Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 32
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32
Dix heures du matin, on se serait encore cru la nuit, tant le ciel était plombé. Steven tapotait sur son volant, impatient de voir le feu passer au vert.
Les phares d’un gros 4x4 éblouirent la lunette arrière. Une fois de plus, Steven se surprit à tenter d’identifier le conducteur dans son rétroviseur, s’attendant à ce que le visage de Rylander s’y encadre.
Il avait conscience qu’imaginer l’homme d’affaires jouant à lui mettre la pression de cette façon était stupide, mais Rylander s’était déplacé jusqu’à son appartement pour lui déclarer une sorte de guerre personnelle. Quelle forme allaient prendre ses menaces ? Vu la nature de l’individu, Steven devait s’attendre à un coup tordu.
En tout cas, Steven devait envisager que Rylander s’intéresse à ses faits et gestes, et l’idée qu’il puisse être sous surveillance le plongeait dans un profond malaise.
Le feu passa au vert. Il démarra. Le 4x4 tourna au coin de la rue et disparut. Steven en éprouva une sorte de soulagement. C’était absurde.
Il avait fait une belle erreur en convoquant Rylander à l’interrogatoire. Avec son manque de préparation et sa précipitation, il lui avait révélé, sans l’inquiéter, qu’il le soupçonnait d’être suspect. Si Rylander était le coupable, il redoublerait de prudence. Steven avait peut-être gâché tout espoir de le coincer. Et si Rylander n’avait rien à voir avec cette histoire, il s’en était fait un dangereux ennemi personnel.
Une Ford Taurus déboucha d’une rue et se glissa derrière lui. Steven scruta le rétroviseur et ralentit. La Ford se colla contre son pare-chocs arrière. Un vieux couple d’Asiatiques se précisa dans le miroir. Peu probable qu’ils fussent des espions à la botte de Rylander, Steven se détendit.
Ça commençait à devenir de la paranoïa. Au moins, Rylander avait gagné sur un point : Steven avait l’impression que son fantôme ne le quittait pas d’une semelle. Les paroles de Susan Lane résonnèrent dans sa tête. « Faites attention, si vous décidez de vous attaquer à lui. Charles ne vous lâchera plus. Plus jamais »
– « Tournez à gauche » dit le GPS.
– Merde ! jura Steven en donnant un brusque coup de volant. Il avait failli rater la rue.
Il quitta l’artère principale éclairée et s’enfonça dans le chemin à moitié défoncé.
– Comment peut-on avoir envie d’habiter dans un endroit pareil ? marmonna-t-il.