagogie et de

compréhension pour aider certains, bloqués dans des comportements

alimentaires stéréotypés, à retrouver une silhouette équilibrée sans perdre

leur sérénité.

Toute atteinte à leur train-train culinaire leur paraîtra une anomalie

alimentaire, d’où la réaction logique, bien qu’erronée, de cette mère de famille, veillant mal mais avec assurément beaucoup de tendresse sur ses