Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 9 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 8

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8

 

La limousine noire glissait sur l’asphalte comme un requin paresseux.

Turner se tourna vers Rylander.

– Bon sang ! Charles, je ne vous comprends pas. Vous vouliez finir en cellule ? Ça vous excite ? C’est une expérience qui manque à votre actif ?

Rylander ouvrit le mini bar et se versa une coulée de whisky.

– Je me fichais de lui. Vous n’aviez pas percuté ? Vous n’aviez pas reconnu le bouquin ? Vous êtes bien le seul à ne pas l’avoir lu. Vous me décevez, Fred.

Il avala une gorgée.

– Je l’ai lu, répliqua Turner piqué au vif, mais, peu importe, vous ne devez rien dire sans me consulter. Surtout pour sortir des absurdités pareilles, pardonnez-moi de vous le dire. Enfin quoi, vous me payez pourtant assez cher pour vous donner des conseils sur la façon de…

Rylander n’écoutait pas. Il s’enflamma.

– Vous avez vu comment il m’a traité ? Il m’a pratiquement accusé d’avoir commis ces enlèvements. Et ce petit air méprisant, vous l’avez noté ?

Turner lui jeta un coup d’œil en coin. Cette perte de sang-froid était plutôt inhabituelle chez son client.

– Il fait son travail, Charles. C’est un policier. C’est normal qu’il mette la pression. Ils bousculent les gens, ces types fonctionnent comme ça.

Un silence s’installa. Rylander réfléchissait.

– Fred, je veux tout savoir sur lui. Tout, vous comprenez ce que je veux dire ?

– Pourquoi ? dit Turner en fronçant les sourcils. Parce qu’il vous a regardé de travers ?

– Vous êtes partant ?

Turner cacha mal son embarras.

– Je… vous savez que je ne fais pas ce genre de choses. Pourquoi n’engagez-vous pas plutôt un détective privé ?

– Allons, avec vos relations, vous pouvez obtenir des informations auxquelles, même moi, je n’ai pas accès.

– Franchement, Charles, ça me gêne un peu. Enquêter sur un policier sans motif légal. Si ça se sait…

Un nouveau silence emplit l’habitacle. Rylander déporta son regard vers la fenêtre. Dehors, les gens se pressaient sur les trottoirs, encaissant le froid glacial comme ils pouvaient.

– Avez-vous purgé votre âme, Fred ?

– Pardon ?

– Avez-vous enfin avoué à votre femme que vous rendez visite à des prostituées ?

Turner resta sans voix, son visage s’effondra.

– Vous ne dites rien ? reprit Rylander. C’est rare pour un avocat.

– C… comment savez-vous ça ?

De la sueur perlait à son front. Rylander regardait dehors, insensible à l’autre qui se décomposait à côté de lui.

– Est-ce si important ?

– Je… une fois, c’est arrivé une seule fois, bégaya Turner en pleine déroute. Un moment de faiblesse, le seul de toute ma vie… je ne fais jamais ça… j’ai commis une erreur… Je…

Rylander se tourna vers Turner.

– Une erreur qui pèse encore sur votre conscience, je le vois bien. Peut-être serait-il bon de partager ce fardeau avec Margareth ? Voulez-vous que je me charge de lui dire que vous fréquentez les putes, Fred ? Pour vous aider ?

– Non ! s’écria Turner, le visage blanc comme un linge. Vous ne pouvez pas faire ça. Vous allez briser notre mariage. Je n’ai jamais trompé Margareth. C’était… les circonstances, un accident de parcours. Et je vous répète que c’est arrivé une fois ! Une seule fois, bon dieu !

– Une fois ! Est-ce tromper ou non ? Pourquoi ne pas laisser à Margareth le soin d’en saisir la nuance ?

Turner lui lança un regard noir, mais Rylander semblait absorbé dans la contemplation de la jolie couleur ambrée de son whisky.

– Bon sang ! dit Turner d’une voix étranglée, ça vous fait jouir de voir le plus grand avocat de la ville vous manger dans la main, hein ?

Rylander lui glissa un sourire malicieux.

– Mon petit service. Vous y penserez, Fred ?

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