Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 101 sur 160

Pages du PDF

Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 100

OceanofPDF.com

100

 

– Alors ?

– Viré. J’ai une semaine.

– Merde, fit Graziedei.

Il avait l’air sincèrement navré. C’était le vrai pote du bon vieux temps qui refaisait surface.

– Et Walsh ?

– Il m’a soutenu…, dit Steven.

– Non !? s’écria Graziedei, les yeux ronds.

–… au-dessus du vide, le temps que les autres ouvrent la trappe.

– Quel enfoiré !

Graziedei se mordit la lèvre.

– Quoi ? dit Steven.

– Ne le prend pas mal et j’ai pas envie de te voir partir au plus vite, mais pourquoi ils te font rendre ta plaque et ton arme dans une semaine ? Pourquoi pas maintenant ?

– Je ne sais pas trop.

En fait, il le savait. Au cours de la réunion, il avait perçu qu’au-delà de son cas personnel, des rivalités internes s’étaient manifestées. Il n’était qu’un instrument dans un rapport de force qui le dépassait. Pour certains, sa présence dans les locaux servait leurs intérêts pour torpiller les supérieurs de Walsh. Tant mieux, cette petite semaine de répit était une aubaine. Graziedei lui ficherait sûrement une paix royale. Ainsi, il pourrait encore disposer des moyens du bureau.

À commencer par tout de suite. Il réussit à abréger la conversation avec Graziedei et se rendit devant son ordinateur. Il pianota sur son clavier. En moins de cinq minutes, il avait trouvé l’adresse de Peter Milande. Pas étonnant, l’ancien détenu n’avait rien d’un témoin sous protection à qui le FBI aurait donné une nouvelle identité, il avait simplement voulu se rendre dans un coin tranquille où repartir à zéro, loin des regards. En sortant de prison, il avait dû tirer à pile ou face la direction à prendre et il s’était arrêté quand ses pieds avaient touché l’océan, à Wells, une petite bourgade tranquille dans le Maine. Il s’était trouvé un travail de livreur de fleurs. Ann n’était pas une bonne enquêtrice, car avec un peu d’astuce, elle l’aurait trouvé sans son aide.

Steven nota l’adresse sur un bout de papier et le glissa dans sa poche. En voyant à quelle vitesse il avait rempli sa part du marché et le peu que cela lui avait coûté, il se sentit mal à l’aise en pensant que pour Ann, le plus dur restait à faire : affronter Rylander.