Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 109
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Dernier coup d’œil à sa montre : les deux heures étaient révolues. Steven se leva et s’avança vers l’ouverture. Luttant contre la puanteur, il fit une rotation et s’engagea sur l’échelle. Il cala sa lampe entre ses dents, mais l’odeur assaillit sa bouche, il faillit vomir et la recracha. Elle percuta le fond de la citerne avec un bruit métallique.
Il descendit lentement dans le noir et arriva au bas de l’échelle. Il se baissa et tâtonna. Le sol était poisseux. Une couche indéterminée d’une substance gluante le recouvrait par endroits. Enfin, ses doigts butèrent contre la torche.
Il se redressa. Son pouce trembla sur l’interrupteur. Il n’osait pas allumer, car la lumière lui montrerait ce qu’il avait entrevu du haut de l’ouverture. Mais il devait le faire. C’est à cet instant qu’il réalisa la vraie raison pour laquelle il avait attendu deux heures avant de descendre, c’était pour retarder ce moment.
Son pouce poussa le carré de plastique et la lumière jaillit. Devant lui, le cadavre momifié pendait à ses chaînes.
– NOOON ! hurla Steven.
Il sentit ses forces le quitter et s’effondra sur le sol poisseux. Il ne voulait pas voir les lambeaux de chair arrachés, la tête penchée qui le regardait avec un affreux rictus à travers les mèches de cheveux blonds, la peau coupée par endroit. Ne pas voir les vieux couteaux, les tournevis rouillés, les morceaux de tôles étalés sur une table branlante à côté de la momie et colorés par la teinte cramoisie du sang séché.
Il ne voulait rien voir, car lorsqu’il avait allumé la lampe, une myriade d’étincelles avait pétillé sur la petite chaîne en or pendant autour du cou décharné de la momie. Il avait reconnu le collier tout simple qu’il lui avait offert pour célébrer le simple bonheur d’être ensemble.
– Karen, murmura Steven d’une voix sans vie.
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