Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 89 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 88

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88

 

Steven gara sa voiture à côté de la Chrysler. Sa hâte de retrouver Ann lui fit survoler les escaliers métalliques. Au tournant du coin du bâtiment, il sentit son cœur faire un bond. Ann était en compagnie d’un type devant la porte de son appartement. Dans la pénombre, Steven ne pouvait pas discerner ses traits, il aperçut ce qui semblait être des boîtes de conserve éparpillées sur le sol. Il fronça les sourcils et accéléra le pas.

Entendant Steven arriver, l’homme se tourna vers lui.

– Qu’est-ce que vous foutez là ? s’écria Steven en le reconnaissant.

Rylander ne put cacher sa surprise.

– Inspecteur Whitmore ! (Il se recomposa une expression détachée), je suis venu voir mademoiselle Milande.

Steven jeta un rapide coup d’œil vers Ann. Elle avait l’air absente, elle semblait tétanisée par la présence de Rylander... ou des deux hommes qui s’affrontaient.

– Et pourquoi ?

– En quoi cela vous concerne-t-il ? dit Rylander en ricanant. C’est une visite privée.

D’un mouvement de tête, Steven montra les boîtes d’olives sur le sol.

– Que s’est-il passé ? demanda-t-il à Ann.

– Je suis arrivée et… (elle désigna le fond du couloir) il est sorti de là-bas. J’ai eu peur et j’ai tout lâché…

– Encore une fois, mademoiselle Milande, coupa Rylander, je vous prie de m’excuser pour le désagrément que je vous ai causé. Je n’avais pas l’intention de vous effrayer.

Steven scruta les ténèbres d’où était sorti Rylander.

– Qu’est-ce que vous faisiez là ?

– Je me suis mis à l’abri des courants d’air. Avec ce froid, je m’en serai bien passé. J’ai été très surpris par la réaction… excessive de mademoiselle Milande.

Il paraissait sincère sur ce point.

– Pourquoi ne pas avoir attendu au chaud, dans votre voiture ? Au fait, je n’ai vu que celle de mademoiselle Milande, comment êtes-vous venu ?

– À pied.

– Pourquoi ? Pour ne pas vous faire repérer ?

– Exactement. Mais ce n’est pas ce que vous pensez. Si on apprend que j’ai mis la moitié d’un petit bout d’orteil dans cette zone, on va spéculer sur la possibilité que je l’achète. Or, ce coin pourri n’a aucune valeur. Mes actions chuteraient immédiatement. Je me suis fait déposer à l’entrée du périmètre et je suis venu ici à pied.

Rylander se dépatouillait dans une explication vaseuse. Il paraissait très contrarié d’avoir vu le policier débarquer. Son plan avait été bouleversé. Mais lequel ?

– Et qu’est-ce que vous vouliez lui dire de si important, à mademoiselle Milande, pour faire ce trajet à pied ?

Rylander hésita. Rien ne l’obligeait à révéler le but de sa visite. Mais il avait repris tout son aplomb.

– Pas grand-chose, en vérité. Disons que depuis notre dernière rencontre, vous avez réussi à capter à nouveau mon attention, alors j’ai décidé de faire exactement ce que vous avez fait avec moi. Vous avez mené votre petite enquête sur mon entourage et bien je m’intéresse aux gens que vous côtoyez.

Steven sentit la menace à peine voilée. Les deux hommes se toisèrent.

– Foutez le camp, dit Steven, et ne revenez plus traîner dans le coin !

– Sinon quoi, vous allez me frapper ? Encore ?

– Pourquoi pas ? Ici, il n’y a pas de caméras de surveillance.

L’idée de pousser Rylander en bas des quatre étages lui traversa l’esprit. L’autre éclata de rire.

– Vous êtes gonflé, Steven, vous niez l’existence de mademoiselle Milande à nos côtés. C’est insultant pour elle. Sérieusement, vous n’oserez pas. Pas devant témoin.

– Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Je suis fini, c’est vous qui me l’avez dit.

Rylander soutint un moment le regard dur de Steven.

– C’est bon, je m’en vais.

Il salua Ann d’un petit signe de tête.

– Mademoiselle Milande.

Il passa devant Steven en lui lançant un clin d’œil.

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