Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 154 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 153

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153

 

Le docteur Roberts se montra sceptique quand Steven lui dit que Ann serait victime d’une crise qui la pousserait à se suicider. Difficile de préciser que l’agent responsable était un mystérieux pouvoir qui suçait les souvenirs des gens dans leur cerveau. La détermination absolue de Steven et sa plaque de police convainquirent le Dr Roberts de garder Ann en observation. « Le temps qu’il faudra » avait martelé Steven.

Il appela Walsh pour poser des vacances. Il tenait à rester aux côtés de Ann jusqu’au bout.

– Vous avez droit à deux semaines, combien en voulez-vous ? lui demanda Walsh, ravi de se passer de lui. Une ? Deux ?

La question ébranla Steven.

Dans combien de temps Ann sera-t-elle morte ?

– Deux semaines, précisa-t-il, d’une voix blanche. Il avait l’atroce impression que c’était lui qui fixait la terrible échéance.

 

*

 

Ann se demandait si Steven avait emménagé à l’hôpital. Il passait tout son temps avec elle. La nuit quand elle se réveillait, elle le trouvait sur sa chaise, un faible sourire aux lèvres pour tenter de masquer son inquiétude ou endormi dans des positions les plus inconfortables.

La journée, ils ne se disaient pas grand-chose. Leurs seuls souvenirs communs touchaient aux événements horribles qui les avaient rapprochés et ils n’avaient pas envie de perdre leur temps à les ressasser. Ils se contentaient d’être ensemble et ça leur suffisait. Rongé par l’angoisse, Steven essayait de densifier l’instant. Il se nourrissait de la présence de la jeune femme, comme s’il faisait des réserves pour toute une vie.

L’attente était intolérable. Surtout pour Steven. Ann acceptait ce qui devait arriver avec fatalité. C’est l’impression qu’elle dégageait. Pas de crise de panique, aucun signe d’effondrement, pas de manifestations de peur à l’approche de la fin. Elle paraissait… attentive.

Une phrase revenait tourmenter Steven : « J’ai vu la conductrice donner un grand coup de volant à droite ». Sans l’avouer à Steven, Ann avait-elle toujours cette idée en tête ? Attendait-elle la fin avec soulagement ?

Le huitième jour, Ann l’accueillit avec un petit air triomphant.

– Record battu, dit-elle avec entrain. J’ai tenu plus longtemps que Spivak.

Elle souriait comme si c’était une bonne nouvelle. Steven cacha mal son désarroi. L’inéluctable approchait.