Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 159 sur 160

Pages du PDF

Si je dois te tuer ... (French Edition)

La neige s’était remise à tomber. Le…

OceanofPDF.com

Épilogue

 

La neige s’était remise à tomber. Le cimetière disparaissait sous une couche de silence blanc.

La camionnette apparut au bout du chemin. Elle glissa sans bruit et s’arrêta devant les grilles. L’homme sortit du véhicule, il marcha jusqu’à l’entrée. Il poussa l’une des portes métalliques et s’engagea sur l’allée centrale. À cause de l’épaisseur de neige, sa progression était malaisée. Il n’était qu’une minuscule tache sombre avançant péniblement dans l’immensité blanche. Il lui fallut plus de cinq minutes pour se rendre au bout du cimetière. La neige confondait les tombes et gommait l’identité des morts, mais il serait allé les yeux fermés sur celle qu’il venait visiter.

Il s’y recueillit un moment, puis, avec son gant, il dégagea la plaque. Un nom apparut : KATE MILANDE, suivi de ses dates de naissance et de mort.

Avec une infinie précaution, l’homme sortit la rose rouge qu’il avait protégée dans son blouson et la déposa avec douceur sous le nom.

Il se recueillit longtemps, puis il se décida à quitter la tombe.

Il n’avait pas atteint les grilles que la rose avait disparu. La neige l’avait déjà recouverte, à moins qu’une main montée des profondeurs soit venue la cueillir.

L’homme regagna sa camionnette et repartit.

À son arrivée, chez lui, il vit que le courrier était passé. Une lettre reposait dans le fond de la boîte postale. Pas de nom d’expéditeur.

Il rentra et s’installa à la table de la cuisine. Il prit un couteau et l’approcha pour ouvrir le pli, mais il se ravisa. C’est avec les dents d’une fourchette qu’il déchira l’enveloppe.

Elle contenait une photo. Celle d’une belle jeune femme aux cheveux noirs — comme les siens. L’endroit était étrange, très sombre et une drôle de lumière l’éclairait, elle. Ce qui le frappa, c’était son expression. Ses yeux étaient tournés vers quelque chose qu’on ne voyait pas, et pourtant il avait l’impression que c’était en elle qu’elle regardait. Et il se lisait sur son visage une sorte d’apaisement, comme si toutes les questions avaient enfin trouvé leurs réponses.

Il retourna la photo. Au dos était écrit un simple mot : « Ann, ta fille ».

Et Peter Milande se mit à pleurer...