Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 68
OceanofPDF.com
68
Quoiqu’il se fût levé tôt, Steven arriva encore en retard au bureau. Il avait essayé d’échafauder un plan pour approcher Rylander avant de se résoudre à quitter son appartement.
Il n’était pas pressé de se rendre à sa place, il partit tranquillement se chercher un café à la machine. Au retour, il jeta un coup d’œil, côté Ehlinger et Grasso. Il les observa pendant un moment. À leur expression crispée, il devina que les choses ne tournaient pas comme ils l’espéraient. C’était facile à comprendre, leur seul objectif était de détruire ce qu’il avait édifié. Ils avaient commencé par écarter la piste Rylander, ensuite Ehlinger avait massacré son idée d’enlèvements liés, en diluant statistiquement les disparitions. Les deux génies se retrouvaient donc à la case départ avec huit cas isolés à traiter. Le pire c’est qu’ils devaient être convaincus de précéder les désirs de Walsh.
Avec leurs mines dépitées, ils faisaient pitié. Steven ne put s’empêcher d’aller les voir. Il s’approcha, son gobelet de café en figure de proue.
– Qu’est-ce que tu veux ? lui lança Ehlinger sur un ton agressif.
– Moi ? Prendre des leçons. Comme je me suis lamentablement planté sur ce qui est devenu votre affaire, je viens voir ce que les deux pointures qui me remplacent ont découvert. On n’apprend jamais que des meilleurs.
Il but une gorgée de café. Grasso ricana.
– À quoi ça te servira dans ta future vie, quand tu balaieras les rues ?
– C’est pour me rassurer. Si je me fais enlever et qu’on vous confie le dossier, je voudrais être sûr que vous saurez me trouver (il fixa Ehlinger), au moins statistiquement.
Ehlinger le fusilla du regard. Steven se pencha sur les documents étalés sur son bureau.
– Alors, où en êtes-vous ?
– Oh ! C’est pas tes oignons ! D’un geste sec, elle retourna les feuilles. Tu feras bientôt plus partie de la maison.
– Tu as raison, dit Steven en se reculant. Tant pis, j’attendrai comme tout le monde de vous voir passer en prime time sur toutes les chaînes pour connaître le résultat de votre enquête.
Du coin de l’œil, il aperçut Graziedei qui lui faisait de grands gestes.
– Bon je vous laisse, je ne voudrais pas ralentir la marche de l’implacable machine policière. Au fait, tu te l’es faite ? dit-il à Grasso, clin d’œil à l’appui, par-dessus l’épaule d’Ehlinger qui se tourna aussitôt vers son collègue.
Il abandonna les deux inspecteurs à leurs explications.
Graziedei était tout excité, il pointa un index sur son écran.
– C’est arrivé dans la main courante ce matin. Hier soir, un détenu est entré dans une crise de folie et s’est suicidé. A priori, ça ressemble au même style déjanté qu’on connaît. Pas la peine d’enlever ton manteau, mon grand, on a rendez-vous à 16 heures à la prison de Lucasville, Ohio.