Si je dois te tuer ... (French Edition)
Chapitre 63
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En arrivant au bureau, Steven trouva un Graziedei déprimé.
– C’est une allumeuse, dit ce dernier en râlant.
Il parlait de l’affaire des suicides. Une « allumeuse », c’est ainsi que l’on appelait l’enquête qui promettait beaucoup au départ, agaçait pendant un petit moment et n’offrait rien en bout de course.
– Walsh est tout le temps sur mon dos, dit Graziedei d’une voix aigre. « Des résultats, je veux des résultats ! » Facile à dire. Je vois pas ce qu’on peut faire de plus. C’est pas notre faute si notre enquête piétine. T’es pas d’accord ?
« Notre faute, notre enquête », Steven n’aimait pas la façon dont Tony essayait de diluer son manque de résultat sur lui, alors qu’on l’avait mis sur la touche, même si cela n’avait plus beaucoup d’importance.
Graziedei claqua ses doigts.
– Il faudra que j’interroge Milande. Tu l’as secouée dans un sens, je peux essayer dans l’autre. T’en as rien tiré, mais avec ces timbrées, on ne sait jamais, il suffit parfois tomber au bon moment. T’en penses quoi ?
Steven sentit ses poils se hérisser. Il détestait la façon dont Graziedei parlait de Ann. Et il ne tenait pas à voir son collègue « secouer » Ann dans la salle d’interrogatoire.
– Plutôt une bonne idée, Tony, dit-il sur un ton vague.
Prétendre le contraire lui aurait mis la puce à l’oreille et l'aurait incité à convoquer Ann sans délai. Son téléphone sonna. Un numéro inconnu s’afficha.
– Inspecteur Whitmore, dit-il.
– Je sais, répondit une voix claire et enjouée.
C’était Charles Rylander.
– Dites-moi, inspecteur, j’aimerais vous inviter à déjeuner. 12 h 30 au restaurant où j’ai mes habitudes. Ça vous va ?
– Comment avez-vous eu ce numéro ?
Rylander émit un petit rire.
– Vous croyez vraiment que c’est important ? Alors, c’est d’accord ?
– De quoi voulez-vous me parler, Rylander ?
– Mais… de votre avenir, Steven.