Si je dois te tuer ... (French Edition)

Marc Larmigny · Chapitre 94 sur 160

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Si je dois te tuer ... (French Edition)

Chapitre 93

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93

 

Steven le colla brutalement contre la colonne de ciment.

– Ah oui, j’oubliais, ajouta-t-il en faisant semblant d’hésiter, si je me souviens, il paraît que tu as le droit de garder le silence, etc, etc. Mais ce n’est pas ça qui va nous empêcher d’avoir une conversation d’homme à homme, hein ? Rien que tous les deux. Ici, personne ne nous dérangera. Ça restera entre nous.

Le type s’était dégonflé comme une baudruche. Il en était presque à pleurnicher comme un enfant surpris le doigt dans un pot de confiture. C’était pathétique.

– Alors, tu prends ton pied en regardant les femmes en douce. C’est ça ?

– Non, c’est pas ce que vous croyez.

Steven lui enfonça le canon de son arme sous le menton et lui releva la tête. L’autre grimaça de peur.

– Ah non ? Et qu’est-ce que je crois ?

– Je ne cherchais pas à la mater à poil, c’est pas mon truc. J’vous jure. D’ailleurs, on ne peut rien voir de l’immeuble de chez Bennett. Vérifiez.

– Les givrés dans ton genre n’ont pas besoin de grand-chose pour se déclencher.

– Écoutez, non, je… cette fille me branche vraiment. Je suis amoureux d’elle.

– Mais oui !

– Quand elle vient me voir, j’ose pas lui dire ce que je ressens, au fond de moi…

– Parce que vous vous connaissez ?

– Oui, j’habite un peu plus loin. Je suis pratiquement son meccano personnel. Je lui ai prêté une caisse dernièrement, demandez-lui. Une Chrysler Lebaron. Je ne lui ai jamais manqué de respect. Rien. Je vous jure. Demandez-lui. Je viens juste la regarder pour… rêver…

C’était touchant. Steven avait envie de le croire. Il abaissa son arme.

– Tourne-toi. Mets tes mains dans le dos.

Il lui passa les menottes. Le type avait la stature d’un footballeur professionnel et le cœur d’une midinette. C’était mignon tout plein. Il en pinçait pour une femme qui se fichait pas mal de lui. C’était une histoire banale aux résonances millénaires, sauf que le contexte ne l’était pas. Ann et lui habitaient sur une île déserte. L’amour impossible se transformerait en frustration. Cela avait déjà commencé. Le type avait franchi un pas dangereux en épiant Ann. Combien de temps s’écoulerait-il avant qu’il craque ?