Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 42 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 41

 

– Attendez, il arrive, je vous le passe.

Graziedei couvrit le micro du téléphone et fit signe à Steven qui venait d’entrer dans le bureau de se presser. Il avait l’air consterné. Steven l’interrogea d’un coup de tête.

– Le docteur Frauman. Elle est salement en pétard.

Steven soupira et prit l’appel.

– Inspecteur Whitmore.

À l’autre bout du fil, la voix tremblait d’une colère froide.

– J’ai contacté votre bureau au sujet de la protection policière que vous m’aviez promise. Ils ne sont au courant de rien. Vous m’avez montré ces horribles photos pour me faire peur ! Pour que je vous parle !

– Docteur Frauman je…

– C’est honteux ! Devant mes enfants en plus…

– Docteur, docteur !

Steven éleva la voix pour lui couper la parole.

– Docteur, écoutez-moi. J’avoue que je vous ai un peu forcé la main et que ce n’était pas très élégant, mais dites-vous bien que vos renseignements me sont très utiles et permettront de sauver des vies. Quant à vous et vos enfants, vous ne risquez aucun danger, vous pouvez être rassurée sur ce point.

– Pas très élégant ? C’est comme ça que vous voyez les choses ? Je ne vais pas en rester là, je vous le garantis. Je vais porter plainte, inspecteur Whitmore.

Steven sentit une pointe d’irritation le chatouiller. Tout ce qui la préoccupait c’était qu’elle s’était fait piéger.

– C’est à vous de voir, docteur. Personnellement, je pense qu’il ne serait pas bon pour vous si on apprenait que vous avez révélé des informations sur l’une de vos patientes. C’est une violation du secret professionnel, il me semble. Non ? Il vaudrait peut-être mieux qu’on en reste là. Pour vous, pour votre réputation. Qu’en pensez-vous ?

Un silence plana à l’autre bout du fil. Steven n’entendait qu’une respiration accélérée.

– Docteur Frauman ?

Un clic. Elle avait raccroché.

Atterré, Graziedei fixait Steven, la bouche entrouverte.

– Bon Dieu, Steven, tu lui aurais fait un numéro d’épouvante devant ses enfants ? C’est quoi ces méthodes ? Je te reconnais plus.

– Elle s’en remettra. Elle s’allonge une petite demi-heure sur son divan et tout reviendra dans l’ordre.

– Tu comprends pas que c’est vraiment pas le moment de faire des conneries de ce genre ? Walsh n’attend que ça, que tu te plantes.

– C’est bon, Tony, la leçon est finie ?

– Ça valait le coup, au moins ? Frauman t’a appris quelque chose sur Milande ?

Steven s’aperçut qu’il n’avait pas envie de partager les révélations sur Ann avec Graziedei. Il avait le sentiment qu’il commettrait une sorte de trahison envers elle. C’était absurde.

– Pas vraiment, dit-il sur un ton vague. Elle m’a juste lâché quelques généralités, pas de quoi faire un psychodrame sur le secret professionnel.

– Bon. Et alors ?

– Ann Milande a été fortement perturbée par l’assassinat de sa mère. J’ai demandé à Frauman si son passé pouvait la transformer en meurtrière.

– Et ?

– Elle n’en sait trop rien.

– Mouais, fit Graziedei en faisant une moue dubitative. Mais toi et moi, de flic à flic, on est sûrs qu’elle a un lien direct avec tous ces suicides. Pas vrai ? Timbrée ou non.

Steven acquiesça. Difficile de penser le contraire. Graziedei arracha un post-it collé sur son écran.

– Alors tu vas pouvoir creuser ça. Quelqu’un a demandé à te parler. Personnellement. Tu dois rappeler ce numéro.

– Qui ?

– Milande, justement.

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